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Lumière naturelle en milieu urbain : L’élément qui façonne nos villes

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le 31.05.17 | 12h00 Réagissez

Aujourd’hui, plus de la moitié de la population mondiale vit dans des villes.

 Et l’Homo Urbanus est littéralement absorbé par le mode de vie urbain caractérisé par l’émergence de l’ère de l’intelligence artificielle. Cette obsession  l’a conduite à faire l’impasse sur ce que la nature peut fournir comme énergie inépuisable, mais surtout gratuite, à l’instar de la lumière naturelle. En effet, l’individu  ne se pose plus la question de la nécessité de cette dernière, de sa présence ni de son rôle.

Alors qu’à bien des égards, nous vivons tous en fonction de la lumière. Et il est à souligner que c’est l’élément moteur qui conditionne la structure urbaine ainsi que la perception de l’espace, car elle communique directement avec la part sensible de l’être humain. Dans son travail de recherche portant sur «la caractérisation et l’optimisation de la lumière naturelle en milieu urbain», Chemsa Zemmouri Malika, docteur en urbanisme à l’université Ferhat Abbas, Sétif, a mis l’accent sur la place de la lumière naturelle dans l’ambiance architecturale et urbaine. «La qualité environnementale de l’espace laissé entre les bâtiments a rarement été prise en compte, ce qui génère souvent un inconfort intolérable pour les piétons.

Le développement durable des villes dépend en grande partie de la capacité des urbanistes à offrir des espaces extérieurs urbains à haute qualité environnementale qui enrichissent l’expérience de vivre en ville. Le microclimat lumineux d’un lieu est une clé de conception pour des ambiances architecturales et urbaines de qualité», explique l’étude. Mais avant de démontrer l’importance des ambiances lumineuses dans l’aménagement de l’urbanisme, l’étude met en relief l’influence de la lumière naturelle sur le développement physique et psychologique de l’individu. «La lumière naturelle n’a pas eu uniquement une influence sur le développement de notre organe de vue, nous sommes influencés psychologiquement par son intensité, son rythme et sa composition spectrale.

La venue de l’hiver et des jours courts s’accompagne toujours d’une augmentation des dépressions et des décès. Chaque année, le passage à l’heure d’été est controversé parce qu’il déstabilise pour un temps les activités des enfants, chez qui l’horloge biologique est très importante», instruit l’auteur de l’étude. Par ailleurs, si le développement de l’éclairage électrique demeure plus qu’indispensable pour parer aux contraintes imposées par les variations de la lumière naturelle, l’impact psychologique de l’éclairage naturel reste important. «Par son rythme et son intensité, l’éclairage naturel confère en effet un caractère hautement dynamique à l’environnement interne d’une pièce et conduit à la stimulation émotionnelle la plus forte. Il est de ce fait souvent considéré comme moins ennuyant et plus reposant que l’éclairage électrique», note-elle dans son travail.
 

Une approche pluridisciplinaire

Loin d’être un simple effet d’apparat, l’art du vivre-ensemble s’est transformé au fil des découvertes scientifiques en une discipline précise aux intitulés peu probables, comme par exemple les domaines des ambiances architecturales et urbaines, mais qui pourtant ont développé des approches novatrices en s’appuyant sur des recherches sur l’espace urbain, les dimensions environnementales, sociales, historiques, culturelles, politiques, etc. «l’espace urbain est un espace évolutif qui se développe dans le temps en gardant certaines traces des époques précédentes.

La superposition de ces couches d’histoire contribue à l’élaboration des valeurs identitaires urbaines et à la construction complexe de la ville», écrit l’auteur de l’étude, qui prône l’utilisation d’une approche pluridisciplinaire (celle des ambiances) proposant de prendre en compte l’espace public en tant qu’élément structurant de la ville et du projet urbain. Parmi les éléments improbables à prendre en compte, la lumière est une donnée capitale pour les urbanistes modernes. «Ainsi, la relation de la lumière à l’espace public se traduit dans les ambiances lumineuses générées par la lumière et les formes urbaines, décrochements, modénatures, retrait, saillies, autant de critères qui font de l’espace public urbain un lieu où le jeu entre la lumière et la forme est omniprésent.

Ces formes en contact avec la lumière produisent des ambiances lumineuses diversifiées, qui entraînent à leur tour la variété dans l’utilisation de l’espace public», explique Chemsa Zemmouri. Selon cette dernière, l’étude a démontré que l’espace public urbain n’est pas uniforme dans sa dimension lumineuse, et qu’il évoque un amalgame d’éclairements dépendant de facteurs comme la forme, la géométrie, la texture, la hauteur, etc. «Considérer la lumière naturelle dans son uniformité, revient à traduire la similarité des espaces publics, ce qui est loin de leur conférer leur véritable caractère», note-t-elle.

Dans ce vaste univers urbanistique, les ambiances architecturales constituent un domaine complexe, composé des interactions que l’usager perçoit entre les phénomènes physiques et les formes de l’environnement construit. «La lumière naturelle s’inscrit précisément dans ce cadre, où la variabilité individuelle vient s’ajouter à l’aspect dynamique des phénomènes. La lumière révèle l’architecture : volumes, formes, textures, matériaux se donnent à voir par la lumière. La lumière naturelle module l’espace et offre de nombreuses variations d’intensité et de couleurs», développe la chercheure en rappelant que la lumière «qui génère en nous» des émotions, des ressentis est aussi déterminée par des éclairements, des luminances, des contrastes, des dégradés. L’introduction de recherches récentes sur la lumière dans l’espace public vise à montrer son influence sur la qualité et le confort dans l’espace public, comme dans le cas de l’acoustique et de la thermique, d’après la chercheure.

«Longtemps, le facteur de la lumière, dans les espaces publics urbains, a été omis, la plupart des travaux concernaient des études sur l’ensoleillement et reposaient essentiellement sur le côté hygiéniste de la lumière. L’hygiène urbaine dépend surtout de l’ensoleillement optimal des rues, des bâtiments et des locaux. La principale préoccupation est d’assurer un ensoleillement recherché pour les façades et les cours ainsi que de laisser pénétrer à l’intérieur du bâtiment le soleil nécessaire», explique-t-elle, en faisant valoir l’importance des orientations et des espacements adéquats des bâtiments, ainsi que des dimensions, des formes et des dispositions bien étudiées des fenêtres.

Au-delà de son rôle dans le développement et sur la santé humaine, la lumière du soleil participe également à l’esthétique urbaine, à travers les éclairements différents, assure, la valeur des couleurs, l’animation des volumes, l’expression des façades ainsi que la décoration. Selon des études, les citadins aiment voir la lumière du soleil baigner aussi bien à l’extérieur qu’à l’intérieur de leur bâtiment. Et pour une meilleure exploitation de cet élément naturel, l’emploi de vitrages clairs est très recommandé. «A cet égard de tels vitrages sont particulièrement appréciables lorsqu’ils sont orientés au nord…

De nombreux types de pare-soleil, les fenêtres à petits bois et les stores vénitiens rendent la vue sur l’extérieur inconfortable en raison du conflit qui s’instaure entre la vue offerte et les éléments constitutifs de la baie vitrée. De tels dispositifs de protection solaire peuvent engendrer un ‘‘bruit de fond’’ visuel appréciable, qui gêne l’observateur et nuit à l’agrément procuré par la vue», développe la chercheure.

Fatma-Zohra Foudil
 
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