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Littoral : L’Algérois scanné

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le 26.07.17 | 12h00 Réagissez

L’exploitation de l’image satellitaire et de l’information géographique en général permet le suivi et le monitoring de l’espace côtier.

Une aubaine pour un pays qui compte plus de 1200 km de côtes. Rabehi Walid, jeune ingénieur au département de l’observation de la Terre au CTS a travaillé, en partenariat avec le Commissariat national du littoral, sur le suivi de la baie d’Alger qui centralise, selon lui, l’activité économique en Algérie.

«Cette baie est assez urbanisée et saturée. Nous avons 56% de l’espace côtier qui est artificialisé malheureusement au détriment de l’espace naturel», constate-t-il. L’impact observé par l’équipe du projet sur cette urbanisation comprend l’érosion, l’effondrement et les inondations de ports de pêche nouvellement construits.

«On a donc le littoral qui réagit négativement au phénomène d’urbanisation. Bien que l’Etat réagisse face à ces catastrophes à l’aide d’ouvrages de protection artificiels aléatoirement aménagés ou modélisés, les aménagements sont assez vicieux», décrit l’ingénieur. Pour suivre l’espace côtier, l’équipe a utilisé des méthodes appuyées sur le suivi de la côte, mais aussi sur les activités humaines et anthropiques, en utilisant les images satellitaires (données spatiales), le tout couplé avec les données in situ (enquêtes de terrain).

L’archive Alsat a permis des approches diachroniques, c’est-à-dire multitemporelles pour pouvoir observer la disparition d’un littoral, composante essentielle du système plage. Dans la même approche multitemporelle, et à travers les images satellitaires de 2013 et celle de 2016, les chercheurs ont pu observer l’implantation de nouveaux ouvrages de protection installés pour faire face au phénomène d’érosion et de disparition de plages.

«On peut à l’aide d’une image satellitaire ou d’une orthophotographie géoréférenciée, calculer des surfaces et voir s’il y un taux d’engraissement et évaluer ces structures», développe-t-il. Par ailleurs, le projet permet également d’observer les activités industrielles et leurs impacts sur la frange littorale. Les zones industrielles, souvent implantées à proximité du rivage, sont considérées comme une source constante de déséquilibre écologique, soit par des rejets polluants, soit aussi par des aménagements côtiers souvent mal étudiés.

Vulnérabilité Côtière

La gestion des zones humides est une pratique qui peut également être facilitée par l’application. «Certaines zones de la côte algéroise présentent une diversité écologique importante, tel le cas de la zone humide à l’est d’Alger, où se côtoient le lac de Réghaïa, des surfaces de prairie et d’agriculture, qui constituent une zone estuarienne par son contact avec la mer», note l’étude. Grâce à ces constats faits par la simple interprétation des images satellitaires les experts peuvent analyser la vulnérabilité côtière.

Cette dernière est la mesure d’un endommagement potentiel des biens et des personnes et ses répercussions sur l’environnement économique. «D’un point de vue économique, la vulnérabilité correspond à un degré de perte de 0 à 100% résultant d’un phénomène susceptible d’engendrer des victimes et des dommages matériels», explique Walid. De son côté, le conseiller de l’ASAL, Abdelhak Trache, précise : «On met en évidence la fragilité de la nature. En touchant à un élément, on déséquilibre le tout.

On installe des ouvrages de protection sans études préalables, ou insuffisamment approfondies, on construit un port, qui, deux ans après, est complètement ensablé, car on n’a pas tenu compte correctement des courants. On installe des retenues collinaires ou des aménagements sur des oueds, et on s’étonne par la suite que les plages rétrécissent, car on a tout simplement interrompu le processus d’engraissement.

Et toutes ces informations peuvent être mises en évidence à l’aide de ces outils d’observation et ceux de cartographie qui dressent une mémoire des phénomènes. Ces outils sont utiles pour établir un descriptif des territoires et de la mise en mémoire de ces derniers. Ils sont également exploités pour l’identification des différentes composantes du phénomène et leurs interactions. Cela permettra de les comprendre, et ensuite, les faire interagir pour prendre les bonnes décisions».

 
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