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Les raisons d’Aourag

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le 22.11.17 | 12h00 Réagissez


Comparaison n’est pas raison.» Le directeur général de la recherche scientifique et du développement technologique apporte une nuance «philosophique» à ce proverbe du Moyen-Age. Pour le professeur Abdelhafid Aourag, la comparaison «désavantageuse» est loin d’être raisonnable. Interrogé sur le mauvais positionnement des établissements algériens dans les sites de classement des universités du monde, jeudi dernier, en marge de la signature de conventions et de contrats pour le financement de projets de développement technologique, le Dgrsdt se lance d’abord dans une voie alambiquée, tracée par le sempiternel argument de la conspiration internationale sur fond de printemps arabe et de la très chatouilleuse main étrangère.

Mais heureusement, le plus haut gradé de la recherche scientifique algérienne se ressaisit rapidement en relevant l’incongruité d’une comparaison hasardeuse qui pourrait être tentée entre les établissements supérieurs DZ et ceux des USA.

Certes, on ne peut, comme il le dit si bien, mettre sur un même pied de comparaison Harvard, qui a plus de 500 ans d’existence, et la meilleure des universités sous la houlette de Tahar Hadjar ! Surtout, lorsqu’Aourag révèle que les critères de classement dans ces sites sont tendancieux et avantageux pour les USA. Ainsi, ni le classement de Shanghai, ni QS World University Rankings, ni le Webometrics, qui sont pourtant des références mondiales incontestées, ne trouvent grâce aux yeux du responsable.

Car, ces «institutions» ne veulent pas voir l’étendu de l’«œuvre» accomplie tout au long des dernières décennies sur le secteur tertiaire de l’enseignement. Un aveuglement largement partagé d’ailleurs par beaucoup d’Algériens eux-mêmes. Mais qu’à cela ne tienne, le directeur de la recherche scientifique, qui annonçait en début d’année une découverte qui allait «sauver l’humanité made in DZ» a bien fait ce qu’il contrôle le mieux : la recherche.

Et par cet effort, il a trouvé. Puisque vous journalistes et citoyens algériens, voulez consulter un classement, allez voir donc Scimago Institutions Rankings, préconise-t-il. Là, l’intervenant prend un plaisir profond en assurant que des universités algériennes y sont mieux classées que certaines de leurs «homologues» du pays de l’oncle Sam et de la vieille Europe. Oui, mais rappelons juste que comparaison n’est pas raison… sauf si, cela est avantageux pour «El Indjaz», l’œuvre salvatrice.

Seulement, au-delà des grands combats géopolitiques dont les sites de classement des universités en sont l’outil discret mis à nu par le professeur Aourag, il faut savoir que la démarche de classer les établissements du supérieur de par le monde obéit à une vision purement libérale. Car, nous ne le répéterons jamais assez, c’est l’ère de l’économie du savoir.

La matière première de cette nouvelle économie est l’étudiant lui-même. Alors, le marché international du savoir et des connaissances a créé les «bourses» universelles qui ont pris pour support ces sites de classement, avec les critères qui sont censés attirer le maximum de matière brute.

Ce n’est pas parce que l’indice Laaqiba, ou plus officiellement DzairIndex, n’obéit pas aux astreintes du Dow Jones ou du Nasdaq que les règles sont faussées. Et les créateurs de ces sites n’ont pas obligatoirement intégré dans leur démarche l’avis des responsables des universités algériennes. Et comme disait l’autre savant de renommée, Albert Einstein : «Nous auront le destin que nous auront mérité.»

Samir Azzoug
 
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