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Université Mentouri de Constantine

Le calendrier des contrôles réaménagé

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le 31.05.17 | 12h00 Réagissez

Dans la rame du tramway qui mène à l’université Mentouri, la majorité des passagers sont des étudiants. En groupe ou en binôme, ils s’échangent des informations relatives aux modules du contrôle de ce matin.

 Une dernière révision, pourquoi pas, d’autant que le trajet dure au moins un quart d’heure. À l’arrêt de l’université, ils empruntent le passage menant au campus central. Il est 10h30, l’esplanade habituellement débordant d’étudiants et de vie est vide. Déserte. Ce lundi, le thermomètre affiche 30°C. D’aucuns n’oseront s’y attarder par cette chaleur doublée d’un taux d’humidité élevé. Nous nous sommes dirigés vers le bloc des Lettres.

Les étudiants qui ont passé les contrôles de la matinée commencent à sortir des salles de cours. Non pressés de rentrer, ils se regroupent en grappe et revoient leurs réponses. Rattrapé par le mois de jeûne, le calendrier des examens a été réaménagé pour la circonstance. L’administration a opté pour un choix approprié, celui d’un contrôle par jour.

Mohamed Lamine, Nesrine et Manel, étudiants en deuxième année d’anglais sortent de la salle d’examen relativement satisfaits «Pas évident de passer ses contrôles pendant le Ramadhan, en plus de cette chaleur intenable», nous dira d’emblée le jeune homme du groupe. Sa camarade Nesrine se réjouit de la tenue des contrôles dans la matinée: «Pour nous c’est la matinée, pour d’autres c’est en début d’après-midi, ça nous permet de rentrer tôt, pas pour réviser, mais pour se reposer». L’avantage aussi pour eux, c’est de disposer de beaucoup de temps pour pouvoir rejoindre leurs domiciles respectifs.

Car, nous diront-ils, le transport universitaire devient une autre contrainte en ce mois. Habitant El Gammas, pour l’un, soit à quelque 4 km de l’université, et à El Khroub, pour les deux autres, à une vingtaine de km, le déplacement, ne sont pas toujours faciles «les horaires des bus universitaires ont changé depuis le début du Ramadhan et ils ne nous ont pas été communiqués, c’est au hasard qu’on arrive à rattraper un bus, nous nous déplaçons par nos propres moyens pour ne pas arriver en retard ou tout simplement rater le contrôle », tiennent-il à souligner.

Un peu plus loin, assises sur des bancs, des étudiantes en tronc commun de biologie s’apprêtent à affronter les épreuves de leur contrôle de la journée. Malak, Jihane et Sara sont toutefois un peu stressées et elles le reconnaissent : «Ce n’est pas facile par ce mois de jeûne et cette chaleur.

C’est une première expérience pour nous et ce n’est pas très pratique». La charge du programme pour ces étudiantes est telle que pour assurer un module, il est plus judicieux de le préparer à l’avance, surtout pas la veille d’un contrôle «On ne peut pas réviser un module à la veille du contrôle, notre programme est chargé et c’est pour cette raison que nous nous sentons sous pression en permanence», ajouteront-elles. Elles prendront par la suite la direction du bloc des sciences pour accomplir l’épreuve du jour.

A ce niveau, comme au bloc des Lettres, les issues sont bien contrôlées. On y jetant un coup d’œil, le «Cendrier», place centrale disposant de sièges est prise d’assaut. Les étudiants venus tôt s’y sont installés qui pour réviser, qui pour se reposer à l’ombre. D’autres ont préféré l’extérieur. Sur le campus central Mentouri, les endroits ombragés ne manquent pas, les coins de verdure y sont nombreux. Il y en a même qui s’offrent une petite sieste sous un arbre ou un buisson.

COMMENT REVISE -T-ON ?

A cette question, ils sont unanimes à donner la même réponse. «Après le shour, on se connecte et on révise entre nous via Facebook», dira Nesrine. Et à sa camarade de préciser : «Pendant la soirée, on préfère regarder la télévision». Et à chacun sa méthode. Pour d’autres, les révisions se font à la bibliothèque. «Je m’arrange pour passer au moins une heure à la bibliothèque pour une dernière révision ou tout simplement préparer le contrôle du lendemain. Avec la masse d’articles de loi à connaître sur les bouts des doigts, il faut vraiment s’y mettre très tôt», nous expliquera Samir, étudiant à la faculté de droit. Pour Nadir et ses camarades, de la faculté des sciences de la nature et de la vie, il n’est pas possible actuellement de fréquenter la bibliothèque.

Et pour cause : «Le règlement à la bibliothèque est trop strict, si on ne peut pas discuter des cours et échanger entre nous, il est préférable qu’on fasse nos révisions ailleurs.» Ailleurs, peut-être aussi chez- soi dans la soirée par le biais des réseaux sociaux. «Il n’est pas facile de respecter son planning de révisions pendant ces jours-ci, j’ai du mal à réviser dans la journée, je le fais dans la soirée parfois jusqu’au shour. Ce qui entraîne un manque de sommeil et une baisse de la concentration. Bref, toutes les conditions pour bâcler son contrôle finissent par se réunir», d’après Ilhem, qui suit un cursus en microbiologie.

ACTIVITÉS CULTURELLES

Le sentiment général sur le campus dénote une certaine difficulté à planifier ses révisions, encore moins à trouver la «bonne méthode».À ne pas perdre de vue  que pour la majorité des étudiants, cette session de contrôle, qui coïncide avec le mois de jeûne, est une première.

Ce qui explique le délaissement des autres activités auxquelles bon nombre d’étudiants accordent du temps et de l’intérêt. «Je suis des cours de chinois, à raison de deux séances par semaine, et j’essaye de m’en tenir uniquement à cette activité, par faute de temps, mais les journées sont exténuantes», nous dira Mohamed Lamine, notre étudiant au département des lettres et langue anglaise. Peu sont comme lui à continuer à suivre des hobbies ou à nourrir des centres d’intérêt autres que les cours programmés. L’université Mentouri offre une panoplie d’activités culturelles et sportives. Elle abrite plusieurs clubs scientifiques et littéraires très actifs, qui participent effectivement aux séminaires et journées d’études que leurs départements respectifs organisent le long de l’année universitaire.

Pour l’heure, tout est suspendu. «Les activités reprendront avec la rentrée prochaine, la période des examens nous occupe largement pour faire quoi que ce soit de plus», selon Hoda, membre du club de physique. Imed qui est en fin de cycle est très actif dans une association écologique locale, le Flambeau vert ».

A l’exemple de l’ensemble de la communauté, il est très pris par ses contrôles et l’exprime lui-même dans ses publications sur les réseaux sociaux : «C’est dur ces jours-ci.» Mais comme c’est un jeune homme débordant d’enthousiasme et d’énergie, il reviendra vite vers ses actions de bénévolat. Il a participé à plusieurs rendez-vous écologiques et milite pour un meilleur environnement. Etre étudiant de nos jours, c’est aussi s’impliquer dans des choix de société avec abnégation et altruisme.

Naïma Djekhar
 
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