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Hamza Kermiche. Directeur Financier chez ABC Invest SPA

La formation continue est indispensable pour progresser dans le monde professionnel

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le 27.12.17 | 12h00 Réagissez

De nombreux professionnels font le constat amer du gouffre entre la formation théorique et l’exécutif sur le terrain. Quotidiennement, le jeune diplômé se retrouve confronté aux difficultés en entreprise, à cause de son cursus qui manque de pratique. Hamza Kermiche décrypte le monde de l’emploi et propose une réflexion pertinente.

Le marché de l’emploi en Algérie a connu des mutations et a redynamisé un certain nombre de secteurs. Pourtant, certains professionnels en entreprise se plaignent des nouveaux diplômés qui manqueraient, selon eux, de formations adéquates. Qu’en pensez-vous?

En effet, il existe un sérieux problème au niveau de l’insertion professionnelle des nouveaux diplômés. Souvent, les professionnels s’attendent à ce que le jeune universitaire fraîchement diplômé, quelle que soit sa spécialité, maîtrise les notions de base qui lui permettent de s’adapter facilement avec les exigences professionnelles du poste en question.

Or, suite au recrutement, ils s’aperçoivent rapidement que le nouveau diplômé souffre de plusieurs lacunes liées essentiellement à sa formation supérieure. A titre d’exemple, un diplômé titulaire d’une licence ou d’un master en comptabilité, qui ne connaît pas les principes comptables, qui ne sait pas passer des écritures comptables ou bien qui ne fait pas la différence entre actif et passif ! Ainsi, l’attente finit par se transformer en déception.

Mais est-ce la faute de ce jeune ayant passé avec réussite un parcours universitaire ponctué par plusieurs examens ? Pour moi, la réponse est NON. Si c’était un cas isolé, on aurait dit que peut-être c’était dû à un manque de compétence. Cependant, là on parle d’une récurrence considérable qui ouvre la porte à une question cruciale : quelle est l’origine de ce phénomène?

Pensez-vous qu’il existe un gouffre entre une formation académique et le monde de l’entreprise ?

L’analyse approfondie du problème d’incohérence entre les connaissances théoriques des jeunes diplômés et les pratiques professionnelles fait apparaître un écart conséquent entre les notions, les méthodes et les pratiques apprises au cours du parcours de formation et les notions, les méthodes et les pratiques employées dans le monde de l’entreprise.

Souvent, le nouveau diplômé parle un langage de «livre», issu généralement d’un environnement idéal, pendant que le professionnel parle un langage de «terrain», issu d’un environnement de contraintes.

Autrement dit, si le nouveau diplômé a besoin que X soit constante dans une équation pour pouvoir trouver la variable Y, le professionnel doit composer avec une multitude de variables X, Y, Z, etc.

Certains se demanderont comment alors trouver une solution à une telle équation? Justement, le gouffre se situe dans cette logique de réflexion.

En effet, la formation académique apprend aux jeunes qu’il existe toujours une solution optimale, une solution unique, une solution parfaite à partir de certains paramètres constants ! Or, le monde professionnel est plein d’incertitudes et d’inconstances, du coup, il n’existe pas de solution optimale, unique et parfaite comme nous l’apprend la formation académique. Ainsi, le jeune diplômé se retrouve désorienté, car on ne lui a jamais appris que X pouvait bien être variable! 

A votre avis, comment un étudiant ou jeune diplômé devrait se préparer pour candidater à son premier emploi? 

De nos jours, le premier emploi est une étape, à la fois très importante, mais aussi très difficile à franchir, dans la carrière des jeunes diplômés. Ces derniers sont confrontés à une multitude de facteurs qui leur compliquent l’accès au monde professionnel, tels que l’absence d’expérience, le jeune âge, les préjugés de l’environnement, ou encore le niveau élevé d’exigence des recruteurs.

Toutefois, ce qu’ils ignorent peut-être, c’est qu’ils possèdent des points forts que même les professionnels expérimentés ne possèdent pas ! S’il est clair  qu’ils n’ont pas la maîtrise et l’expertise de ces derniers, ils ont par contre un niveau très élevé de fraîcheur et de motivation, ils ne sont pas affectés par la culture d’une entreprise précédente et surtout ils n’ont pas les mêmes exigences salariales. En mettant bien en évidence de telles qualités, ils peuvent séduire n’importe quel recruteur.

Quels conseils préconisez-vous ?

Je voudrais attirer l’attention les jeunes sur deux autres points très importants lors des recrutements. Le premier point concerne la personnalisation des CV, qui constitue pour moi une preuve de créativité, de différenciation et d’initiative. Croyez-moi, les recruteurs ont assez de modèles types de CV téléchargés sur internet.

On voit même de temps en temps des CV avec les phrases et les mots du modèle initial ! Faîtes un effort et essayez de faire les choses différemment afin d’attirer l’attention sur votre candidature. Le deuxième point concerne les techniques de communication qui facilitent l’établissement de contacts avec les recruteurs. Utilisez une langue que vous maîtrisez, orientez toujours la discussion vers vos points fort et surtout réfléchissez bien avant et pendant que vous répondez aux questions
 

Des organismes proposent des techniques de formation plus abouties, des ateliers, du coaching, etc. Pensez-vous que ça aide concrètement?

Je trouve que de telles initiatives sont bonnes et pertinentes. Le contact et la collaboration entre le monde professionnel et le monde académique aidera à refermer le gouffre qui les sépare actuellement. Je recommande même l’instauration, au lieu d’un stage de courte durée, d’une année de travail obligatoire en CDD au sein d’une entreprise pour chaque programme de formation professionnelle. Ceci permettra à l’étudiant de se mesurer au monde professionnel tout en ayant un encadrement à la fois académique et professionnel pour l’orienter dans le bon sens.

Finalement, que l’on soit jeune diplômé ou cadre reconnu, la formation perpétuelle demeure l’unique moyen de gravir les échelons et d’éviter les obstacles en entreprise. Qu’en pensez-vous?

Evidemment ! La formation continue, l’apprentissage, le perfectionnement et la mise à niveau sont indispensables dans l’optique de progresser dans le monde professionnel. Comme vous le savez, l’environnement est dans une constante évolution. Qu’il s’agisse de techniques, de méthodes, de modèles ou de pratiques, ce qui est valable aujourd’hui, ne le sera pas forcément demain. Celui qui ne s’adapte pas finit par être dépassé, voire disparaître.

Nul n’est à l’abri du changement, c’est pourquoi mon conseil aux jeunes, et même aux expérimentés, est d’apprendre et de maîtriser le maximum de domaines possibles et de n’ignorer aucune possibilité de carrière ! Si vous êtes responsable de maintenance aujourd’hui, rien n’empêche que vous soyez demain un responsable management qualité ! Après tout, le monde appartient à ceux qui savent saisir leurs chances.

Faten Hayed
 
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