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Retards, somnolence et litiges : L’université en mode ramadhanesque

L’université d’Oran

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le 31.05.17 | 12h00 Réagissez

Les étudiants des différentes universités de la wilaya d’Oran entament la dernière ligne droite d’une année universitaire qui a été marquée par les protestations, les grèves et les arrêts de cours.

Il y a beaucoup de retard à rattraper. Toutefois, une nette baisse de rythme est enregistrée dans ce sprint final coïncidant avec le mois de Ramadhan, les départements étant désertés souvent et les salles de cours ne comptant que quelques étudiants aux mines épuisées par les veillées ramadhanesques. «Un incident anecdotique illustre parfaitement l’ambiance à l’université : dimanche, à la faculté des sciences économiques et commerciales, les portes n’ont été ouvertes aux étudiants qu’à neuf  heures trente.

Ces étudiants devaient passer un examen. La raison de ce retard, l’agent de sécurité chargé d’ouvrir les portes ne s’est pas réveillé à l’heure, en raison justement du rythme du Ramadhan, notamment la première soirée», témoigne Salah, étudiant à l’université Oran 2 à Belgaïd. A Es-Senia, ça ne va pas mieux. Seddik, jeune doctorant en philosophie, commente : «C’est carrément le désert ! L’université est abandonnée. Tout le monde s’absente, aussi bien les enseignants que le personnel administratif. Les étudiants sont également démotivés par ce rythme. En ce moment, ils viennent car c’est la période des examens, ils sont obligés, mais passé midi, il n’y a plus personne. Je ne parle pas d’un département précis, mais de toute l’université, où seulement quelques chefs de département daignent continuer à assurer leur mission».

Cette fin d’année est également marquée par les soutenances des mémoires de fin d’études, mais les universitaires hésitent à programmer les exposés pendant le Ramadhan. Ce qui est sûr, c’est que les étudiants en fin de cursus mettent les bouchées doubles pour ne pas prendre le risque d’aller jusqu’au mois de septembre, comme l’explique Amina, étudiante en français à l’Institut des langues étrangères (ILE) : «Je dois finir rapidement et ne pas espérer trouver des professeurs pour ma soutenance après le Ramadhan. Autrement, cela risque de traîner jusqu’au mois de septembre.»

Même état d’esprit à l’université des sciences et de la technologie, USTO Mohamed Boudiaf. Ghizlène, étudiante en troisième année d’architecture, déclare : «Ça se ne passe pas bien du tout. Nous avons des soutenances et devons travailler pendant le Ramadhan (…) réfléchir et produire intellectuellement avec cette fatigue et cette chaleur extrême propre à l’USTO, c’est tout simplement impossible», déprime-t-elle, et de poursuivre : «L’atmosphère est invivable.

En plus, l’ambiance dans l’administration est démotivante, ça ne donne pas envie de travailler. Par exemple, nous devons travailler en groupe sur les projets et nous n’avons pas où le faire sauf à l’université, alors que le chef de département vient nous dire que ce n’est pas possible de rester dans les classes et que tout doit fermer à seize heures. C’est du jamais-vu ! Concernant les absences, c’est très rare, car le temps vaut de l’or et on est souvent dépassés, occupés, stressés, mais surtout fatigués par le mois de jeûne qui coïncide avec le mois de juin, la chaleur et la fin des études.» En outre, d’autres enseignants et étudiants sont plus catégoriques : tout va mal. C’est le cas de Mlle Zoulikha, qui assure une vacation à l’IGCMO. Elle déclare : «On est en période d’examens et c’est l’anarchie la plus totale. Il y a eu une grève il y a quelques jours et donc, on ne trouvait pas où passer ces examens.

On a essayé d’arranger les choses en mettant plusieurs groupes dans les mêmes salles (…) le manque de concentration touche jusqu’à l’administration, qui a  programmé des examens sans prendre en compte les emplois du temps et les volumes de cours enseignés.» Par ailleurs, les choses semblent aller mieux pour les étudiants en pharmacie, qui ont pourtant souffert d’une grève de plusieurs mois. Moussa, étudiant en cinquième année,  déclare : «En effet, les étudiants sont très fatigués en ce mois de carême. Mais je pense que nous avons tous démontré que nous pouvons nous surpasser.

C’est la période des examens pour certains, alors que pour d’autres les cours continuent. Je dois avouer que les enseignants nous ont soutenus et ont tout fait pour terminer les cours à temps. Nous avons même trouvé le temps d’organiser des activités scientifiques. J’avoue qu’une baisse de rythme est venue casser un peu l’ambiance en cette fin d’année, mais c’est compréhensible.» En tout état de cause et à constater le rythme des choses, les absences, les retards et l’ambiance placide, on pourrait croire qu’un accord tacite entre tous conforte toutes les attitudes, puisque l’université ne déroge pas à la règle qui prévaut dans les autres administrations pendant le Ramadhan.

Redouane Benchikh
 
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