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Centre de développement des satellites

L’œil du satellite

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le 26.07.17 | 12h00 Réagissez

Jeudi 20 juillet, 9h57 GMT, 10h57 locales, dans deux des trois salles de contrôle, les équipes d’ingénieurs du Centre de développement des satellites (CDS) reçoivent, avec un décalage de 7 minutes, les signaux des satellites algériens.

Le centre a reçu une commande d’images satellitaires pour déterminer l’ampleur des incendies de forêt dans la région de Tizi Ouzou. Sur de grands écrans, les ingénieurs s’assurent des conditions optimales pour le passage de la constellation des satellites algériens : Alsat 1B et 1N (le nanosatellite) et du dernier-né, Alsat 2B.

A la réception du signal, ils accourent pour le téléchargement des images successives. Fayçal Bouchira, docteur en systèmes et signaux intelligents, Seddjar Abderrahmane, docteur en systèmes intelligents et robotique, Abed Smaïl, ingénieur d’Etat en segments sol et Master en ingénierie des systèmes d’information, ou encore Bekhar, Djelloul et Saïah, ce dernier ayant soutenu sa thèse de doctorat électrotechnique à l’USTO le 2 juillet, tous la trentaine à peine révolue et issus des universités algériennes, ont les yeux rivés sur leurs écrans d’ordinateurs pour s’assurer du bon déroulement de l’opération.

«Pour faire partie des équipes du CDS, la concurrence est très rude. Au dernier recrutement lancé l’année passée, on a reçu plus de 2000 demandes. Les critères d’accès sont très sévères. Les candidats passent chacun un entretien d’une heure. Au-delà de la compétence, ce qui est important pour nous, c’est la capacité de travailler en équipe», explique Kameche Mohamed, directeur du CDS.

En plus des trois salles de contrôle au premier étage de l’imposant bâtiment hypersécurisé (120 caméras de surveillance), érigé à quelques encablures de l’université d’Oran (USTO), se trouve la très convoitée «salle blanche». Cette grande pièce plus propre et protégée qu’une salle d’opération d’hôpital où ont été montés et testés les satellites algériens Alsat 1B, puis 2B, dispose, entre autres, du boîtier et module de test qui reproduit les conditions spatiales en termes de pression, température et autres. Cette boîte magique a été fabriquée par l’établissement de construction aéronautique du MDN (ECA).

La salle blanche d’intégration des satellites est de classe
100 000, dont une partie est de classe 100 pour les systèmes optiques (caméras et instruments). Par ailleurs, en termes d’infrastructures, le CDS comprend également des laboratoires et des ateliers. Au sommet de l’immeuble, une coupole protège l’un des instruments essentiels pour la communication avec les satellites : l’antenne parabolique.

D’une dimension de 7,3 mètres de diamètre, elle a la spécificité de pouvoir émettre sur les deux bandes, X et S, ce qui décuple sa performance. En matière de ressources humaines, le CDS emploie 290 personnes, dont 140 ingénieurs qualifiés dans le domaine spatial et habilités à «toucher les satellites», comme le précise le directeur du centre. «Ces ingénieurs sont issus des universités et des écoles algériennes, toutes disciplines confondues (dans le domaine technique évidemment).

La majorité des ces ingénieurs sont jeunes, la trentaine, il y a juste une équipe qui a travaillé sur Alsat 1B en 2000 et qui est dans la cinquantaine. La moyenne d’âge est de 33 ans», rappelle-t-il. Pour ce qui est du rôle du CDS, le centre a pour mission, d’abord, le suivi des satellites. Aux aguets, les ingénieurs peuvent être sollicités à tout moment du jour ou de la nuit par un système d’alerte automatique qui leur envoie des SMS en cas d’anomalies. Ce qui provoque certaines contraintes liées, entre autres, au statut de ces urgentistes du ciel.

Aux petits soins des engins en orbite, les ingénieurs mettent en valeur leurs compétences en assurant que le satellite 2A, entame sa 7e année de rotation, alors qu’il était prévu pour durer cinq ans. «Il continue à fonctionner avec les mêmes performances qu’au début. Ce qui prouve la compétence des équipes et leur utilisation optimale», se félicite le CDS.

L’autre mission du centre a trait à la prise d’images et leur transmission. Grâce au système de contrôle des antennes, le CDS, comme l’autre centre de réception situé à Ouargla, reçoivent les images qu’ils échangent via un réseau de lignes spécialisées et les transmettent vers les Centres d’application de l’ASAL (CAS). Conforté par cet outil qui est un joyau technologique, le directeur du centre espère que le CDS pourra jouer un rôle important dans le domaine spatial. D’ailleurs, M. Kameche révèle qu’il est question d’installer une zone industrielle consacrée à la fabrication de satellites dans un futur pôle aérospatial qui sera érigé à Oran.

 

Samir Azzoug
 
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