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L’écrivain Anouar Rahmani «chassé» de l’université Constantine 3

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le 15.11.17 | 12h00 Réagissez

Ce n’est pas la Corée du Nord, mais c’est tout comme. Ce qui s’est passé hier à l’université Constantine 3 nous renvoie à l’ère de la glaciation politique et des années de plomb.

Le jeune écrivain Anouar Rahmani a en effet subi la pire des humiliations de la part de l’administration de l’université, celle-là même qui l’a officiellement invité !

Rahmani, convié par le club littéraire At-tawassoul (trait d’union), sous l’égide de l’université, devait animer dimanche une conférence-débat sous le thème : «Liberté littéraire et intellectuelle en Algérie, regard comparatif avec le siècle des lumières en Europe.» Il était invité parmi 15 autres jeunes écrivains et maisons d’édition, dans le cadre d’un événement littéraire intitulé «La lecture nous unie», co-organisé par le club cité plus haut et Constantine qui lit, une association très dynamique s’étant illustrée par l’installation de bibliothèques de rue.
A quelques moments du lancement de la conférence, l’invité a vu sa conférence  annulée sans préavis, sous quelques vagues prétextes liés, lui a-t-on dit, aux élections.

Ce qui ne répond à aucune logique s’agissant d’une activité organisée à l’intérieur de l’université, loin des activités politiques. Pis encore. Hier matin, alors qu’il signait son livre au niveau de la faculté des sciences de la communication de la même université, un agent s’est présenté à lui, et lui a intimé l’ordre de quitter l’université sur le champ. L’auteur, interrogé par El Watan, a décrit cette scène avec beaucoup d’émotion et de colère envers l’attitude qualifiée d’humiliante que contenait la charge de l’agent administratif.

Auparavant, poursuit-il, plusieurs agents présumés, appartenant à un corps de sécurité, auraient investi les lieux et encadré cette opération, posant de nombreuses questions autour de l’auteur. «Je ne comprends pas où est le problème dans ma présence ici, je ne suis qu’un écrivain venu présenter une œuvre, je ne représente aucun danger, je ne suis pas un poseur de bombes tout de même», s’est indigné l’auteur.

Les membres organisateurs de l’événement ont subi aussi le même sort et ont été chassés, ainsi que leurs invités, manu militari. Contacté par El Watan, Mossab Gharbi, animateur du club Constantine lit, a déclaré ne pas comprendre cette attitude et regretté qu’une activité littéraire soit considérée comme une menace. Rahmani est de nouveau ciblé et déclaré persona non grata à cause de ses écrits. Mais l’administration agit, hélas, sans avoir le courage d’assumer et justifier ses actes. Nous avons, par ailleurs, tenté de prendre attache avec le doyen de la faculté en question, pour connaître sa version des faits, sans succès.
 

N.N.
 
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