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Salon de la formation et des métiers d’avenir (SAFEM)

Diplômes ou compétences

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le 27.09.17 | 12h00 Réagissez

Le Salon de la formation et des métiers d’avenir (Safem) ouvre ses portes dès aujourd’hui à la Safex, aux Pins Maritimes d’Alger.

Organisée sous le thème «Formation, employabilité, avenir», la seconde édition compte une quarantaine d’exposants entre écoles et entreprises, privées et publiques, tous secteurs confondus. Chacune s’attellera, jusqu’au samedi 30 septembre, à mettre en valeur ses offres de formation. Lors de la conférence de presse tenue par l’organisateur ce lundi au Forum du quotidien El Moudjahid, un large débat a été engagé entre les différentes parties présentes sur la primauté à accorder dans le domaine de la formation.

Entre le très prisé «diplôme» et l’indispensable «savoir-faire», les deux n’allant pas toujours ensemble, les échanges étaient vifs. «J’ai appelé un directeur d’école pour participer au Safem. Ce dernier a décliné l’offre car, m’a-t-il dit, il a une forte demande sur ses diplômes. Il m’a expliqué qu’un certain nombre d’entreprises, pour ne pas payer la taxe sur la formation, commandent directement des diplômes pour leurs employés sans que ces derniers suivent le cursus nécessaire.

L’essentiel pour eux est ce bout de papier qui justifiera leur déclaration d’impôts», déplore Ahmed Haniche, chef du projet Safem. Si pour la dynamique directrice de l’Institut des sciences et techniques (ISTA) de l’agroalimentaire de Blida le savoir-faire et la formation priment largement sur le diplôme, pour certains intervenants, les pourvoyeurs de postes d’emploi n’ont d’autre critère à prendre en considération que ce document pour accepter une candidature. «Il faut des normes pour le recrutement. Les DRH ne peuvent pas accueillir tous les candidats et s’entretenir avec eux.

Des choix doivent être faits dès la lecture des CV. Et là, ce qui prime, c’est le diplôme et l’expérience professionnelle», intervient une professionnelle du domaine. D’où l’émergence d’un marché parallèle des formation, où entreprises et établissements de formation se liguent pour dévaloriser encore davantage un document qui scelle l’avenir de tout apprenant. Ainsi galvaudés, certains diplômes n’offrent ni une chance de recrutement pour leur détenteur, ni la garantie de recruter un bon élément pour l’entreprise. Heureusement, ce cliché ne peut être généralisé à tous les établissements de formation.

Car, au-delà de cette polémique, ce qui est demandé par le secteur socioéconomique, c’est une ressource humaine compétente, qualifiée et immédiatement opérationnelle. Pour faire valoir ce triptyque, Lynda Boutekrabt met en évidence le fonctionnement de son institut sous tutelle du ministère de l’Enseignement supérieur.
 

Recrutement

Elle explique que l’ISTA a décidé d’accueillir un nombre limité d’étudiants afin de garantir une formation de qualité. «Notre établissement compte quatre départements (entre autres les technologies des produits laitiers et dérivés, céréales et dérivés et boissons gazeuses).

Ces choix sont faits suivant la demande du secteur économique de la région de Blida. Nous avons limité l’accès à 25 étudiants par département. C’est une question de choix», explique-t-elle en affirmant que 70% du temps de formation se fait par des travaux pratiques et dirigés. Grâce à un long et difficile travail de lobbying, l’institut garantit le déroulement des stages dans les entreprises conventionnées. «Avec 25 étudiants par département (en première année), je dois déjà garantir cent mois de stages. Il faut ajouter 150 autres mois de stages pour ceux qui sont en deuxième année.

C’est très lourd comme logistique», informe Mme Boutekrabt en assurant toutefois que grâce à la bonne formation de ses étudiants, les entreprises concernées ne rechignent plus à prendre ces effectifs en stage. «Notre satisfaction, c’est de voir que des stagiaires en première année se sont vu signer des CDD alors qu’ils commencent à peine leur cursus. Qui peut se targuer de dire que ces étudiants en première année se voient déjà promettre un emploi ?» se félicite-t-elle. Ainsi, par cet exemple, la boucle est bouclée. Lorsque le diplôme sanctionne une formation avérée, efficace et adaptée, les débouchés sont assurés et la polémique cesse.

De son côté, l’organisateur du Safem assure que les écoles et entreprises participant au salon dispensent toutes des formations réelles et adaptées à la demande du secteur socioéconomique. D’ailleurs, au cours de l’événement, un espace de recrutement est ouvert pour y déposer les CV et où les entreprises adhérentes piocheront leurs futures recrues. «Les entreprises doivent miser sur la formation de leurs ressources humaines. Elles doivent comprendre que la formation est actuellement le nerf de toutes les guerres. Et pour booster la formation et les nouveaux métiers, il faut aussi assurer une large communication.

Or, le constat est amer : sur 100 000 entreprises contactées par nos soins, seules 5 ont répondu présent et montré leur volonté de miser sur la formation. C’est un signe, s’il en faut, pour confirmer le peu d’intérêt que certains accordent à cette exigence», conclut Ahmed Haniche.

Samir Azzoug
 
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