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Conférences interdites et d’autres encouragées

Certains sont plus égaux que d’autres

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le 20.12.17 | 12h00 Réagissez

Qu’y a-t-il de commun entre Nacer Djabi, le sociologue, Cheikh Chems-Eddine (dit Chemsou), prédicateur religieux, et Chakib Khelil, l’ancien ministre de l’Energie ?

A priori, rien de bien établi, mis à part l’actualité universitaire de la semaine écoulée, puisque les trois personnages avaient prévu de tenir des conférences au sein de certains établissements du supérieur. Par contre, les responsables de ce secteur ont bien scellé la différence. Si pour les deux premiers des interdictions pures et simples de participer à des conférences organisées par des enseignants et des étudiants ont été prononcées, soulevant l’ire ou la satisfaction de l’opinion, le dernier a eu droit à un traitement de faveur.

Quelle interprétation peut-on donner à ces choix ? Sans donner l’impression de tenter des conclusions tirées par les cheveux, le message que semblent vouloir transmettre les «gérants» de la vie universitaire serait le suivant : pas d’académique, pas de religieux, place à la politique politicienne.

Sinon, comment comprendre que d’un côté, un scientifique, chercheur, Nacer Djabi, soit interdit de participer à une conférence académique organisée par des enseignants et des chercheurs dont la thématique très sensible est en relation avec «les élections», un sujet éminemment d’actualité ne serait-ce que pour comprendre le comportement des électeurs, interpréter les résultats des élections et mettre le doigt sur le «boudage» des urnes… et permettre, d’un autre côté, au très contesté Chakib Khelil de faire ses déclarations en remettant en cause la gestion économique du pays par le gouvernement actuel ?

Car, devant la population universitaire de Bouira, l’ex-ministre a fait valoir sa feuille de route, un pré-programme électoral en porte-à-faux avec les pratiques de l’actuel Premier ministre, qui lui-même ne prend pas de décision sans préciser qu’elle est parrainée par le président de la République ? Le professeur Djabi aurait-il été plus dans l’opposition que Khelil ? Donc, l’interdiction n’est pas dictée par cette donnée. D’un autre côté, pourquoi interdire à Chemsou, sollicité par une organisation estudiantine aux relents islamistes, ce qui est permis à l’ex-ministre ? le prêche !

Dans un sketch, l’humoriste français Coluche, décédé en juin 1989, disait : «Dans le communisme, tous les gens sont égaux. Mais, il y en a qui sont plus égaux que d’autres». En octobre 2016, le ministre de l’Enseignement supérieur appelait les étudiants à oser faire de la politique, mais de la politique non partisane. Aujourd’hui, à travers ces trois cas, c’est l’inverse qui est exécuté.

Dans l’académique, certains sont plus égaux que d’autres. Attention toutefois, rappelons juste que l’article 44.14 de la Constitution stipule entre autres que : «Les libertés académiques et la liberté de recherche scientifique sont garanties. Elles s’exercent dans le cadre de la loi. L’Etat œuvre à la promotion et à la valorisation de la recherche scientifique au service du développement durable de la Nation.
 

Samir Azzoug
 
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