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Allégations nutritionnelles| : Le consommateur de plus en plus attentif

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le 03.05.17 | 12h00 Réagissez

Le consommateur est souvent porté à accorder du crédit aux affirmations et logos qui se trouvent sur les emballages des différents produits alimentaires, jugeant de ce fait qu’il fait de bons choix. Mais en Algérie, le client est-il réellement informé sur ce qu’on appelle «les allégations nutritionnelles» des produits mis sur le marché ?

C’est ce que tente de démontrer Achour Farès, de l’université de Constantine1, dans son travail de recherche portant sur la perception des consommateurs vis-à-vis de ces allégations nutritionnelles, enquête réalisée au niveau de la commune de Sétif. En effet, les consommateurs sont, selon cette étude, de plus en plus attentifs à leur alimentation et à la relation entre celle-ci et leur santé. «Cela augmente l’importance qu’ils attachent à la composition des denrées alimentaires et à l’information disponible sur ce sujet.

Plus la production des denrées alimentaires devient complexe, plus les consommateurs manifestent de l’intérêt pour l’information fournie via l’étiquetage des denrées alimentaires», note l’étude. Mais que signifie une allégation nutritionnelle? Il convient de souligner que cette dernière indique toute représentation qui affirme, suggère ou implique qu’une denrée alimentaire possède des propriétés nutritionnelles bénéfiques particulières du fait de sa teneur en énergie, en nutriments ou autres substances.

Il suffit de regarder avec attention l’emballage d’un produit quelconque pour constater le nombre important d’informations que les producteurs et distributeurs mettent en avant. «Dénomination de vente ; quantité nette pour les denrées préemballées; nom ou raison sociale, ou la marque déposée et l’adresse du fabricant ou du conditionneur ou du distributeur et de l’importateur lorsque la denrée est importée ; pays d’origine et/ou de provenance; identification du lot de fabrication ; mode d’emploi et les précautions d’emploi au cas où leur omission ne permettrait pas de faire un usage approprié de la denrée alimentaire ; date de fabrication ou de conditionnement et la date de durabilité minimale, ou, dans le cas des denrées alimentaires très périssables microbiologiquement, la date limite de consommation; liste des ingrédients ; conditions particulières de conservation,etc.», sont les informations générales imprimées sur les différents emballages.

Face à ce déversement d’informations, le chercheur s’est fixé pour but, dans son étude, de décrire les perceptions des consommateurs algériens vis-à-vis des allégations nutritionnelles. Pour cela, Farès Achour inventorie et examine les notions utilisées dans les emballages, estime les connaissances et le niveau d’information des consommateurs et enfin détermine les attitudes et le comportement d’achat de ces consommateurs.

Inventaire

S’agissant des caractéristiques des sujets, le chercheur note que la population est constituée significativement de plus de femmes que d’hommes. «Ceci semble logique, du fait que la population féminine prépare à manger pour la famille et donc c’est elle aussi qui s’occupe des courses. La tranche d’âge inférieur à 50 ans est prédominante du fait que les personnes âgées de plus de 50 ans sont généralement accompagnées par des sujets inférieurs à leur âge qui sont leurs enfants ou leurs petits-enfants, qui les aident à effectuer les courses», précise l’auteur de l’étude.

Dans le second volet de l’étude, consacré à l’inventaire des produits alimentaires sur le marché avec une allégation nutritionnelle, l’étude mentionne le nombre de produits par groupes, exemple : lait et produits laitiers (08) ; céréales, légumineuses et féculents (35) ; corps gras et produits sucrés (50) et boissons (18). «Pour ces produits que nous avons répertoriés, les opérateurs économiques n’ont pas respecté leur engagement.

En conséquent, des sanctions sévères à l’encontre des réfractaires seront prises selon le décret exécutif n° 05-467, relatif au contrôle de la conformité des produits importés au niveau des frontières. Ces sanctions sont de 3 types : inscription au fichier fraudeur, blocage des marchandises importées au niveau des frontières et interdiction de la domiciliation bancaire». Pour ce qui est de l’estimation des connaissances et niveau d’information des consommateurs, le travail de recherche révèle une connaissance relativement importante.

Comportement

«Aucun sujet n’a cité être très mal informé sur l’alimentation, cela justifie aussi que les sujets ayant un niveau d’instruction bas utilisent comme sources d’informations les médias audiovisuels. Les campagnes d’information et de sensibilisation sur l’importance de l’effet de l’alimentation sur la santé publique ont trouvé leur place au niveau de la population et tout particulièrement les personnes ayant un niveau d’instruction bas.

D’après les résultats de notre enquête, il s’avère que cette catégorie de la population mentionne les professionnels de santé avec 47,74 %. Malgré la modernisation généralisée, ça reste insuffisant au niveau de la population d’un niveau d’instruction bas en ce qui concerne la communication (internet) et l’échange d’informations», constate Farès Achour.

Par ailleurs, étudiant les perceptions relatives aux allégations nutritionnelles, il est constaté que la majorité de la population enquêtée, soit 89,14 %, ne sait pas ce que signifie une allégation nutritionnelle car, poursuit le rédacteur de l’étude 67,90 % des sujets ont un niveau d’instruction bas et moyen qui ne leur permet pas d’en assimiler la signification.

De même plus de 50 % des enquêtés n’accordent pas une importance aux allégations nutritionnelles au moment de l’achat des aliments. Quant aux attitudes et comportements d’achat des consommateurs, il est constaté que les Algériens interrogés achèteraient significativement un peu plus d’un produit alimentaire portant une allégation nutritionnelle, alors que 64,95 % le privilégient à un produit standard.

«Plus de la moitié des hommes enquêtés (54,34%) sont prêts à payer plus cher, de même que 39,36% ont affirmé pouvoir payer plus cher jusqu’à 10% pour avoir un produit portant une allégation nutritionnelle», écrit Farès. En conclusion, l’étude démontre que les produits alimentaires mis sur le marché avec une allégation nutritionnelle sont conformes aux normes homologuées et aux spécifications légales et réglementaires qui les caractérisent et les concernent.

Néanmoins, quatre produits présentent un défaut d’étiquetage (absence du nom et adresse de l’importateur). Près de 90% des sujets ne savent pas ce que signifie une allégation nutritionnelle et près de la moitié des sujets (48,45%) donnent de l’importance à l’allégation nutritionnelle lors de l’achat de denrées alimentaires. Les hommes accordent significativement plus de préoccupation à l’allégation nutritionnelle au moment de l’achat par rapport aux femmes. D’autre part, lors des achats, l’allégation nutritionnelle est significativement plus recherchée par les sujets dont le niveau d’instruction est élevé (76,06%).

 

Fatma-Zohra Foudil
 
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