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Lakhdar Tahraoui. Ingénieur agronome et chercheur

A long terme, le moringa sera un plus pour l’économie nationale

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le 03.05.17 | 12h00 Réagissez

Depuis six ans, l’universitaire et chercheur, Lakhdar Tahraoui, expérimente et produit des arbustes de moringa. Il encourage les étudiants et les universitaires à entamer davantage d’études pour la vulgarisation des vertus du moringa en Algérie.

- Quelles sont les caractéristiques du moringa ?

Le moringa oleifira est un arbre oléagineux qui fait partie de la famille des «moringacea», ce qui signifie que les graines contiennent une huile végétale, de la même manière que l’huile d’olive. Le moringa est important dans notre alimentation, ainsi que celle des animaux, car tous les produits de l’arbre sont utilisables.

Les feuilles fraîches sont considérées comme légumes, comme les épinards et la laitue, le chou etc. Les feuilles fraîches ou sèches du moringa sont un vrai gisement de minéraux, de vitamines, d’acides gras essentiels et d’acides aminés essentiels et d’anti-oxydants. Aussi, les feuilles sèches peuvent être utilisées comme thé, en capsule ou en poudre ça devient une épice.

Les graines sont oléagineuses, on peut extraire l’huile qui est considérée comme l’huile noble, puisqu’elle est très stable dans les températures ambiantes et très riche en acide oléique. L’huile de moringa est plus onéreuse que la majorité des huiles, cela est dû essentiellement à ses caractéristiques nutritives médicinales et même agro-industrielles. Il faut savoir que même dans le domaine de la cosmétologie cette huile est appréciée.

Par ailleurs, dans l’élevage, les feuilles sont utilisées comme forage vert. La valeur nutritive de ces feuilles favorise l’engraissement du bétail et augmente la productivité du lait. En ce qui concerne les fleurs du moringa, elles présentent une floraison unique, nous en avons ici du côté de Blida, avec une floraison qui dure plus de huit mois.

- Vos recherches ont-elles été concluantes?

Je m’intéresse au moringa depuis six ans, car en Algérie on a notre propre espèce et en tant qu’ingénieur agronome je trouve l’arbre intéressant due point de vue alimentaire, médicinal et économiquement rentable. J’ai commencé à travailler sur le moringa à titre privé. Au début j’ai fait une recherche sur les exigences pédo-climatiques de l’arbre, une fois que j’ai terminé de comprendre les caractéristiques du moringa (un arbre qui pousse généralement dans la ceinture tropicale), j’ai commencé à faire germer les graines dans les mêmes conditions de température et d’humidité que dans les zones tropicales.

Après la germination, j’ai produit des jeunes plants en pots, que j’ai transplantés au sol. Actuellement, j’ai des arbres qui s’adaptent bien dans la zone de la Mitidja. L’arbre favorise une agro-industrie, puisque ses produits sont facilement exportables. A long terme, ce sera certainement un plus pour l’économie nationale. A mon avis, si on commence a intensifier la culture de moringa, dans trois à quatre ans on pourrait créer un secteur agro-industriel et cosmétique très rentable.

- On pourrait croire que cet arbre est ignoré par la recherche en Algérie...

Tout à fait. Le moringa ne fait pas objet de recherches sérieuses en Algérie, car peu de gens connaissent cet arbre et ses bienfaits.  Aussi, très peu d’étudiants préparent des mémoires de fin d’études sur le moringa, c’est dû également au fait qu’il manque de graines et de feuilles.

- D’ailleurs vous avez participé récemment à une rencontre avec d’autres universitaires à Tlemcen. Ont-ils manifesté un intérêt ?

Il y a un intérêt croissant, c’est un fait. Il y a quelques mois, le professeur et chercheur Amar Kaddour Houcine m’a contacté afin d’échanger mon expérience sur le moringa. Conséquences de nos échanges, il a commencé également des recherches à partir des graines que je lui ai fournies. Par la suite, le département des sciences agronomiques de l’université de Tlemcen a organisé une rencontre, où les chefs de département et le doyen étaient présents. Ensemble, nous avons pu débattre et ouvrir la porte des recherches aux universitaires qui s’intéressent au moringa.

- Pensez-vous que dans un avenir proche la thématique pourrait inciter d’autres initiatives?

Je le crois fortement. Après la rencontre de Tlemcen, de nombreux étudiants chercheurs et même des enseignants chercheurs dans l’agronomie de l’université songent à créer un projet de recherche sur le moringa.
 

Faten Hayed
 
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