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Zeineddine Nouaceur. Chercheur universitaire

On prévoit une baisse des précipitations pour les années à venir

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le 10.11.17 | 12h00 Réagissez

On prévoit une baisse des précipitations pour les années à venir


Sécheresse prolongée, canicule, incendies de forêt, mais aussi inondations dévastatrices ont marqué l’épisode estival de cette année et son prolongent automnale, ces phénomènes sont-ils liés au changement climatique ?
«Changement climatique» est utilisé pour les modifications à grande échelle des climats de la terre. L’augmentation des températures sur plusieurs années modifie le climat mondial. Par exemple, lorsque les températures de l’air augmentent, celles des terres et des océans aussi.

Ce qui stimule l’évaporation qui devient plus intense et accélère le cycle de l’eau. Il y aura plus de vapeur d’eau dans l’atmosphère et forcément plus de pluie. Le terme «changement global» désigne, quant à lui, l’ensemble des modifications liées à l’action de l’homme sur son environnement. Les changements climatiques mais aussi les changements environnementaux induits. Nous sommes dans une période où de grands changements sont constatés, mais tout n’est pas forcement lié aux changements climatiques. Par exemple, malgré la hausse des températures de la surface des océans, la fréquence des cyclones tropicaux n’a pas augmenté. Pour l’Algérie, des modifications importantes ont été observées.

La hausse des températures est conforme à la tendance mondiale, mais nous avons en plus une hausse importante des températures nocturnes, ce qui se traduit par une augmentation des vagues de chaleur. Pour ce qui est de la pluie, les observations montrent que nous sortons d’une longue sécheresse climatique qui a sévi entre la fin des années 1980 et le début des années 2000. Actuellement, nous entrons dans un nouveau cycle pluviométrique plus favorable, amorcé à partir de 2003. Ce cycle est cependant marqué une grande variabilité interannuelle propre au climat méditerranéen, mais aussi par une intensification des épisodes pluvieux, ce qui par contre est une conséquence des changements climatiques.

Nous pouvons constater une augmentation des journées d’orages, une hausse des perturbations atmosphériques sévères (apportant une quantité de pluie supérieure à 30 mm en 24 h) ce qui se traduit sur le terrain par une augmentation du volume d’eau qui tombe sur les sols et qui ne peut être absorbé rapidement. L’eau, qui ne s’infiltre  pas, va finir par s’écouler et provoquer des inondations. Ces épisodes sont en augmentation dans le pays, notamment dans les zones urbaines qui se sont étalées pendant les périodes de sécheresse sur les lits et les berges des oueds asséchés qui, aujourd’hui, recommencent à couler.
 

Sommes-nous déjà dans un des scénarios élaborés par les experts. Et à propos de scénario, y en a-t-il un pour notre pays, car on ne le trouve nulle part ?

Aujourd’hui, les observations des températures dans le pays sont conformes aux scénarios élaborés par les modèles climatiques du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), on peut trouver tous les résultats sur le site de cette institution. Pour la pluie, les modèles prévoient une baisse des précipitations pour les années à venir, mais ceci n’est pas confirmé par les observations effectuées sur le terrain. En effet, les campagnes agricoles de la dernière décennie ont été remarquables et les taux de remplissage des barrages en nette augmentation. Pour l’instant, nous ne sommes pas dans le scénario annoncé.
 

Que peut d’ores et déjà faire le citoyen algérien pour se prémunir contre les rigueurs d’un monde qui risque de devenir invivable pour l’homme ?

Pour pouvoir lutter efficacement contre les conséquences des changements climatiques, le citoyen doit adopter une démarche responsable qui permet de trouver un équilibre entre ses besoins et la préservation des richesses naturelles. Cette démarche commence au sein de la cellule familiale et doit se généraliser à l’ensemble des individus qui composent la société.

C’est réduire la consommation d’électricité, utiliser les transports collectifs au lieu du transport individuel, éviter le gaspillage et utiliser avec parcimonie l’eau potable, veiller à la sauvegarde de l’environnement naturel (ne pas couper les arbres et en planter régulièrement, entretenir les espaces verts), veiller à l’équilibre des écosystèmes naturels, lutter contre toutes les formes de pollution, éduquer les générations futures au respect de l’environnement.

ZEINEDDINE NOUACEUR

Zeineddine Nouacer, de l’université de Rouen (France), est enseignant chercheur depuis 30 ans sur l’évolution du climat et les changements climatiques en Afrique subsaharienne et du Nord. Il est cofondateur du réseau de recherche Eau et climat au Maghreb, http://eau-climat-maghreb.net/. Il est l’auteur de plusieurs ouvrages et de nombreuses publications. Ses ouvrages à paraître : Atlas de la Soummam, 2017, (sous presse)
Eau et climat en Afrique du Nord, ouvrage collectif, (à paraître en 2018).
 

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