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Ouahiba Meddour-Sahar. Docteur en sciences agronomique spécialité foresterie

Le dipositif de lutte semble inadéquat

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le 27.10.17 | 12h00 Réagissez


- L’Algérie vient de commémorer la Journée nationale de l’arbre. Après un été incendiaire, comment se porte la forêt algérienne ?

La fréquence rapprochée des incendies, qui se suivent avec un intervalle de retour de moins de 10 ans, a un impact catastrophique sur la forêt algérienne (2000, 2007, 2012, 2017). Notamment, sur l’érosion des sols, la migration de la faune, la dégradation sévère des formations végétales qui peuvent ainsi disparaître totalement, laissant place au désert.

Ce qui a des répercussions directes sur l’humain par l’augmentation des températures et la diminution des ressources. Le pays doit affronter une intensité croissante du risque qui est due aussi bien à des facteurs d’origine anthropique qu’à des facteurs climatiques (plusieurs semaines de canicule). Face à ce risque, le dispositif de lutte semble inadéquat.

Les responsables du secteur considèrent que les espèces végétales méditerranéennes sont très résilientes face au feu, mais il faut ajouter que cette résilience est gravement affaiblie par la répétition des incendies. La loi portant régime général des forêts rend nécessaire la participation des différentes structures de l’Etat dans la lutte contre les feux de forêt.

A cette législation, s’ajoute une organisation bien structurée, sur le papier du moins, de groupes d’acteurs et de comités à différents échelons territoriaux. Mais la réalité est toute autre sur le terrain, souvent les forestiers et les agents de la Protection civile se retrouvent seuls. L’insuffisance des moyens en matière de personnel, d’aménagement préventif (débroussaillement notamment) et de sensibilisation aussi bien des citoyens que des responsables politiques locaux.

Sur le terrain, la répartition des centres de Protection civile relève d’une logique urbaine et leur aire d’intervention ne tient aucun compte des formes d’usage du sol dans l’espace rural. Après chaque catastrophe, on annonce des moyens supplémentaires destinés à la surveillance et à la lutte qui sont largement détaillés dans la presse. La tentation est donc grande de chercher à résoudre le problème avec des moyens spectaculaires. On ne peut atténuer ce problème que par des politiques de prévention, surtout dans l’interface forêt-habitat, et la création d’un laboratoire de recherche national dédié à la thématique incendie de forêt.

- Ce qui a été détruit par les flammes, par la dent et le béton peut-il être recouvrer ? Comment ?

Généralement, des opérations de reboisement sont préconisées, il faut bien choisir les espèces à planter et éviter les essences très inflammables.

Les opérations de reboisement ne peuvent réussir que par l’adhésion de la population locale au projet.  Les stratégies de prévention doivent être dynamiques, évoluant en fonction du contexte socioéconomique et les changements climatiques, et également adaptées aux différentes situations territoriales, en prenant en considération tous les facteurs importants, tels que la valeur de la forêt, le système administratif, le niveau territorial pour la planification, la dynamique spatiale et socioéconomique et le développement urbain.

 
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