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Gestion des déchets : Un secteur en attente d’une valorisation

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le 29.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	La gestion des déchets pourrait générer de nombreux postes d’emploi directs et indirects
La gestion des déchets pourrait générer de nombreux...

La loi relative à la gestion des déchets existe depuis 2001. Seize ans après, nos déchets ne sont ni triés ni recyclés. Pire, à la place de la mine d’or qu’ils sont censés constituer, ce sont des amas d’ordures qui ne cessent de s’amonceler. Etat des lieux.

C’est officiel, la deuxième édition du Salon international de la récupération et de la valorisation des déchets, Revade, se tiendra du 9 au 12 octobre prochain à la Safex d’Alger. La nouveauté de cette année : une réelle dimension internationale. A cet effet, Rachid Sai, directeur de l’animation et du développement de l’entreprise à la CACI, confie : «Lors de cet événement, dix entreprises coréennes seront à l’honneur.

On veillera également à renforcer la participation étrangère à ce Salon. Nous avons notamment pris attache avec les Jordaniens ou encore les Français pour leur éventuelle participation. Ces entreprises apporteront leur savoir-faire et leur expérience dans le domaine de la gestion des déchets. Par ailleurs, on donnera la possibilité aux exposants de présenter leurs nouveaux matériels.» Selon lui, ce Salon va contribuer au renforcement et au développement de ce secteur en Algérie.

Il explique : «La thématique des déchets, perçue au premier abord comme une question environnementale, devient peu à peu une question économique. Il s’agit d’une mine d’or. Si on arrive à faire du recyclage, on peut générer jusqu’à 38 milliards de dinars par an.» En effet, ce secteur est porteur de nombreux bénéfices, si son exploitation se fait correctement. Selon une récente étude, la gestion des déchets peut générer de nombreux postes d’emploi directs et indirects. 7600 emplois peuvent être créés dans la filière PET qui génère près de 350 000 tonnes/an.

Par ailleurs, des statistiques récentes montrent également qu’il y a un marché de près de 300 000 tonnes/an de déchets spéciaux (pneus, huiles usagées, batteries et déchets 3E) dont seulement 150 000 tonnes sont valorisées et exploitées. Autrement dit, tout reste à faire. Sur le terrain, et selon les mêmes statistiques, quoi que près de 16 entreprises activent dans la collecte et l’exportation des huiles usagées et près de 10 entreprises privées activent dans la récupération et la valorisation des pneus usagés, le secteur de la valorisation des déchets reste peu développé en Algérie.

Retard

C’est justement pour cette raison que de nombreuses entreprises étrangères, flairant la bonne affaire, ont manifesté leur intérêt pour réaliser des pôles industriels dans le recyclage. Compte tenu de la crise économique que traverse le pays, tous les experts s’accordent à dire qu’il est plus que temps de s’orienter vers de nouvelles sources, notamment les énergies renouvelables et la gestion des déchets, et ce ne sont pas les textes de loi qui manquent.

En effet, depuis l’entrée en vigueur de la loi relative à la gestion et à l’élimination des déchets en 2001, une quinzaine de textes d’application et un Plan national de gestion des déchets spéciaux (Pnagdes) ont été mis en place pour organiser la collecte, le transport et le traitement de ces déchets issus principalement des activités industrielles.

Mais finalement, quelles sont les raisons d’un tel retard ? Selon une étude menée dans les wilayas de Blida et de Bordj Bou Arréridj et publiée en 2015 par des experts coréens, on a relevé un manque de l’ancrage culturel de cette pratique, un faible taux de collecte avec l’insuffisance des bacs, l’irrégularité des fréquences de collecte et le manque ou la vétusté des moyens de collecte.

Toujours selon les résultats de cette même étude, menée sur trois centres d’enfouissement technique (CET) dans trois zones différentes du pays (nord, semi-aride et aride), les déchets ménagers des Algériens sont composés à 54% de déchets organiques, 10% de papier, 13% de textiles et 17% de plastique avec quelques différences entre les zones. Par ailleurs, selon une récente étude du ministère des Ressources en eau, 1400 points noirs (déchets et rejets des eaux usées confondus) qui polluent le littoral ont été recensés. Dans ces 1400 points noirs, on compte 433 rejets des eaux usées urbaines et 16 rejets industriels.

Contrairement aux déchets urbains, et pour une prise en charge effective de ces rejets, «le ministère des Ressources en eau et de l’Environnement a mis en exécution des projets structurants et prometteurs, à travers notamment la réalisation de réseaux d’assainissement longeant certains tronçons des groupements urbains côtiers, récupérant le maximum des points de rejets jetés à même les plages, à titre indicatif le grand réseau d’assainissement d’Alger qui a intercepté tous les rejets d’Alger», explique Assia Abdelaziz, chargée de communication (à l’époque). Aussi, des postes de relevage dont le rôle principal est de pomper progressivement les eaux au fil des variations topographiques du terrain vers les sites de traitement ont été mis en place.

Enfin, et selon la même source, un plan d’action d’urgence a été lancé par le ministère, dont la mission principale est l’évaluation de l’état d’exécution de la mise en place du système de prétraitement à travers la commission des établissements classés et la mise à jour du recensement des rejets du littoral. Si le traitement des eaux usées est pas mal avancé, celui des déchets urbains reste encore à la traîne. N’empêche, quelques efforts commencent à être constatés.

En effet, un centre de tri sélectif a été mis en service, en avril dernier, dans la nouvelle ville Ali Mendjeli (El Khroub), l’une des grandes agglomérations urbaines de la wilaya de Constantine. Ce centre, premier du genre dans la wilaya, est d’une capacité de traitement de 2 tonnes de déchets secs par jour, a précisé à l’APS le directeur de l’établissement de gestion urbaine de la nouvelle ville Ali Mendjeli (Eguvam), Mehdi Hini, initiateur de cette opération.

Ryma Maria Benyakoub
 
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