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Christophe martin. vice-président de Renault Trucks international

«On espère 20% de progression en Algérie»

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le 25.04.17 | 12h00 Réagissez


- Pouvez-vous nous faire un bilan de l’année dernière dans la région ?

Globalement, c’est une année relativement bonne. Renault Trucks France représente environ 40% de notre business, l’Europe 40 à 45%, et l’international (cinq sous-régions qui sont l’Algérie, le Maroc, la Turquie, l’Afrique subsaharienne et le Moyen-Orient) 15%. On vend par ailleurs quelques véhicules au Chili, en Argentine, en Chine et en Indonésie, mais ce sont des volumes assez marginaux.

2016 a été une année seulement correcte, et sur l’Algérie, elle a été plutôt bonne. Seulement correcte, car il y a eu en Turquie un marché qui s’est effondré, et je peux dire que pour ce pays, l’année 2017 sera encore une année difficile. Au Moyen-Orient, ces dernières années ont été un peu difficiles, notamment avec un marché de l’Arabie Saoudite qui s’est écroulé, un marché sur l’Iran qui reprend assez lentement.  Mais le Maroc a été pour nous un marché correct.

Les deux seuls endroits où  l’année 2016 a été la plus satisfaisante c’est l’Afrique subsaharienne et l’Algérie. Au total, on a vendu à peu près 4000 camions, ce qui donne un ordre de grandeur de 500 millions d’euros. Nos ambitions en 2017, c’est de progresser de  20 à 25%. Pour le moment, on est dans les temps, même si on évoluet dans un environnement macro-économique quand même instable. L’objectif qu’on se fixe est de croître en termes de chiffres d’affaires, mais c’est surtout d’augmenter et d’améliorer la satisfaction de nos clients.

Car nos meilleurs vendeurs ce sont nos clients. L’objectif est donc d’améliorer la satisfaction clients en offrant la bonne offre produit -on est vraiment ravis de l’offre qu’on a- en ayant une proximité au niveau de l’après-vente, de la disponibilité des pièces, mais, encore une fois, nous sommes encore une fois dépendants des aléas géopolitiques. Pour parler de l’Algérie, on a les quotas en ce moment qui nous font poser des questions sur notre possibilité d’atteindre les objectifs qu’on s’est fixés pour 2017, mais je dirais que c’est «un épiphénomène».

- Pour l’Algérie, est-ce que vous avez un objectif précis à atteindre à la fin de l’année ?

L’an dernier, on a vendu 1300 véhicules en Algérie. Et comme je viens de le souligner, au niveau international, notre objectif est de grandir de l’ordre de 20%, on pourra alors dire qu’on est dans le genre de progression  espéré sur l’Algérie. Mais dans ce pays, on s’est lancés dans un projet de montage d’une usine avec le partenaire Souakri, avec la société Soprovi. C’est vraiment un objectif important pour nous, par ce qu’on est convaincus que l’Algérie est un pays prioritaire pour le long terme.

L’envie d’investir en Algérie est de le faire bien, en accord avec ce que les autorités attendent. En revanche, on ne monte pas une usine en un mois, on ne trouve pas des collaborateurs en un mois, et puis il y a la volonté de localiser et c’est une obligation qui ne se fait pas simplement. Il faut trouver des partenaires qui soient capables de suivre nos standards qualité, même si pour tout ça on ne désespère pas d’ y arriver, je n’ai aucun doute.

Ensuite, il y a cette question de quotas, qui touche également cette année les tracteurs, ce qui n’était pas le cas l’an dernier. Evidemment, on comprend le raisonnement des autorités algériennes, mais à court terme, cela risque d’être impactant. Est-ce que les quotas vont impacter un peu nos volumes, ça peut être le cas !

- Votre objectif est toujours de croître, mais s’il faut aujourd’hui affiner votre stratégie, ce sera sur quel plan ?

Comme beaucoup d’entreprises, on essaye de raisonner en se donnant une vision sur 10 ans, sinon pour être plus précis, on raisonne sur trois ans. Si les choses se passent normalement, il ne serait pas aberrant de vendre 2500 camions en Algérie d’ici 3 ans, surtout si comme on le souhaite on arrive à monter les véhicules qu’on veut en Algérie, notamment des véhicules de moyen tonnage. Sitôt qu’on montera ces véhicules et qu’on pourra vraiment toucher la distribution et la logistique dans les villes, je suis convaincu que les volumes vont augmenter sensiblement.

Sinon, sur le plan stratégique, ce qui est important pour nous, c’est d’avoir une couverture du réseau algérien en termes de densité et de qualité des partenaires privés qui servent nos clients en service après-vente, de disponibilité de pièces de rechange et d’avoir un partenaire industriel qui soit à la hauteur au niveau des meilleurs. Donc, c’est s’appuyer sur des entrepreneurs algériens pour la distribution et pour l’assemblage, mais avec une entité qui est Renault Trucks Algérie.

- Vous dites que vous vous lancez à long terme avec cette usine. Est-ce que vous confirmez que Renault Trucks est actionnaire dans ce projet ?

Renault Trucks est actionnaire, et je vous dirais même que je suis convaincu que la meilleure façon de se protéger des aléas en Algérie, c’est de plonger pleinement dans la piscine. Le mariage avec Renault Trucks Algérie est un mariage total, un mariage qui implique de s’engager pleinement en toute fidélité et en toute confiance.

On veut réussir en Algérie et on ne peut pas le faire à moitié. Cela veut dire qu’on veut investir, former des gens, grandir avec le pays, par ce qu’on a aussi une responsabilité sociale avec Renault Trucks Algérie et son réseau de partenaires de distribution et d’industriels. On souhaite faire progresser des jeunes, embaucher des jeunes, faire progresser la sécurité sur les routes.

On a des ambitions qui vont au-delà des ambitions exclusivement économiques. Renault Trucks Algérie veut gagner de l’argent, mais ce n’est pas le seul but. On essaye toujours de raisonner avec quatre axes qui sont : notre actionnaire, nos clients et nos partenaires, nos employés et la société. On a envie de participer aux progrès algériens.

- Peut-on savoir si avec votre implantation en Algérie, vous pourriez avoir des objectifs subsahariens ?

Comme on a discuté avec Souakri, ce qu’on  envisage c’est qu’à très court terme, ce que l’on veut, c’est l’Algérie, mais il faut commencer à réfléchir à ce pays comme tête de pont pour des pays d’Afrique.

Les têtes de pont ne sont pas exclusivement sur la partie industrielle, mais je dirais qu’en termes de maturité, le groupe le plus mature et le plus professionnel que j’aie rencontré est celui de l’Algérie. Cela veut dire qu’on va développer un centre de formation en Algérie, où il n’est pas aberrant qu’on forme des gens au lieu d’aller jusqu’en France utiliser la plate-forme où on a une maquette-compagnie.

Donc, il peut y avoir de l’export à partir de l’Algérie sur d autres pays d’Afrique, mais la coopération elle est au-delà. D’ores et déjà, aujourd’hui, on essaye d’établir des échanges entre les différents pays et l’Algérie, qui est souvent un leadership, et où on avance déjà sur certains aspects.

- Est-ce qu’il y aura des sous-traitants qui vont accompagner Renault Trucks en Algérie ?

La volonté, à terme, c’est d’atteindre 40% de localisation en Algérie. Aujourd’hui, c’est impossible. La volonté est là mais je pense qu’il faut qu’on soit réaliste, on va devoir faire venir des prestataires, des fournisseurs locaux. Il faut créer un écosystème avec nos concurrents pour justifier une demande suffisante pour que des partenaires viennent s’installer.

On a commencé le travail en allant voir des fournisseurs. On a des équipes dédiées dans le groupe Volvo qui sont spécialisées là-dedans. Je ne suis pas en mesure de vous dire quels sont les fournisseurs qui vont venir, mais ce que je peux vous dire, c’est que lors de ces quelques jours passés à Marrakech on a invité quelques prestataires et fournisseurs de bennes, de carrosseries et pneumatiques, et je peux vous garantir que le marché algérien les intéresse.

Ce qu’il faut, c’est faire ensemble un produit de qualité qui réponde aux exigences des autorités, mais aussi en termes de qualité aux attentes de nos clients. Il n’est pas question pour moi d’avoir une qualité camion made in Algérie qui ne soit pas au niveau de la qualité made in France.

- Est-ce que vous avez fait votre prospection pour trouver des sous-traitants algériens ?

Je sais qu’on a une équipe et je ne vous cache pas que dans mon métier, je suis plus intéressé par le client et ma responsabilité est surtout en aval, mais je sais que le groupe Volvo en général a mandaté une équipe qui a commencé à voir des fournisseurs locaux et à travailler aussi avec des fournisseurs étrangers pour qu’ils viennent en Algérie.

Rabah Beldjenna
 
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