le 15.01.13 | 10h00 Réagissez
Il y a quelque temps, lors du journal télévisé de 20h, un journaliste constatant l’état de dégradation très avancée de la route menant de Sidi Aïssa vers M’sila, avait interviewé le directeur des travaux publics de la wilaya sur cette situation, alors que cette route avait fait l’objet de travaux relativement récents.
Quelle a été la réponse du directeur de la wilaya ? «C’est la faute aux poids lourds, très nombreux, qui empruntent cette route». Une question à zéro DA : «Etes-vous convaincu par cette réponse ?» Pour le chroniqueur profane qu’il était dans le domaine des travaux routiers, ce dernier pensait, ou croyait, que les travaux routiers se faisaient après études, et que les renforcements des routes devaient tenir compte du flux, de la circulation et de sa densité, avec une marge de tolérance de 10 à 20% en plus. En outre, très souvent, nous avons vu des câbles noirs en travers de la chaussée reliés à une boîte en bordure de l’accotement qui comptabilisait le nombre et la fréquence des véhicules sur une route donnée.
Tout récemment, Amar Ghoul, le ministre des Travaux publics, a fait une déclaration à M’sila ( ?) : «des mesures à l’effet de mettre un terme à la dégradation continue des routes». Il a fait part, dans ce contexte, de mesures répressives pour lutter contre le problème de surcharge des véhicules lourds, notamment ceux transportant des agrégats. Un phénomène souvent à l’origine de la détérioration des chaussées. Il a préconisé, à ce propos, la création de centres de pesage, en particulier dans les stations de concassage et les sablières, ainsi que davantage de fermeté de la part des services de police et de Gendarmerie nationale en charge de la sécurité routière. Maintenant, que dit la loi : art. 289 «L’immobilisation peut être prescrite lorsque le mauvais état du véhicule, son poids, sa charge par essieu, la forme, la nature, l’état et les conditions d’utilisation des bandages, la pression sur le sol ou son chargement créent un danger important pour les autres usagers de la route ou constituent une menace pour l’intégrité de la chaussée». Toutefois, seuls peuvent être retenus les dépassements du poids total autorisé ou des charges par essieu prévus aux dispositions des articles 106 à 108 ci-dessus et excédant 10%.
Art. 77 : «Sera puni d’une amende de 1500 à 5000 DA, tout conducteur qui aura emprunté certains tronçons de route rendus impropres à la circulation par suite d’intempéries ou de travaux signalés par l’implantation de signaux réglementaires et le passage sur certains ponts à charge limitée».
Art. 85 : «Sera puni d’une amende de 1500 à 5000 DA tout conducteur qui aura contrevenu aux dispositions concernant :
1 - le poids des véhicules, la nature, la forme, l’état et les conditions d’utilisation des bandages pneumatiques des véhicules à moteur ;
2- la charge maximale par essieu.
L’immobilisation du véhicule doit être prescrite…»
Donc la loi existe, il suffit juste de l’appliquer
Par le passé, existait dans chaque village ou presque, une bascule publique où les camionneurs passaient faire peser leur véhicule et son chargement, et présentaient ce document lors des barrages à toute réquisition des services de sécurité.
Puis, il y a eu des pèse-essieux mobiles que les services de sécurité transportaient à bord de véhicules et procédaient au pesage lors d’un contrôle et éventuellement prononçaient la verbalisation et l’immobilisation lorsqu’il y avait un excédent de poids. A charge par le contrevenant de décharger le surplus et louer un deuxième véhicule pour le transporter. Le problème qui se pose et qui a sa solution, c’est que les services techniques du CTTP (Contrôle technique des travaux publics) possédaient des bascules mobiles avec lesquelles ils procédaient au pesage, mais n’étant pas la force publique, ils se contentaient de faire le constat. Aussi, la solution résiderait par la mise en place de barrages mixtes, composés des services de sécurité et de techniciens pour constater et sanctionner et ainsi nos routes seraient préservées ( ?). Mais à signaler que parfois le revêtement aussi laisse à désirer.
On constate sur certains tronçons d’autoroute des ornières tracées par les roues des poids lourds (excédent de poids ou faiblesse du revêtement ?). Pour conclure, où sont les barrières de dégel ? Bien qu’en hiver ces barrières de dégel s’imposent. En fait, les connaît-on ? Connaît-on leur intérêt ? Mais surtout pourrait-on veiller à leur application au cas où ? A l’occasion du Salon international des travaux publics, nous avons eu connaissance de dispositifs récents permettant un pesage dynamique ; il s’ agit, nous citons : «La distribution du poids dans un véhicule commercial est très importante pour le besoin de savoir si un véhicule est dans les normes en matière de limite de poids requis, il est souhaitable d’utiliser des systèmes de pesage dynamique (Weigh in motion wim) qui offrent une solution simple et rapide, ne nécessitant pas l’orientation du véhicule vers une voie dédiée pour vérifier son poids.
IEM a développé un système capable d’obtenir de manière précise et fiable des données pour un véhicule en mouvement, tout en éliminant les variables découlant de l’état de la chaussée/du terrain, de la vitesse constante du véhicule et autres variables confondues limitant la réussite des approches précédentes. En utilisant des conceptions et des algorithmes de logiciel exclusif et innovant, le système de pesage dynamique d’IEM est également relativement petit et compact, capable d’être transporté et déployé sur place en tant que système fixe intégré sur la voie rapide, ou en tant que système portable pouvant être installé par deux personnes en très peu de temps. Ce système abordable fournit les données de manière commode, rapide et précise» (fin de citation).
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