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Olivier De Saint Meleuc, vice-président de Renault Trucks International

«Crise ou pas, Renault Trucks continuera à investir en Algérie»

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le 02.05.18 | 12h00 Réagissez

 
	Olivier de Saint Meleuc
Olivier de Saint Meleuc


Quels sont les objectifs que vous attendiez de ce type de journées ?

Pour moi, il y a deux choses qui sont importantes pour ces journées. La première, c’est de montrer que même si on est dans une situation difficile en Algérie, on continuera d’investir dans ce pays, à prendre soin de nos clients, à leur dire ce que pourra faire Renault Trucks pour eux, et on ne perd pas notre contact avec l’Algérie.

Deuxième élément, comme on a aussi des clients en Turquie, qui n’ont pas de camions de Renault Trucks, on veut les convaincre que c’est le bon choix pour eux. Il y a aussi beaucoup de clients qui nous font confiance depuis très longtemps et qu’on remercie.

On va leur démontrer qu’ils ont raison de nous faire confiance. On a la chance d’avoir de très beaux produits dont on est fiers et on se dit que le meilleurs moyen de prouver que nos produits sont bons c’est de les faire essayer.

C’est beaucoup plus marquant pour nos clients d’essayer nos véhicules. On a fait venir ici en Turquie des véhicules en configuration algérienne pour les essayer, que ce soit sur la route ou sur la construction. Pour moi, les meilleurs ambassadeurs qu’on peut avoir de notre belle marque ce sont nos beaux produits.   

Après «Xtrem Days» à Marrakech, où il était question de tester des camions dans des conditions extrêmes, le «Long Haul Days» à Istanbul. Cela signifie quoi ?

Effectivement, pour nos événements internationaux, on emploie des mots anglais, mais ce sont des journées des applications routières. Il faut savoir que pendant toute la semaine on reçoit, en plus de l’Algérie, le Moyen-Orient, les clients africains et les Turcs. Nos événements, «Xtrem Days», de l’an dernier, et «Long Haul», cette année, ont un sens.

On avait effectivement insisté l’an dernier sur la robustesse de nos véhicules pour des applications extrêmement dures, mais on a aussi beaucoup de clients qui nous font confiance sur nos gammes routières. Il y a des évolutions assez majeures sur nos gammes routières, notamment tout ce qui est boîtes de vitesse robotisées, pour lesquelles on doit permettre à nos clients de les essayer et de les convaincre, parce que c’est mieux pour la sécurité des chauffeurs. L’idée de ces journées sur les applications routières, c’est donc d’essayer ces nouvelles technologies qui sont d’aujourd’hui et de demain.    

Et ces gammes routières, ça représente quoi comme segment quand on parle de marché dans la région ?

Pour Renault Trucks, la gamme construction doit représenter aujourd’hui à peu près 20% de nos ventes, et en Algérie c’est la même chose. Les gammes routières sont le gros du marché

Est-ce qu’on peut avoir des détails sur l’avancement du projet de votre usine en Algérie. Votre relation avec le partenaire local reste-t-elle très forte ?

Oui, plus que jamais. On a signé ce partenariat avec les frères Souakri sur la durée. On était très contents au début de l’année 2018 d’obtenir les autorisations nécessaires pour lancer la construction de l’usine qui sera prête à la fin de l’année.

Les premiers véhicules seront disponibles à la commercialisation une fois obtenues les homologations définitives des véhicules, ce qui pourrait prendre un peu de temps, car cela ne dépend pas que de nous, mais aussi des autorités algériennes. Mais le projet avance bien, et l’usine sera prête avant la fin de l’année, et ce dont je suis convaincu, c’est qu’on aura la plus belle usine d’Algérie.

Vous arrivez avec votre usine dans un contexte de crise, notamment pour les ventes de véhicules industriels. Vous n’avez aucune crainte ?

D’abord, il y a plusieurs éléments dans votre question. La première, c’est que c’est facile quand tout se passe normalement de bien s’occuper des clients, du marché, etc. Mais, c’est un peu plus difficile quand il s’agit de prouver qu’un marché est important pour nous.

Et aujourd’hui en Algérie, certes, c’est plus difficile, mais on continue à investir dans ce pays car il est très important pour nous. Alors crise ou pas en Algérie, Renault Trucks continuera à investir en Algérie. Le deuxième élément, c’est qu’il y a un cahier des charges en Algérie qui oblige les investisseurs à répondre à certains critères, comme l’intégration locale.

C’est un cahier des charges qu’on va respecter à la lettre dans toutes ses composantes. Et cette usine, elle est la conclusion de ces deux choses. On continue à investir en Algérie, même quand le marché est un peu plus compliqué et on respecte la réglementation algérienne à la lettre.

Et dans le cadre de cette intégration locale, est-ce que Renault Trucks a déjà une idée sur les futurs sous-traitants qui pourraient intégrer l’usine dès son lancement?

Ce qui est certain, c’est qu’on va commencer avec 15% d’intégration locale, un chiffre lié à la main-d’œuvre qu’on va utiliser pour l’usine. Nous sommes allés en Algérie avec notre département achat du groupe Volvo, pour faire un constat de qui est présent sur le marché algérien, qui pourrait être sous-traitant pour nous dans notre activité industrielle. En ce moment, on est en train d’étudier et de faire le mapping des sous-traitants potentiels.

La tactique est très claire, on va d’abord intégrer en Algérie les fournisseurs qui sont déjà présents sur le territoire algérien, et on verra dans un deuxième temps quels sont les fournisseurs du groupe Volvo qui pourraient à leur tour investir en Algérie pour appuyer le projet, parce que si le taux à son début est de 15 %, il atteindra dans les prochaines années 40 à 60%. Il va donc falloir construire tout un écosystème de savoir- faire industriel autour de l’usine. Nous sommes en train de nous informer de ce qui existe, pour l’utiliser dans l’usine une fois prête.

Est-ce qu’il y a eu déjà des sous-traitants qui se sont manifestés pour vous ?

Oui, lors du Salon de la sous-traitance, il y a eu des sous-traitants locaux. Il manque encore des sous-traitants en Algérie pour répondre au cahier des charges. Je pense que ça va se construire petit à petit après. Il est important pour nous de garantir à nos clients que les véhicules qui sortiront de notre usine seront de même niveau de qualité que les véhicules qui sont assemblés en France.

On va arriver avec des experts qualité en Algérie pour l’usine afin de nous assurer que le processus de montage est au même niveau que le processus européen. Cela veut dire aussi que tous les sous-traitants, tels qu’ils seront demain en Algérie, doivent aussi respecter le cahier des charges de nos fournisseurs français de première monte.

Est-ce que le groupe Renault Trucks et Volvo seront prêts à absorber toute les pièces qui seront fabriquées localement ?  

Ca fait partie des choses qu’on est en  train d étudier. Ce sont de vraies questions compliquées et c’est vraiment dans le processus de connaissance de chacun des sous-traitants et de voir en termes de qualité et de compétitivité, etc. Cela fait partie du cahier des charges et donc ce sont des choses qu’on est en train d’ étudier, mais aujourd’hui on ne peut pas dire oui ou non et dans quelle proportion, c’est trop tôt. On traite le projet algérien au plus haut niveau de la société pour étudier toutes les pistes et sans aucun compromis dessus.     

Et pensez-vous que vos clients vont faire facilement confiance à vos produits assemblés en Algérie ?

Est-ce qu’on est confiants dans la qualité de nos futurs véhicules assemblés en Algérie? Oui. Vu l’expérience qu’on a eu dans d’autres pays qui n’ont pas forcément d’historique industriel comme l’Algérie, comme l’Arabie Saoudite et l’Iran, et où on a dû assembler des véhicules avec l’aide de nos experts, avec le même niveau de qualité qu’en France.

Ce ne sera donc pas un souci en Algérie, où on a une bonne qualité de main-d’œuvre, jeune et qualifiée. On a le savoir-faire et on mettra en place les équipes qui vont travailler sur l’intégration dans le projet algérien.

Mais, au-delà de la qualité, il y a aussi les prix…

Effectivement, le cahier des charges est assez clair à ce titre. Le fait de produire en Algérie ne doit pas imposer une hausse des prix.

A ce titre, le gouvernement algérien est cohérent dans son cahier des charges, puisqu’il accorde aux sociétés de montage des exonérations de taxes qui nous permettent de maintenir des prix pour les clients qu’on doit bien sûr respecter.

Rabah Beldjenna
 
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