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Une rentrée arlequin

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le 16.09.17 | 12h00 Réagissez


Quel été ! Même le cousin à mon père, le brave Amar – 96 ans, bon pied, bon œil et mémoire intacte – ne s’en rappelle pas de plus dur. Aussi chaud, peut-être. Mais jamais à ce point étouffant sous un ciel de ciment. Jusqu’au chant des grillons qui paraissait désespéré. Manquait plus qu’une invasion de criquets. Mais les seuls pèlerins qui ont surgi ici portaient des tenues multicolores semblables à celle de l’arlequin apparu au XVIe siècle en Italie. Selon certains auteurs, le nom de ce personnage de la Commedia dell’arte viendrait de l’arabe aghlaquin, pluriel de aghlaq (hermétique), donné au XIe siècle à certains soufis qui, vêtus de djellabas en tissus rapiécés et colorés, enseignaient la sagesse par l’humour. Allez savoir !

En dépit de la météo et des contraintes habituelles, la vie culturelle a tenté de percer le couvercle. Ci-contre, Walid Bouchakour (plus souriant que jamais) en restitue quelques moments. En congé pour ma part (mais pas en vacances car il n’y en a plus de vraies que lorsqu’on peut couper son portable), j’ai capté quelques impressions au passage. Alors que les terribles incendies qui ravageaient le pays évoquaient le grand roman de Dib, on annonçait la sortie de celui de Kamel Daoud, Zabor ou les Psaumes (Barzakh, Alger). Ne l’ayant pas encore lu, j’ai noté qu’il sortait aussi à Tunis aux éditions Cérès. Que l’on puisse envisager des coéditions régionales est un signe d’espoir modeste mais encourageant du Maghreb des Cultures. Peu après, s’annonçait la sélection aux préliminaires Goncourt et Renaudot du dernier roman de la jeune Kaouther Adimi dont les ballerines de papicha ont, semble-t-il, fait du chemin.

Autre captage : la construction d’un théâtre de plein air par l’association Tadukil du village Aït Aïssa, non loin de Cap Aokas où l’on avait enregistré pourtant au début de la saison des ondes négatives. Une arène de 700 places conçue et édifiée bénévolement par de jeunes architectes et des habitants ! C’est là une belle initiative qu’il faut applaudir. Puis, j’ai appris qu’une association nationale d’artistes aurait éclos au cœur de la canicule. En attendant d’en savoir plus, saluons ces désirs citoyens de promouvoir la culture et de sortir de l’esprit d’assistanat. Ce qui ne signifie pas qu’il faille renoncer au soutien public. Désormais bien limité, sa rationalisation et sa transparence deviennent encore plus nécessaires.

Saisis aussi au vol, des propos du dramaturge Slimane Benaïssa interviewé par Brahim Taouchichet dans Le Soir d’Algérie (09/09/17). Parlant du succès récent auprès d’un public de jeunes de sa pièce Babour Ghraq écrite il y a 34 ans, il affirmait : «… Il ne faut pas qu’ils soient coupés de ce qu’ont réalisé les générations précédentes». Oui, et les nouveaux créateurs qui clament des «ruptures» doivent savoir qu’il en va en art comme en amour : on ne peut pas rompre quand on n’a pas été lié. Pour sa part, Arts & Lettres renoue le fil de ses pérégrinations hebdomadaires. Bien à vous !

Ameziane Ferhani
 
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