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«Alger, la Mecque des révolutionnaires»

Une période unique

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le 20.05.17 | 12h00 Réagissez

Avec sa diffusion, mardi dernier en soirée, sur la chaîne franco-allemande Arte, le documentaire «Alger, la Mecque des révolutionnaires» (2017, 57’), réalisé par Mohand Ben Slama sur une idée de Amirouche Laïdi, connaît une consécration importante.

Présenté en avant-première à Paris, début février, et projeté, fin avril, à l’Institut français d’Alger, sa diffusion était restée limitée. Le premier intérêt de cette œuvre documentaire est d’avoir abordé un sujet très présent dans la mémoire populaire d’une génération mais qui, jusque-là, n’avait pas trouvé de support public. La célèbre formule reprise en titre est tirée d’une phrase d’Amilcar Cabral, créateur du PAIGC (Parti africain pour l’indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), assassiné en 1973, qui avait déclaré : «Les musulmans vont en pèlerinage à la Mecque, les chrétiens au Vatican et les mouvements de libération à Alger».

Le film relate cette période concentrée entre l’indépendance et la moitié des années soixante-dix où la capitale algérienne abritait de nombreux bureaux de mouvements de libération et d’organisations révolutionnaires diverses, allant de l’African National Congres aux Blacks Panthers. C’est une période où l’on voit notamment Che Guevara parcourir l’Algérie à l’occasion de la première célébration de l’Indépendance (1963).

Mohand Ben Slama a effectué un travail important de recherches d’archives filmiques et photographiques pour construire son film. Cette partie préparatoire a puisé sa matière de fonds présents, entre autres, en Allemagne, à Cuba, aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne, au Portugal et en Serbie. Les archives proviennent de 17 sources différentes.
Le film montre assez bien la jonction qui s’est faite entre la période de la guerre de Libération nationale menée par les Algériens et la solidarité exercée après l’indépendance à l’égard des peuples opprimés ou des courants révolutionnaires dans le monde, et pas seulement en Afrique comme on le croit souvent. Il approche aussi le rôle de la diplomatie algérienne qui poursuit ses lignes et positions développées avant 1962. Il aborde aussi le rapport entre cette effervescence politico-idéologique et l’organisation du premier Festival culturel panafricain d’Alger en 1969. Il fournit enfin quelques éléments du contexte international qui aident à situer le rôle d’Alger en ces moments : la guerre au Vietnam, le projet de Tricontinentale et une certaine radicalisation du Tiers-Monde exposé aux nouveaux enjeux des indépendances…  

Le documentaire évoque plus souvent qu’il ne décrypte, décrit plus souvent qu’il n’analyse. Mais on ne peut pas lui reprocher de ne pas développer une thèse car ce n’est pas son rôle. Son mérite est d’avoir exhumé une période qui, jusque-là, était prisonnière des souvenirs personnels ou de citations au passage. Il invite justement les chercheurs à se pencher sur cette période.
 

S. Brada
 
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