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Un slow avec la bêtise

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le 20.05.17 | 12h00 Réagissez


Au risque de choquer mes lecteurs et lectrices, mais dans le souci de préserver les règles de déontologie qui nous obligent quand même à rechercher l’objectivité, mon devoir est de me solidariser avec le chef de daïra de Bouzguen qui, selon l’association Tiewinine de la même bourgade, a interdit il y a une semaine le salon littéraire consacré à la jeune romancière Hiba Tayda. Mesure-t-on le courage qu’il a fallu pour prendre une telle décision qui prémunit la Nation d’un dangereux complot qui ne peut être qu’ourdi ? Car, n’étant pas étourdi, comme vous le savez, je me suis renseigné sur cette écrivaine que j’avais tort de ne pas connaître, ce qui, je l’avoue humblement, constitue une impardonnable faute journalistique autant qu’un manque aggravé de vigilance patriotique.

Dans le magma d’internet, je suis tombé sur un article du Soir d’Algérie écrit par mon confrère Hocine Tamou en lequel j’ai toute confiance. Remontant à l’été 2016, il est consacré au premier roman de celle qui apparaîtrait aujourd’hui comme une dangereuse activiste au service de cercles forcément occultes. Intitulé Un slow avec le destin, son brûlot sorti aux éditions Tafat (elles aussi suspectes, du moins de laisser-aller), laisse transpirer une roublardise aussi manœuvrière qu’intrigante. Qu’on en juge déjà par la présentation qu’en donne mon confrère : «C’est une belle histoire d’amour qui vous réconcilie avec la littérature imaginative». Et de poursuivre (soyez attentifs surtout) : «Hewwa (l’héroïne) a vécu un amour d’adolescence qui lui a laissé un goût de cendre».  Et de citer : «Comment faire pour abattre le mur qu’elle avait construit pour se protéger de ses sentiments pour Nassim ?»
. Et je vous épargne le reste qui, sous prétexte d’une idylle de jeunesse, doit cacher de noirs desseins. Fort heureusement, nous sommes là, ô naïfs lecteurs et lectrices qui, hélas, ne savez pas repérer une cabale susceptible d’ébranler les fondements de notre pays !

Evidemment, nous ne pouvons communiquer ici les dessous de cette affaire car s’ils passaient dessus, ils cesseraient aussitôt d’être des dessous et il n’y aurait donc plus lieu d’en parler. Mais je vous mets sur la piste : qui vous dit que Hewwa est Hewwa ; Nassim, Nassim et l’amour de l’amour ? Et même Hiba, Hiba ? Vous me suivez… Il faut considérer qu’à ce niveau d’enjeux géostratégiques politico-économiques et relativement relatifs, un certain secret doit entourer la manipulation des informations. Pour votre propre bien d’ailleurs.
Il est donc inutile de s’interroger sur la répétition des interdictions de salons littéraires dans les mêmes parages. Il vous suffit de savoir que c’est l’Année Mammeri et il semblerait que quelques admirateurs passionnés de cet auteur s’attachent à une célébration complète de sa vie et de son œuvre en tentant de rappeler à la mémoire collective l’épisode de sa conférence de 1980 qui donna lieu, comme tout un chacun ne l’ignore pas, à de grandioses réjouissances.

Ameziane Ferhani
 
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