Pages hebdo Arts et lettres
 

Etienne Dinet ou l’invention de la colonisation heureuse

Trompe-l’œil historique

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 05.05.18 | 12h00 Réagissez

Trompe-l’œil historique

Enfant de Bou Saâda, longtemps j’ai cru que les peintures d’Etienne Dinet allaient tomber dans l’oubli.

Mais les faits m’ont amplement démenti : plus les années passent, plus Dinet revient en force, les reproductions de ses œuvres ornent de nombreux bâtiments officiels et hôtels du pays, de jeunes artistes recopient à foison ses tableaux.

A Bou Saâda, Dinet est devenu le symbole-même de la «Cité du bonheur», son patronyme presque. Même en Europe, où il était considéré tout au plus comme un peintre «exotique», ses œuvres s’envolent désormais aux enchères chez Christie’s et Drouot.

Qu’est-ce qui explique la fortune et la pérennité de Dinet ? Comment ce peintre parisien a-t-il fini par incarner l’image de l’Algérie de cette époque ? Comment son œuvre, qui n’a pas marqué l’histoire de la peinture, va-t-elle influencer des générations de peintres en Algérie ? Comment est né le véritable culte que de nombreux Algériens vouent aujourd’hui au Hadj Nasreddine ? Pour répondre à ces énigmes, revenons un peu sur l’histoire du personnage…

Alphonse-Etienne Dinet est né à Paris le 28 mars 1861. Il entre à l’Ecole des beaux-arts de Paris. Il s’essaye un moment aux sujets paysans et se passionne pour la Bretagne «encore sauvage et peu explorée». Il décroche, en 1884, une bourse pour l’Algérie, où il doit suivre une équipe de naturalistes chargés de réaliser une étude sur l’anthia venator, un coléoptère rare. C’est donc grâce à cet insecte que Dinet découvre par hasard l’Algérie.  Le voyage marque le peintre, qui va effectuer d’incessants séjours dans le Sud. En 1900, il installe son premier atelier à Biskra. Cinq années plus tard, il achète une maison à Bou Saâda.

La cité où le peintre s’établit présente alors peu d’attraits. Les autorités françaises l’avaient déclarée «impropre à la colonisation». Le colonel Pein, premier chef de garnison, écrira dans ses Mémoires : «Je ne sais pas trop ce que je fais ici : le pays a peu de charmes, l’eau donne la courante. Il ne pleut jamais, la poussière nous aveugle, on grille, le chihili (vent chaud) nous étouffe, et les puces et les scorpions, agrément nouveau pour nous ! Décidément, voilà une position peu riante.» Tombée aux mains de l’armée française en 1849, après la révolte des Zaâtchas, la cité était en ruine et sa population saignée à blanc par l’armée coloniale qui, sous les ordres du colonel Daumas, l’avait contrainte à verser un impôt en burnous, tapis et haïks.

Entre 1868 et 1871, les populations algériennes, soumises depuis quarante années au feu nourri de l’armée d’Afrique, sont également décimées par la famine, le typhus et le choléra. L’Algérie perd le tiers de sa population, un million de morts. A la fin du siècle, Bou Saâda était un ksar d’environ six mille habitants. On y comptait 135 Français, 72 Maltais, Espagnols ou Italiens, 359 juifs et 5000 musulmans. Guy de Maupassant visite le ksar en 1880, il en dresse un tableau peu reluisant : «Une agglomération, un amoncellement de cubes de boue séchée au soleil.

Toutes ces huttes carrées de fange durcie sont collées les unes contre les autres, de façon à laisser seulement entre leurs lignes capricieuses des espèces de galeries étroites, les rues, semblables à ces couloirs que trace un passage régulier de bêtes. La cité entière, d’ailleurs, cette pauvre cité de terre délayée, fait songer à des constructions d’animaux quelconques, à des habitations de castors, à des travaux informés construits sans outils, avec les moyens que la nature a laissés aux créatures d’ordre inférieur.»

Après un séjour à l’hôtel Oasis, aujourd’hui en ruine, Dinet achète une maison dans le «Ksar indigène», Mouamine, à quelques encablures du quartier dit des «Ouled Naïl». Les «Naïliates» ou «filles de joie» vont devenir la principale source d’inspiration du peintre, ou, pour être plus trivial, son principal fonds de commerce. Au sujet du mythe ou de la légende des Ouled Naïl, quelques précisions s’imposent ici. 

Les Ouled Naïl étaient une confédération de plusieurs tribus dont le territoire s’étendait au moins de Bou Saâda à Laghouat. Après s’être opposés aux Ottomans, ils s’étaient illustrés aux côtés de l’Emir Abdelkader. Il est fort probable qu’à un moment de disette, les filles d’une des fractions de cette grande tribu aient été contraintes de faire commerce de leur corps pour sauver les leurs.

Il n’en fallait pas plus pour que cet «attitude dérogatoire», antérieure à la colonisation – il faut le souligner – soit transformée en tradition ancestrale libertine, voire en «prostitution sacrée» ! Le mythe des Naïliates, «prêtresses babyloniennes», «almées égyptiennes», ou «geishas des dunes», «alouettes naïves» va faire tourner plus d’une tête durant un siècle.

On retrouvera ce fantasme érotique chez Pierre Louÿs ou Simone de Beauvoir, Isabelle Eberhardt ou André Gide. Par ailleurs, le mot «Naïlia» finira par devenir un terme générique désignant toute fille publique d’où qu’elle vienne. Une métonymie de putain.

Mais dans la réalité, nous sommes bien loin des bains d’Orient d’Ingres, ou de Jean-Léon Gérôme, loin des grandes courtisanes de l’Antiquité, les Aspasie, les Phryné, les Laïs et les Glycères. Dans son Excursion à Bou Saâda,  Charles de Galland, maire d’Alger, nous brosse, en 1899, un tableau peu idyllique des maisons de ces «filles de la douceur» : «Vingt et une alvéoles s’ouvrant sur une vaste cour rectangulaire, sale et boueuse, close de grands murs, voilà les réduits où ces dames sacrifient à l’amour, simplement, sans apprêts, sans luxe, sans raffinement…

L’édifice a l’aspect d’un cloître primitif, d’une écurie et d’un caravansérail. C’est le logis où nul ne s’attarde, où rapidement on débat les prix, on conclut le marché, et d’où l’on s’éloigne les sens apaisés.»

La soumission à l’ordre colonial avait toutefois ses limites. Aucun civil français ne pouvait accéder à l’intérieur des maisons arabes, et encore moins peindre les femmes. Une anecdote, rapportée par Emile Dermenghem, illustre bien cette loi implicite des limites. Quand le tourisme a introduit la «danse nue» à Bou Saâda, les musiciens se retournaient sur leurs tabourets et jouaient le nez contre le mur pour ne pas voir ces demoiselles dans leur plus simple appareil.

Ces limites, Fromentin les avait senties à Laghouat : «Il faut regarder ce peuple à la distance où il lui convient de se montrer : les hommes de près, les femmes de loin ; la chambre à coucher et la mosquée, jamais. Décrire un appartement de femmes ou peindre les cérémonies du culte arabe, est à mon avis plus grave qu’une fraude : c’est commettre, sous le rapport de l’art, une erreur de point de vue.» Mais Dinet n’a pas le génie de Fromentin, et encore moins ses scrupules.

La fraude nourrira toute son œuvre qui se fera exclusivement entre justement la «chambre à coucher» et «la mosquée». Peu importe, si les femmes arabes sont voilées et hors de portée des hommes. Peu importe si le costume traditionnel des femmes de Bou Saâda est un drap blanc qui occulte tout le corps de la femme et ne laisse voir qu’un triangle autour de l’œil, «le bouaouina», que représente l’œuvre admirable de Paul Emile Dubois (1886–1949) : «Femme de Bou Saâda et enfant».

Dinet prendra tous ses modèles dans le quartier réservé de la ville et les fera poser nues dans la rivière, alors même que le règlement de l’administration coloniale imposait aux prostituées de ne jamais sortir de leur espace sans être entièrement voilées. Livrées, jour et nuit, aux militaires, aux touristes et aux «indigènes» souvent ivres, brûlées par l’alcool frelaté et les cigarettes, ravagées par les maladies vénériennes, les filles publiques trouvent le bonheur sur les toiles de Dinet où elles rient toutes aux éclats.

Elles batifolent à poil dans l’oued, les seins nus et droits sous le soleil des Hauts-Plateaux, la tête recouverte de couronnes d’or. Nubiles, telles des houris, elles nagent toutes dans un décor féerique fait de palmiers, de lauriers roses et de soieries. Dinet transfigure le drame du colonisé en extase et en orgasmes. Il transmue l’enfer du colonisé en paradis artificiel. Le monde de Dinet est atrocement binaire. Les femmes sont nues dans l’oued et les hommes, au regard farouche, sont en prière dans des burnous, toujours immaculés. A ses yeux, les Arabes ne triment jamais, leur vie se passe ou en orgies ou en prières dans des déserts tapissés de lauriers roses et sous des ciels pourpre et indigo.

De 1904 jusqu’à sa mort en 1929, Dinet va s’atteler à transformer le ksar de Bou Saâda, «impropre à la colonisation» en «Cité du Bonheur» dont il fera fleurir le désert en y plantant des nymphes arabes lascives et dénudées. Toile après toile, aquarelle sur aquarelle, il va déguiser l’oasis en Ibiza de son temps. Cette érotisation extrême et artistique de l’occupation et de la misère portera ses fruits en contribuant à une plus vaste entreprise : l’oasis va accueillir plus de 30 000 touristes par an à la fin des années trente, attirés par les danseuses, la palmeraie, le Moulin Ferrero et les dunes à 250 kilomètres d’Alger. Et le clou de la visite sera, bien sûr, le tombeau de l’artiste !

La «Porte du désert» n’ayant pas de terres à offrir aux colons, Dinet en spoliera à jamais les paysages. Selon sa sœur, la catholique Jeanne, Dinet s’est converti, non par spiritualité mais par sensualité à l’islam ! Elle assure que le peintre n’avait aucune culture religieuse. Son ami, Léonce Bénédite, dira que sa conversion à l’islam s’explique plus par sa fascination pour les charmes de l’Orient que pour une effusion mystique.

On peut dire que son chemin de Damas, Dinet le doit plus à la danseuse Khadra qu’à la soufie Rabéa al Adawiya. Cette conversion ne le coupera jamais de sa société d’origine et ne lui vaudra aucune mise au ban, contrairement à tant de racontars. A son enterrement, qui a réuni toutes les têtes galonnées de l’administration coloniale, Pierre Bordes, préfet d’Alger, résumera en quelques mots le parcours du peintre : «La conversion musulmane de Dinet ne touchait en rien sa foi patriotique.

De même qu’il restait Dinet tout en devenant Nasr Eddine, le grand ami de l’islam demeurait un fils de la France.» L'ex-gouverneur général, Maurice Violette, tiendra le même discours : «Dinet musulman était – vous le savez – toujours français. Pour devenir musulman, il n’avait rien eu à sacrifier de cette patrie française qui avait nourri et formé son génie».

A ces funérailles, figuraient également des représentants du culte musulman, Tayeb El Okbi, Tewfik Madani et Mustapha Kacimi, cheïkh de la zaouïa d’El Hamel et par ailleurs mon grand-père (voir photo ci-dessus).

Cependant, et contrairement à ce que l’on croit, Dinet ne sera jamais intégré dans la société citadine de Bou Saâda, il restera «le sawar rumi», soit le peintre français, et sa conversion, il préférera la faire à Alger, et non à la mosquée de Bou Saâda ou à la zaouïa d’El Hamel, si proche pourtant de la ville, et dont la mosquée, unique établissement religieux d’Algérie construit par une femme, Lella Zineb, a été outrageusement saccagée ces dernières années, tout comme l’a été le Ksar de Bou Saâda.
Il faut dire que les excentricités du peintre ne faciliteront pas son assimilation.

Selon, François Pouillon, auteur d’un excellent essai sur Dinet*, ce dernier organisait sur sa terrasse, éclairée par ses soins la nuit, des soirées de danse, avec ghaïta et bendir, animées par «des putains nues et des couples d’amoureux se livrant à des bacchanales dignes des Romains de la décadence», et ce, juste en face à la mosquée des Mouamine ! La conversion de Dinet s’expliquerait aussi par son histoire avec Slimane Ben Brahim, originaire du M’zab.

On raconte, sans possibilité de le vérifier, que le peintre a été pris un jour à partie par des juifs de la ville.  Slimane aurait volé à son secours et prit plusieurs coups de couteau. Entre les deux hommes naît aussitôt une amitié scellée à vie. Le tableau du valeureux arabe qui sauve le gentil chrétien des méchants juifs est touchant.

D’autant que l’histoire se passe en 1893, année de la condamnation de Dreyfus en France et période où l’Algérie coloniale traverse une grave crise antisémite parmi les Européens, qui verra l’élection, en 1898, d’Edouard Drumont, auteur de La France juive, comme député d’Alger.

Cet incident va changer le cours de la vie des deux hommes.

Dinet, qui ne se mariera jamais,  va partager jusqu’à sa mort son toit et sa vie avec Slimane Ben Brahim, dont il fera son collaborateur, son secrétaire, son légataire, et le co-auteur de tous les ouvrages qu’il va écrire sur La vie du Prophète, Le pèlerinage à La Mecque, ou Khadra, danseuse des Ouled Naïl.

Avant de rencontrer Dinet, Slimane Ben Brahim tenait un poulailler et œuvrait également comme laveur de linge dans l’oued. Dinet lui obtiendra les palmes académiques et même la Légion d’honneur, alors qu’il était analphabète ! C’est du moins ce que rapporte C.M. Robert dans son ouvrage La vie et l’œuvre d’Etienne Dinet : «Slimane Ben Brahim, ne savait ni lire ni écrire le français.

Et comme je lui disais ma surprise... il me précisa que son rôle se limitait simplement à lui dire sa pensée et à la lui dicter mais que la plume était Dinet». Dinet, en Midas de l’Oasis, avait le pouvoir de transformer en or tout ce que son pinceau ou sa main touchaient.

Depuis la découverte par Aude de Tocqueville des photos de Georges Gasté, on voit à quel point Dinet a fraudé avec le réel. Peintre et photographe iconoclaste, Gasté s’installe de 1894 à 1898 à Bou Saâda. Il réalise de nombreux portraits, a peint plusieurs paysages et photographie en même temps que des scènes de la vie quotidienne.

On y découvre la réalité de l’oasis alors : un désert noir traversé de sombres silhouettes, des hommes habillés en lambeaux, souvent à terre, des enfants tous pieds nus, couverts de chutes de tissu, des femmes décharnées et voilées sur des terrasses en ruine. Les photos de Gasté sont toujours prises de loin, ces ombres arabes ne se laissent pas approcher, beaucoup se couvrent le visage et même le corps quand ils voient le photographe opérer. L’oasis est un monde de boue séchée, d’oueds à sec et de steppe brûlée, de souks vides où l’on ne vend que du sel et des piments séchés. Cité du malheur, plutôt.

On réalise alors que tout l’univers de Dinet n’était qu’un mirage. Bien sûr, l’œuvre d’art n’est pas tenue de refléter le réel, mais elle ne doit pas non plus le falsifier.

Bou Saâda a connu des centaines de peintres d’Europe et d’Amérique, à qui elle a inspiré parfois des œuvres remarquables : Maxime Noiré, Edouard Verschaffelt, Albert Gabriel Rigolot, Pascal Sebah, Louis-Ernest Barrias, Charles Dufresne, Paul Elie Dubois, Henry Valensi, etc. Parmi cette pléiade, si on ne devait retenir qu’un seul nom, ce serait celui de Claude Guillaumet, qui fut l’un des premiers à traduire l’Algérie réelle dans ses tableaux (lire Arts & Lettres/El Watan du 03/02/18). Il est le peintre de la descente aux enfers du désert.

Son œuvre, «La famine», présentée au Salon de 1869 fait penser au «Radeau de la Méduse». Elle dit avec une violence et une intensité rares le désastre colonial et la spoliation des populations algériennes. C’est à Guillaumet qu’on doit également l’une des premières représentations du désert. De sa toile «Sahara», aujourd’hui au Musée d’Orsay, Théophile Gauthier dira : «Jamais l’infini du désert n’a été peint d’une façon plus simple, plus grandiose et plus émouvante».

De tous les peintres qui ont vécu en Algérie, aucun n’a laissé de trace dans l’imaginaire collectif, hormis Dinet, dont les œuvres sont les seules familières aux nouvelles générations qui ignorent tout de Van Gogh, Monet ou Picasso. On se demande aujourd’hui : est-ce le converti ou le peintre que certains vénèrent en Algérie ? Il est vrai que sa force est d’avoir fait croire que le colonialisme n’existait pas.

Chaque «indigène» qui tombe sur une toile du Hadj Nasreddine repart convaincu que ses ancêtres n’ont jamais connu l’occupation, tant les «ancêtres» sont hilares et beaux sur les tableaux.

Cette peinture de la consolation ou de la résilience subliminale fait des ravages. Dans les salons des nouveaux bourgeois, incultes, prudes et fleur bleue, on affiche, sans complexe, les reproductions des filles de joie, nues dans l’oued de Bou Saâda. Mais personne n’osera crier au scandale, car c’est l’œuvre du Hadj Nasredine qui a inventé la peinture orientaliste halal. C’est cette thérapie picturale qui explique aujourd’hui la fortune de ce peintre, dont l’œuvre est un vaste trompe-l’œil avec le réel qu’elle prétend traduire, mais aussi en porte-à-faux avec toute la révolution de la peinture de l’époque.

Dinet découvre l’orientalisme quarante ans après la mort de Delacroix et, pendant qu’il peint ses moukères et ses yaouleds dans l’oued de Bou Saâda, à Paris, Matisse, Picasso, Braque sont déjà en train de faire voler en éclat toutes les géographies et les reliefs de l’art. Peintre anachronique et exotique en diable, il sera passé à côté de l’impressionnisme, du fauvisme, du cubisme et du surréalisme !

A l’indépendance, Sénac, voyait en Dinet : «Le mélo-peintre des amours bédouines, dont l’espèce de réalisme-socialiste-du-rahat-loukoum va nous empoisonner nos cimaises pendant plusieurs décades». Quel visionnaire ! Et il est remarquable que les pionniers de la peinture moderne algérienne, les Khadda, Issiakhem, Guermaz et autres, n’aient pas été influencés par Dinet.

Ils rejetaient d’ailleurs l’orientalisme et c’est plutôt vers les expressions nouvelles et audacieuses qu’ils se tournaient.
Quelques années plus tard, Taleb Ibrahimi, ministre de la Culture, fait entrer Dinet dans le Panthéon algérien en le baptisant, toutes affaires cessantes, «Père de la peinture algérienne». Les enfants de ma génération auront autant vu à la télé Houari Boumediene qu’Etienne Dinet dont les toiles «musulmanes» ornaient les murs de la Présidence.

C’est à se demander si l’Algérie indépendante n’aurait pas consacré Louis Bertrand, père de la littérature algérienne, ou Bugeaud ou Lamoricière, pères du nationalisme algérien, si ces derniers avaient eu la bonne idée de se convertir à l’islam ? Peu importe l’art, pourvu qu’on ait la foi musulmane, telle serait la morale de la fable du Hadj Nasreddine Dinet, peintre de la «Cité du Bonheur».

 

Mohamed Kacimi

Ecrivain et dramaturge. *Cet article doit beaucoup à l’excellent essai de François Pouillon «Les deux vies d’Etienne Dinet» (Balland, 1995) épuisé et qu’il serait urgent de rééditer en Algérie.
 

Mohamed Kacimi
 
Loading...
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco
Loading...
Vidéo

vidéos

vidéos
Loading...

Suivre El Watan

FacebookFacebook       TwitterTwitter
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...