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Qu’elle nous pardonne !

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le 27.01.18 | 12h00 Réagissez

Qu’est-ce que La Casbah d’Alger ? Le noyau historique de la capitale. Une cité aux belles pages de résistance.

Un haut lieu de la mémoire culturelle. J’aime à dire que c’est avant tout l’endroit qui a donné son nom à notre pays à partir de sa toponymie originelle, El Djazaïr, et fait que nous nous nommons «Algériens» et «Algériennes» et qu’on nous désigne ainsi. Sans cela, nous nous appellerions autrement et il est probable que nous n’existerions pas en tant que tels ou pas du tout (que les historiens me pardonnent). Y avait-il rêvé, Bologhine Ibn Ziri, le grand prince sanhadji, en baptisant cette ville à la fin du premier millénaire, pendant qu’il la fondait sur les restes d’Icosium ? Elle nous a nommés et, à ce titre, elle est bien notre dénominateur commun.

Mais quel intérêt à l’affirmer ? Eh bien d’abord pour souligner – sans négliger aucun lieu historique d’Algérie – qu’au-delà de son importance patrimoniale, architecturale et culturelle, elle constitue un éminent symbole et repère. Aussi, tout ce qui peut lui arriver concerne la Nation au premier plan, bien plus, par exemple, que les aléas de la balance des paiements (que les économistes me pardonnent). D’une façon ou d’une autre, tôt ou tard, celle-ci peut être rééquilibrée tandis que la fin de La Casbah serait tout simplement une catastrophe et une perte d’âme.

Certes, la balance des paiements influe sur nos moyens et donc aussi, sur ceux mobilisables pour sauver La Casbah. Mais, aussi loin que l’on remonte, celle-ci a moins souffert d’un manque d’argent que de l’absence de volonté et d’idées, soit d’une démarche claire et consensuelle. Pourquoi a-t-on tant tergiversé, décidé sans agir, agi sans décider ou encore ni décidé ni agi ? Au point de se demander si certains n’ont n’a pas espéré qu’elle s’écroule. A un moment, par exemple, la démolition était mieux rémunérée que la restauration !
Il a fallu plus d’un demi-siècle pour que se tienne une réunion internationale d’experts (que les décideurs me pardonnent). Entre-temps, on a entendu dire que nous n’avions pas d’expertise, puis que nous en avions, puis l’inverse…

Il est donc heureux que cette rencontre ait eu lieu avec, notamment, un examen des expériences dans le monde (ci-contre). Grand progrès dans un pays où l’on a tendance à présenter des solutions boiteuses et hybrides comme originales – notre chère spécificité ! – quand l’orthodoxie est souvent plus efficace, en tout cas moins risquée, et que s’inspirer des autres n’est pas une tare. Mais une autre de nos spécificités nous guette, le jusqu’au-boutisme. Et l’on doit maintenant se garder de plaquer des solutions d’ailleurs sans adaptation.
Enfin, les recommandations des experts devraient déboucher sur un plan validé au plus haut niveau et, pourquoi pas, au cours d’un Conseil des ministres spécial. Sinon, que La Casbah nous pardonne ! Car si elle tombait totalement, notre honte ne fera pas même pitié.

Ameziane Ferhani
 
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