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Le poids du matrimoine

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le 27.05.17 | 12h00 Réagissez


Sans tambour ni trompette, le Mois du Patrimoine s’est achevé le 18 mai dernier. En ne publiant pas ne serait-ce qu’un inventaire des activités qui se sont déroulées sous ce label, le ministère de la Culture a raté l’occasion de promouvoir les efforts fournis par des musées, des maisons de la culture, des universités, des associations, des écoles et lycées, etc. Pourtant, comme chaque année, et en dépit des élections législatives qui coïncidaient avec la manifestation, d’assez nombreuses initiatives ont été prises sur l’ensemble du territoire national. Toutes ne resplendissaient pas par la teneur et la tenue. Certaines ressemblaient même à du remplissage sur le mode «célébrons pour célébrer puisqu’il faut célébrer au cas où l’on nous reprocherait de ne pas avoir célébré». Mais il y en eut d’intéressantes et de plaisantes qui méritent au moins d’être collectivement évoquées.

On oublie souvent que cette manifestation a été décidée en 1993 par les ministres de la Culture du Maghreb sur proposition des professionnels. Inscrite entre le 18 avril, Journée internationale des monuments et sites et le 18 mai, Journée internationale des musées, c’est donc une spécificité de la région. Sa finalité – la sauvegarde et la promotion des patrimoines culturels matériels et immatériels – la rend précieuse. Mais elle l’est aussi en tant que seule action maghrébine périodique, bien qu’elle ne donne pas lieu à des échanges entre pays et qu’elle soit diversement observée ici ou là. L’an prochain aura lieu sa 25e édition. Un quart de siècle consacré à des milliers d’années d’une histoire à la densité encore insoupçonnée. Au moment où l’atmosphère du Maghreb semble s’envenimer, ce socle commun doit, plus que jamais, être préservé. Quand le présent est obscur, le passé peut parfois éclairer l’avenir.

Le mot «patrimoine» vient du latin «patrimonius», soit «l’héritage du père». Dans ce sens, celui des juristes et notaires, il désigne plutôt la transmission par succession de biens matériels. Or, si l’on considère ce que représente le patrimoine culturel, on doit reconnaître qu’il est surtout matrilinéaire, comme disent les anthropologues. Dans le monde, où la famille traditionnelle demeure le modèle dominant, les femmes continuent à assurer l’essentiel de l’éducation (comme la langue maternelle) et donc la transmission des valeurs culturelles. Aussi, il serait peut-être plus juste de parler de «matrimoine».
Dans certaines sociétés, comme la nôtre, où la mère est sacralisée, ce serait une manière d’amener les nouvelles générations au respect des choses du passé. Si, mettons, un adolescent de Batna pouvait associer le site de Timgad à des images maternelles, il aurait éventuellement envie de le protéger. Aujourd’hui, quand un citoyen intervient pour empêcher une dégradation, il s’entend souvent répondre : «Pourquoi ? Ça appartient à ta mère ?». Et bien oui.
 

Ameziane Ferhani
 
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