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Patrimoine. Le musée national maritime d’Alger

L’écume du passé

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le 05.05.18 | 12h00 Réagissez

L’écume du passé

Avec 1 200 km de côtes presque rectilignes sur la Méditerranée, l’Algérie dispose d’une façade maritime exceptionnelle.

L’Etat semble prendre conscience de son importance économique avec la création récente (et tardive) d’une zone d’exploitation exclusive. De même, la dimension socioculturelle de la mer commence à se traduire par des aménagements urbains, comme aux Sablettes d’Alger, où les citoyens disposent enfin d’un large et direct accès à la mer.

L’autre aspect sensible de cet univers est lié à l’histoire. Celle de l’Algérie passe en bonne partie par son littoral et on ne peut comprendre le passé du pays sans cette donne essentielle.

Aussi le Musée public national maritime revêt une importance énorme, sinon stratégique, dans le dispositif de conservation, d’étude et de promotion du patrimoine national.

A l’occasion du Mois du patrimoine, la directrice de cette institution, Mme Amel Boukari-Mokrani, architecte qui prépare un doctorat en archéologie, option restauration, annonce que le Musée a commencé à constituer sa collection et qu’il vient de recevoir de nouveaux objets de la période antique, notamment des amphores et pièces de monnaie issues des fonds marins. Créée en 2007*, l’institution se situe dans l’Amirauté d’Alger, où elle occupe les fameuses voûtes Kheireddine sur la jetée du même nom.

Cette naissance a été rendue possible grâce au Commandement des forces navales, qui l’a mise à la disposition du ministère de la Culture et qui participe à son éclosion. Lors du lancement du projet de musée, les spécialistes ont pu constater que la Marine nationale avait préservé et entretenu l’ensemble de l’Amirauté de manière attentionnée.

En ces lieux défile toute l’histoire d’Alger et de l’Algérie, depuis le comptoir phénicien d’Ikosim à la ville romaine d’Icosium, jusqu’à la période ottomane avec la Course qui devint un facteur décisif de l’histoire de la Méditerranée et au-delà.

Entre-temps, ce moment précieux de la création par le prince Sanhadji, Bologhine Ibn Ziri, de «Djazaïr des Beni Mazghenna», en référence à la tribu berbère qui habitait l’actuelle région d’Alger et dont le nom dérive sans doute de «Imazighen».

Témoin d’une histoire fabuleuse, riche en événements, l’Amirauté est constituée de diverses constructions qui se sont imbriquées pour constituer un ensemble continu d’une grande élégance qui a pu influencer par exemple l’architecte Fernand Pouillon. Parmi eux, se trouve le mausolée de Sidi Brahim El Bahri Essalami, grand voyageur venu d’Irak avec Sidi Ouli Dada, et qui lia son destin à Alger, décédant lors de la bataille de 1529 pour libérer le Penon tenu par les Espagnols.

Aujourd’hui, le Musée public national maritime œuvre avec une équipe restreinte à préparer les meilleures conditions de son ouverture qui passe par l’achèvement de l’étude d’aménagement muséologique, la constitution d’une collection d’objets et la mise en place de son organisation.

Proche de la toute nouvelle station-musée de métro, place des Martyrs, du palais des Raïs et de l’ensemble de La Casbah, cette institution est appelée à s’intégrer dans ce périmètre historique en cours de valorisation urbaine et culturelle.

*Décret exécutif du Chef du Gouvernement, Journal officiel de la RADP n° 07-233 du 30 juillet 2007.
 

Slimane Brada
 
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