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Fronton : La vitamine C des aïeux

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le 13.01.18 | 12h00 Réagissez


En 2015, le Haut-Commissariat à l’Amazighité avait annoncé un projet d’inscription de Yennayer au patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Nous avions alors signalé que l’on ne pouvait demander à l’Unesco ce que l’on ne s’accordait pas à nous-mêmes (El Watan, A. & L, 10/01/15). Si l’Iran avait obtenu en 2009 (avec le soutien de l’Algérie) l’inscription de Norouz, fête du printemps remontant à 3000 ans, dans la liste de ce même patrimoine, c’est que même sous les ayatollah, celle-ci est restée chômée et payée, objet de grandes célébrations populaires et institutionnelles.

C’est désormais une ancienne histoire. Yennayer est enfin entré dans le calendrier des fêtes nationales. C’est là un événement d’importance que l’on aurait tort de lire uniquement d’un point de vue politique, car ses répercussions sociologiques et culturelles seront sans doute profondes. Cette tradition millénaire s’appuie sur des valeurs positives – fête, joie, travail, solidarité, espoir, générosité – dont l’expression intervient dans une saison froide et dure.

C’était la vitamine C de nos aïeux (C comme culturelle) et leur exemple n’a rien d’archaïque, car il vient déjà nous rappeler combien, sans vouloir nous renfermer, nous sommes petits de devoir manger ce que d’autres ont produit et de penser parfois pareillement. Yennayer met aussi en évidence le fait qu’aucun Etat ne peut imposer durablement une culture officielle et que l’amazighité est, tout autant que l’islam et la langue arabe, un bien indivis du peuple algérien.

Pour ce numéro spécial, nous vous proposons un article étonnant d’Ahmed-Amine Dellaï, spécialiste du melhoun,  qui a déniché un poème sur Yennayer à Cordoue sous les Almoravides (p.12) ! De l’ouvrage du sociologue Rachid Sidi Boumedine, qui s’est penché sur nos plats, non pour les déguster mais pour les interroger, nous vous donnons à lire la partie consacrée à Yennayer (ci-contre et p.15). Pour sa part, l’auteur et éditeur, Tarik Djerroud, vous livre son opinion sur l’institutionnalisation de Yennayer en tant que fête nationale (p.12 également).

Quant au peintre Nedjaï, il nous parle, photos à l’appui, de son ouvrage sur le fameux carnaval dans les monts du Snouss, près de Tlemcen (pp.13 et 14). Enfin, nous vous proposons des extraits du livre passionnant de Mustapha Bouterfa, acteur éminent du patrimoine algérien, sur Yennayer (p.16).

Il s’agissait de marquer l’événement. Une fois passé ce beau moment, il restera à défricher scientifiquement l’immense part du patrimoine amazigh que l’Algérie détient parmi d’autres pays, encourager les recherches sur tous les aspects qu’il implique ou diffuser et promouvoir celles déjà réalisées. Vaste chantier qui s’intègre dans la reconstruction de l’héritage culturel algérien. La célébration de Yennayer peut servir à motiver cet effort. Mais une fête est une fête et il convient d’en jouir et de s’en réjouir. Notamment en ces temps difficiles où le moral peut se geler.
 

Ameziane Ferhani
 
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