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Histoire. Une génération pionnière

Eternels trentenaires

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le 18.11.17 | 12h00 Réagissez

 
	Musée des beaux arts dAlger
Musée des beaux arts dAlger

Choukri Mesli était l’un des derniers représentants de la «génération de 1930», appellation basée sur le fait que les artistes logés sous cette enseigne étaient pour la plupart nés dans les années trente ou aux alentours.

On y comptait notamment les défunts Mhamed Issiakhem (1928-1985), Mohamed Khadda (1930-1991), Baya Mahieddine (1931-1998), Mohamed Louaïl (1930-2011), Mohamed Bouzid (1929-2014), Ismail Samson (1934-1988) ainsi que leurs aînés, Abdelkader Guermaz (1919-1996) et Ali Ali-Khodja (1923-2010). En dépit de leur âge, d’autres continuent plus ou moins à produire, à l’image de Bachir Yelles (1921), Ahmed Kara-Ahmed (1923), Abdallah Benanteur (1931), Mohamed Aksouh (1934) qui exposait récemment à Paris, Rezki Zerarti (1938) ou Denis Martinez (1941).

L’appellation «génération de 1930» est plutôt large et imprécise. Elle demeure cependant acceptable dans la mesure où elle n’affirme pas l’existence d’une école ou d’un courant artistique. Dans la diversité des démarches et des styles individuels, elle suggère les caractéristiques communes qui relient entre eux tous ces artistes. Le contexte d’abord.

Tous sont nés à proximité du centenaire de la colonisation (1930) avec, entre autres, la création du musée des Beaux-Arts et l’affirmation de l’école orientaliste d’Alger. Tous ont reçu une éducation souvent imprégnée des valeurs nationalistes et comme les écrivains algériens de cette époque, le combat pour l’indépendance a influencé leurs créations.

Par ailleurs, la majorité d’entre eux ont pu suivre des cursus aux Beaux-Arts d’Alger ou de Paris, mais on compte aussi des autodidactes, comme Baya, Khadda ou Zerarti qui ont dû emprunter d’autres voies de formation. Plusieurs d’entre eux (Issiakhem, Khadda, Benanteur…) ont baigné à Paris dans la dynamique artistique des années cinquante. Après les pionniers de la peinture de chevalet, cette génération d’artistes est celle qui a initié l’art moderne algérien en se basant sur les courants picturaux universels, la défense d’une identité nationale et la recherche de formules créatives individuelles.

Leur première affirmation fut le Salon de l’indépendance (13-21 juillet 1962) qui a eu lieu à Alger dans le hall de la salle Pierre Bordes (auj. Ibn Khaldoun). Organisée par le Comité pour l’Algérie Nouvelle, créée par des intellectuels et artistes, cette manifestation avait connu un immense succès malgré ses conditions matérielles étriquées. Le journaliste et écrivain Mourad Bourboune écrira alors : «Dans la diversité des talents et des expressions que nous offre cette exposition nationale, d’aucuns verront des tendances opposées, voire antagonistes. Nous, nous n’y voyons que les branches ascendantes d’un même arbre, nourries de la même sève et scrutant dans le tréfonds de cette terre retrouvée les sourdes rumeurs du passé et les appels de l’avenir.»

Pour l’histoire de l’art algérien, ces artistes, dont Choukri Mesli, resteront d’éternels trentenaires. Soit l’âge qu’ils avaient à l’indépendance.
 

Fawzi Amellal
 
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