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Alger. Exposition de Mohamed Larbi Halilou

Eclosion spirituelle

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le 16.09.17 | 12h00 Réagissez

 
	De Aïn Sefra au Palais des Raïs d’Alger...
De Aïn Sefra au Palais des Raïs d’Alger...

Il est toujours intéressant d’aller à la découverte d’une œuvre dont on ignore quasiment tout et dont l’auteur nous est inconnu. Un intérêt sans doute risqué car on peut en revenir déçu.

Pourtant, quand on aime l’art, il y a peut-être plus de plaisir à agir ainsi qu’à se rendre dans des lieux convenus où s’expriment des artistes dits confirmés. Si vous partagez ce goût de l’aventure esthétique, allez donc visiter l’exposition de Mohamed Larbi Halilou au titre pour le moins original : «Tu te crois fine particule et en toi s’est enfoui l’univers». Une phrase empruntée à Ali Ibn Abi Taleb, cousin, gendre et compagnon du Prophète Mohammed. En plaçant son travail créatif sous cette enseigne sacrée, M. L. Halilou entend exprimer la démarche qui a accompagné son exposition et qui reflète son intérêt et sa passion pour la spiritualité. Il le proclame d’ailleurs dans sa lettre de présentation : «Artistes, poètes, hommes de foi, sages, saints, savants, inventeurs, philosophes, mystiques et soufis ; ceux-là n’ont jamais cessé de dévoiler le vrai sens de la vie, hors de sa dimension quotidienne et routinière, la vie harmonieuse entre âme et esprit, et ils ont toujours essayé de rendre la vie des humains plus subtile et plus raffinée». Mais les mots d’un peintre ne peuvent qu’indiquer ses intentions, voire ses prétentions, et seules ses œuvres peuvent en attester.

Dans la magnifique maison traditionnelle où se déroule l’exposition (avec cependant un handicap d’éclairage), nous avons pu découvrir une expression plastique effectivement subtile et raffinée, combinant les éléments graphiques et calligraphiques, mêlant les encres à la plume, les gouaches et acryliques au pinceau et, enfin les collages, y compris de tissus. Cette mixité de techniques qui pourrait donner un effet de profusion ou même de saturation se développe au contraire dans une légèreté maîtrisée qui ménage avec délicatesse les formes, teintes et couleurs. Les gammes de celles-ci ne sont pas sans rappeler celles des soieries anciennes de la civilisation musulmane et les nuances imperceptibles débouchent parfois sur des bandes ou carrés exubérants d’intensité lumineuse. Le discours pictural de M. L. Halilou dégage une impression d’harmonie en accord avec la thématique qu’il s’est choisi.

Et, comme il a heureusement fait l’erreur d’intégrer quelques-unes de ses anciennes créations, plus hachées et mouvementées, on peut mesurer le chemin qu’il a parcouru ces toutes dernières années, gagnant en maturité et en originalité, puisqu’à l’évidence la sensibilité ne lui a jamais manqué. Cet enfant de Aïn Sefra installé à Naâma où il exerce comme conseiller à la direction de la culture, a étudié à l’Ecole des Beaux-arts d’Oran, puis à celle d’Alger avant d’achever son parcours académique à l’Ecole nationale des Beaux-arts de Lyon où il n’est resté qu’une année (1990). Ayant participé à plusieurs expositions collectives à travers le pays, c’est là sa deuxième exposition personnelle. Mercredi dernier, moment émouvant de simplicité, les organisateurs lui ont fait la surprise de fêter son anniversaire qui coïncidait avec le vernissage. A cinquante-deux ans, Mohamed Larbi Halilou peut être considéré comme un jeune créateur. Son beau travail exprime indéniablement une éclosion et l’on devrait reparler de lui.

* Une exposition Djenan Dzaïr organisée au Palais des Raïs (Bastion 23), du 13 au 20 septembre 2017.

Ameziane Ferhani
 
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