<?xml version="1.0" encoding="UTF-8"?>
<rss version="2.0">
   <channel>
       <title>El Watan - Enquete</title>
       <description></description>
       <lastBuildDate>Tue, 29 May 2012 03:50:21 +0100</lastBuildDate>
       <link>http://www.elwatan.com</link>
       <item>
           <title>Guerre des chiffres entre  la cnas et les hôpitaux français</title>
           <author>Fella Bouredji</author>
           <guid>http://www.elwatan.com/enquete/guerre-des-chiffres-entre-la-cnas-et-les-hopitaux-francais-18-01-2012-155323_119.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Enquete</category>
           <pubDate>Wed, 18 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 18 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Des hôpitaux français refusent, depuis quelques semaines, d’admettre les malades algériens en dépit des conventions bilatérales sur les soins de santé qui lient l’Algérie à la France depuis 1981. Le motif de ces refus ? Les impayés de la CNAS seraient de 34 millions d’euros selon la partie française, alors que seuls 430 malades ont été transférés en 2011. Le contentieux qui divise les deux parties, vieux de deux décennies, semble prendre une nouvelle tournure. En témoigne le cas très médiatisé du bébé Manil qui a dû bénéficier d’une mesure exceptionnelle pour se faire soigner en France. Qu’en est-il des milliers d’autres «Manil» pris en otages par ce contentieux ? 
	Combien coûte la vie d’un Algérien ? Une question que se posent, chaque mercredi, les six membres de la Commission médicale nationale (CMN) qui statuent sur les transferts des malades à l’étranger. Ils n’apprécieront certainement pas que leur mission soit posée en ces termes, mais c’est bien de cela qu’il s’agit. Mesurer, évaluer et peser le droit à la vie de chaque postulant. Ils analysent les dossiers des demandeurs malades, selon le risque vital que suppose leur maladie, son coût et les chances de guérison. Durant l’année 2011, 430 malades, triés sur le volet, ont été transférés à l’étranger, en France plus particulièrement au vu des conventions bilatérales sur les soins de santé qui lient les deux pays depuis 1981. Mais un vent de révolte souffle, ces dernières semaines, dans plusieurs villes du pays, sur la question de la prise en charge de nos malades à l’étranger. A l’origine, les transferts récurrents des dignitaires du régime, dont la presse fait souvent écho, mais aussi, l’affaire «Sauver le bébé Manil».

	Une page facebook a été créée il y a deux mois, pour faire connaître la détresse d’un enfant de 8 mois atteint d’une maladie rare. SCID-X ou DICS : déficit immunitaire combiné sévère lié au chromosome X. Il s’agit d’une maladie héréditaire provoquée par la transmission d’un gène défectueux de la maman aux enfants de sexe masculin, les privant ainsi de toutes leurs capacités immunitaires. Il pourrait être sauvé par une greffe de moelle osseuse dont sa sœur, Manel, âgée de 6 ans, est le seul donneur compatible. La Commission médicale nationale a donné son «OK», il y a deux mois, pour son transfert en France. La CNAS a signé la prise en charge. Seulement, les hôpitaux français ont refusé de l’admettre pour cause d’impayés de la CNAS, qui a perdu toute crédibilité à leurs yeux. Le cas du bébé Manil a connu un heureux dénouement puisque la France lui a accordé, samedi dernier, une prise en charge pour raisons «médicales humanitaires», mais en avertissant tout de même que cette exception ne doit pas «pour autant occulter la nécessité de remédier au recouvrement des créances, qui ont atteint 34 millions d’euros en 2011, de la Caisse nationale d’assurance sociale algérienne auprès des établissements de santé français», a tenu à préciser le ministère français de la Santé dans un communiqué de presse officiel. La convention relative aux soins de santé dispensés en France aux assurés sociaux algériens, entrée en vigueur en 1981, ne tient plus, apparemment. Le contentieux entre la CNAS et les hôpitaux français, qui ne date pas d’hier, prend une nouvelle tournure. Dramatique pour les milliers d’autres «Manil» non médiatisés, qui ne peuvent être soignés en Algérie.

	
	34 millions d’euros d’impayés pour seulement 340 malades !

	«Les impayés de la CNAS deviennent trop lourds», dénoncent, depuis plusieurs semaines, des responsables d’hôpitaux français, dont ceux de Lyon et de Strasbourg. La CNAS fait la sourde oreille sur la question des impayés et les accuse, à son tour, de prendre les malades algériens en otages. Pendant ce temps, le bébé Manil – qui est loin d’être seul dans ce cas-là – risquait de mourir à tout moment. Son père, Mouloud Blidi, a préféré s’en remettre à la solidarité populaire qui, d’ailleurs, lui a permis de collecter plus de 40 000 euros pour payer sa prise en charge, soit près de 20% de la somme nécessaire. La vie de Manil coûte 270 000 euros. Elan de solidarité sur facebook, en Algérie et ailleurs, pour la payer. Maintenant que la CNAS s’est engagée à payer sa prise en charge, l’argent collecté servira à la création d’une association pour le lancement d’un centre de greffe en Algérie. Bel exemple pour un si triste combat.
	Depuis, d’autres pages ont vu le jour sur facebook : «sauver Hadjira Ouazani», «sauver Dassine Tlili», «sauver le petit Ilyes», «sauver la cancéreuse de Ouargla»… Ces pages ont toutes un point commun : elles défendent la cause d’Algériens atteints de maladies rares, qui ne peuvent être soignés dans nos hôpitaux faute de moyens ou de compétences. Ils sont tous livrés à eux-mêmes et veulent, comme le bébé Manil, s’en remettre à la solidarité populaire. Une voie certes incertaine, mais la seule qui leur reste. Déjà que l’accès au fameux «OK» de la CMN a toujours été difficile à obtenir – sauf si on a un contact haut gradé capable d’un passe-droit rapide et efficace – voilà que cette question d’impayés de la CNAS vient boucher à présent toutes les issues de secours pour ces malades. Près de 40 millions d’euros de créances présentées en 2010, alors qu’elles n’étaient que d’un million en 2009, selon le Centre de liaison européen et international de la sécurité sociale (CLEISS). Une embûche qu’aucun piston ne peut désormais déjouer.

	
	Rudes négociations

	
	Cette histoire d’impayés remonte à loin dans le temps, mais jamais elle n’avait remis en question la convention ratifiée par la France et l’Algérie en 1981. Pourquoi le torchon ne brûle-t-il que cette année entre la CNAS et les hôpitaux français ? D’abord, parce que le montant des dettes n’a jamais atteint un tel seuil, mais aussi parce que les hôpitaux français, en cette période de crise, ne peuvent se permettre de badiner avec leurs euros. Et pourtant, une commission mixte algéro-française s’est réunie, à Alger, en juin 2010, pour trouver une voie d’apaisement à ce contentieux et l’Algérie a bien été obligée de régulariser ses comptes pour les années 2005 à 2008, en gage de bonne foi. Michel Dejagher, consul général de France à Alger, avait assisté à cette réunion. «C’est un contentieux épineux et les deux parties ont leurs avis et défendent leurs positions selon des arguments qui se tiennent», a-t-il déclaré. «Les Algériens accusent les hôpitaux français de surfacturation dans le sens où ils initient des bilans et d’autres soins tout en prolongeant les délais d’hospitalisation, mais le ministère français de la Santé se défend, selon l’argument d’une pratique rigoureuse de la médecine qui ne peut être édictée à distance. Les deux parties ne répondent pas à la même logique. Les uns invoquent la rigueur dans la pratique de la médecine, les autres défendent leurs intérêts financiers, ce qui peut être légitime», ajoute-t-il. Une rude négociation où personne n’a tort, ni raison…  donc ?

	
	«Les hôpitaux français veulent faire du chiffre»

	
	La guerre des chiffres entre la France et l’Algérie, sur la question des transferts de malades à l’étranger, prend actuellement en otages des centaines de malades. Une réunion franco-algérienne devrait se tenir très prochainement pour régler ce contentieux, mais les négociations s’annoncent serrées. La CNAS conteste tous les montants d’impayés révélés par les institutions françaises et parle plutôt de surfacturation, en accusant les hôpitaux français de faire «un chantage ignoble». De l’avis du professeur Bougherbal, la démarche française n’est pas tout à fait honnête. «Les hôpitaux français veulent faire du chiffre, alors ils gardent les patients plus longtemps ou prennent tout leur temps avant d’opérer le malade ; ce qui implique des factures très salées», souligne-t-il. Pourquoi ne pas se tourner vers d’autres partenaires dans ce cas-là ? «Nous avons tenté plusieurs expériences, avec la Belgique, la Jordanie (pays qui a même construit un hôpital spécialement pour accueillir les Algériens, mais en vain, ndlr), la Suisse, l’Italie, la Grande-Bretagne ; mais force est de constater que la France est un partenaire inévitable de par sa proximité.» En 2010, seules 430 personnes ont été transférées pour soins à l’étranger. Même nombre cette année. Les services consulaires de France ont délivré 1000 visas en 2011 pour soins à l’étranger, pris en charge par la CNAS, la Caisse militaire et la Caisse de sécurité de Sonatrach. Près de 60% des accords de prise en charge acceptés concernent donc les militaires et les employés de Sonatrach. Un bilan qui se passe de commentaires. D’autres chiffres intéressants dans le dernier rapport du CLEISS, dont El Watan a pu se procurer une copie, révèlent le montant exact des impayés de la CNAS de 2006 à 2010 (voir encadré), mais aussi que 90 % des créances de la France en termes de sécurité sociale, durant l’année 2010, concernent l’Algérie. Elle représente 55,4% des dettes notifiées avec 85,9 millions d’euros. Mais mieux que les chiffres et les bilans froids, la réalité du terrain parle d’elle-même.

	
	Un drame en cache toujours d’autres

	
	Des anecdotes dramatiques, ils en ont à raconter. Les médecins algériens, quels que soient leur spécialité ou leur domaine de compétence sont nombreux à s’emporter ou s’attrister dès que la question des transferts de malades à l’étranger est évoquée. «Une de mes anciennes patientes a vendu sa maison et sa voiture pour payer ses soins en France, parce que la CNAS a refusé de la prendre en charge, alors qu’on est témoin tous les jours que des pistonnés se font transférer même pour une rage de dent», raconte un réanimateur de la capitale. Un de ses confrères l’interrompt et révèle à son tour : «Une jeune fille de 17 ans est morte deux jours après que le refus de prise en charge de la CNAS lui eut été notifié, sa mère ne fera jamais son deuil.» Un autre encore évoque l’histoire de cette fillette morte, il y a quelques mois, après que la CNAS eut refusé d’accorder une prolongation de sa durée d’hospitalisation en France.
	Ces médecins, comme tant d’autres interrogés sur la question, s’offusquent des refus de la Commission qui mènent souvent au cercueil, mais ils restent tout de même catégoriques sur la nécessité d’arrêter cette politique de transferts à l’étranger pour exploiter tout cet argent «gaspillé» pour développer la médecine algérienne. «S’ils ramenaient des spécialistes de l’étranger pour soigner les pathologies qu’on ne maîtrise pas, ça coûterait moins cher et ça nous permettrait de capitaliser de la connaissance et d’initier nos médecins à de nouvelles méthodes», expliqueen s’emportant le réanimateur.

	
	Le transfert, une solution ou un problème ?

	 

	C’est bien une remise en question de tout le système de santé qu’ils revendiquent, au-delà de cette problématique d’impayés, qui cache mal une situation chaotique à tous les niveaux. L’Algérie dépense beaucoup, mais continue d’enfoncer son système de santé dans la déliquescence. En 1985, près de 12 000 malades ont été transférés à l’étranger pour soins. De 2006 à 2010, sous l’impulsion d’une «politique» censée menée à l’arrêt définitif des transferts des malades à l’étranger, en 2009, une baisse de 60% de transferts a été notée. Seulement, aucune stratégie n’a été adoptée en amont pour améliorer la prise en charge dans le pays, au-delà des effets d’annonce. Janvier 2012, dans une logique de contradiction extrême, on hésite encore entre maintien des transferts à l’étranger ou leur suppression définitive. Au cœur de cette hésitation, une génération de sacrifiés ? Cette histoire d’impayés de la CNAS aura au moins eu le mérite de lever le voile sur une problématique sanitaire d’extrême urgence. 40 millions de créances, un litige sans précédent avec les hôpitaux français et l’incapacité de dispenser des soins à des milliers de malades. Petits calculs. Avec seulement 40 millions d’euros, l’Algérie pourrait construire deux hôpitaux et deux centres de radiothérapie qui apaiseraient les souffrances de milliers de malades.

	Selon l’architecte, Halim Faïdi, un centre de radiothérapie coûterait seulement 10 millions d’euros et pourrait prendre en charge 3000 malades par an. Avec une soixantaine de centres similaires, l’Algérie pourrait traiter chaque année les 100 000 cancéreux, qu’elle compte, ce qui ne représente même pas la moitié de la facture actuelle d’importation de médicaments. Juste une question de volonté politique et de visibilité pragmatique.
	Mais le ministre de la Santé, Djamel Ould Abbès, préfère envoyer les malades atteints de cancer se faire soigner en Turquie, à raison de 8000 dollars par cure. Pourquoi autant de contradictions dans la démarche de gestion du secteur de la santé ? Incompétence ? Indifférence ? Volonté de nuire ? Des questions qui laissent perplexe, autant que la fameuse boutade du défunt professeur Mahfoud Boucebsi qui s’indignait, il y a plus de vingt ans déjà, que «l’Algérie soit le seul pays qui importe des médicaments et exporte des malades». </description>
           <enclosure url="http://www.elwatan.com/images/2012/01/17/dessin-saad-une_826266.jpg" length="22697" type="image/jpeg" title="" provider="" creator="">
</enclosure>
           <link>http://www.elwatan.com/enquete/guerre-des-chiffres-entre-la-cnas-et-les-hopitaux-francais-18-01-2012-155323_119.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>La CNAS rejette en bloc le montant des créances</title>
           <author>Djamila Kourta </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/enquete/la-cnas-rejette-en-bloc-le-montant-des-creances-18-01-2012-155326_119.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Enquete</category>
           <pubDate>Wed, 18 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 18 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Les caisses de Sécurité sociale algériennes rejettent en bloc les créances, évaluées dans un premier temps à 600 millions d’euros, puis à 30 millions d’euros pour l’année 2011 par les hôpitaux français. 
	Selon une source proche du dossier, on ne peut pas parler de créances lorsque des factures sont injustifiées. Il s’agit, par contre, d’un contentieux financier estimé à 16 millions d’euros s’étalant sur six années, de 2005 au 31 décembre 2011. Cette somme concerne un récapitulatif de factures «non justifiées» et qui sont encore impayées. «Tant que des pièces justificatives n’ont pas été fournies par ces hôpitaux, 50% de ces factures seront de toute façon rejetées car elles ne concernent pas la CNAS et n’ont rien à voir avec les prises en charge délivrées par la Sécurité sociale», nous explique notre source, avant de s’interroger sur les raisons de toute cette polémique pour évoquer des créances alors que des rendez-vous avaient été accordés à des malades algériens par des hôpitaux français, avant et après le cas du petit Manil.

	Notre source signale, par ailleurs, qu’avant les années 2000, l’Algérie honorait ses factures de manière régulière auprès des caisses primaires françaises, selon les clauses de la convention algéro-française entrée en vigueur en 1982, notamment les cas de prise en charge pour soins à l’étranger des salariés actifs en âge de travailler et avant 60 ans. Des prises en charge directes ont également été établies par la CNAS pour les autres catégories de personnes auprès des strutures hospitalières françaises. Le payement se faisait alors sur présentation de factures détaillées et sur la base d’une totale confiance mutuelle.

	«Depuis quelques années, certaines factures présentent des problèmes et nous avons exigé des explications et des documents justificatifs. Des anomalies ont été détectées par les services de la CNAS sur certaines factures. Le recouvrement est effectué sur celles qui sont justifiées (facture, copie de prise en charge, bulettin de situation), c’est-à-dire de la date d’hospitalisation à la date de sortie et celles que nous jugeons ‘nues’ sont rejetées. Si c’est cela qui est représenté comme créances pour les Français nous les rejetons en tant que telles», a-t-il ajouté en citant des exemples édifiants. Un établissement hospitalier français réclame le paiement de deux factures pour un même malade, datant du 29 janvier 2010, avec un titre de recette différent, deux montants différents pour un même séjour d’hopitalisation (du 4  au 15 janvier 2010) soit  16 749 euros  et 16 769 euros pour  la même prise en charge delivrée par la CNAS.

	«Ces deux factures sont ainsi comptabilisées comme créances», note notre source. L’hôpital Necker à Paris exige le paiement d’une facture de 27 000 euros signée par un chef de service dont le motif précisé dans le document n’est que «l’hébergement en attendant le transfert du malade vers l’Algérie». Un hôpital parisien délivre une facture de 24 000 euros après hospitalisation de 17 jours d’une fillette qui a bénéficié d’un scanner pour être par la suite renvoyée pour défaut de soins spécifiques dans cet établissement (radiothérapie). Un centre hospitalier de Lyon, quant à lui, répond clairement, en décembre 2011, à une correspondance de la CNAS exigeant les justificatifs d’une facture de 211 000 euros et un supplément de 190 487 euros pour une greffe hépatique sur un enfant qui «n’est pas en mesure de fournir des documents justificatifs. Les factures sont en attente de règlement sans pièces justifictifves à fournir de notre part.

	En l’absence de règlement, nous refuserons de prendre en charge d’autres greffes», lit-on dans le document. «Ainsi, un chantage est fait à l’Algérie», regrette-t-on. Par ailleurs, l’on apprend que les responsbales algériens de la Sécurité sociale ont saisi par écrit, officiellement, le ministre français de la Santé pour exiger des clarifications sur un contentieux qui ne représente même pas 35% du chiffre avancé. L’on déplore, par ailleurs, le silence radio du ministère algérien de la Santé sur cette question.
	 </description>
           <link>http://www.elwatan.com/enquete/la-cnas-rejette-en-bloc-le-montant-des-creances-18-01-2012-155326_119.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Démocratie, gouvernement, religion, partis, économie, citoyenneté…, Ce que pensent les Algériens</title>
           <author></author>
           <guid>http://www.elwatan.com/enquete/democratie-gouvernement-religion-partis-economie-citoyennete-ce-que-pensent-les-algeriens-17-01-2012-155218_119.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Enquete</category>
           <pubDate>Tue, 17 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 17 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	L’enquête a été faite pour le compte de Arab Barometer, un organisme de recherche constitué d’universitaires américains et de chercheurs arabes. 
	Ce type d’enquête a été réalisé dans onze autres pays arabes. Sur plus de 1000 questions posées à un échantillon de 1200 personnes, tous âges confondus, des deux sexes et de toutes catégories professionnelles, citadins et ruraux, le groupe de recherche algérien est parvenu à tirer des conclusions.

	Le rapport, entrant dans le cadre du Baromètre arabe (qui en est à sa 2e édition après celle de 2006) sera envoyé à différentes institutions, dont la Ligue arabe et l’ONU. Il est à préciser que ce groupe de chercheurs a entamé l’enquête bénévolement, de façon indépendante et n’a pas travaillé pour le compte d’une institution ou d’un organisme quelconque.  

	L’enquête s’articule autour de 7 volets, à savoir «Comment les Algériens conçoivent la situation économique» ; «L’avis et l’évaluation des Algériens sur les institutions» ; «La confiance que les Algériens leur accordent» ; «Le rôle de la femme dans la société» ; «L’Algérien et les pratiques religieuses» ; «La citoyenneté et les droits» et enfin «Le Monde arabe et les sujets internationaux vus par les Algériens».

	Cette enquête, entamée le 24 avril et close le 8 mai 2011, met en relief l’essence de ce que pensent les Algériens. Le même sondage a été effectué dans d’autres pays arabes qui ont connu des changements de régime entre autre la Tunisie et l’Egypte.

	 

	- 62% des Algériens sont insatisfaits du rendement du gouvernement 

	45% des Algériens interrogés estiment que le rendement du gouvernement est négatif et 17% disent qu’il est «catastrophique». Les Algériens pensent à 25% que le travail du gouvernement est prolifique, et 27% disent être satisfaits du rendement. «Nous constatons une crise de confiance», écrivent les chercheurs.
	 

	- 80% est corrompue

	Même si la lutte contre la corruption vient en 3e position des défis majeurs, près de 80% d’Algériens pensent qu’«elle est pratiquée dans l’administration». Les habitants du Sud-Ouest répondent par la positive à 100%, en indiquant que «ce fléau paralyse l’administration». Cependant, près de 80% d’Algériens ont la certitude que «le gouvernement lutte contre la corruption». 57% des sondés disent que «pour être employé, il faut passer par les réseaux de corruption», mais 88% d’Algériens pensent en même temps que «pour arracher un emploi, il y a un besoin de passer par les réseaux de connaissances».

	 

	- 32% n’accordent aucune confiance au Conseil des ministres

	Le rapport démontre que 32% d’Algériens n’accordent aucune confiance au Conseil des ministres. Près de 35% lui accorde «un peu de confiance» et 23% une confiance «moyenne».

	 

	- 50% n’accordent aucune confiance au Parlement

	Les chercheurs auteurs de l’enquête soulignent que 45% d’Algériens n’accordent aucune confiance au Parlement, 30% lui donnent «peu» de confiance et 15% accordent une confiance «moyenne».

	 

	- Plus de la moitié des Algériens n’accordent pas de confiance aux partis

	Près de 52% d’Algériens n’accordent «aucune confiance» aux partis politiques, 27% «peu de confiance» et 15% «une confiance moyenne». En outre, près de 30% d’Algériens n’accordent «aucune confiance» aux associations de la société civile, près de 30% «peu de confiance» et près de 30% «une confiance moyenne».

	 

	- 97% ne sont pas membres d’un parti politique

	Près de 97% d’Algériens n’adhèrent à aucun parti politique. Près de 94% ne sont pas membres d’une association caritative, 97% ne sont pas membres d’un syndicat professionnel, 92% ne sont pas membres d’une association ou d’un groupement sportif, près de 98% ne font pas partie d’une confédération tribale et 99% d’Algériens n’adhèrent pas à une association de développement local. Les rédacteurs du rapport concluent que les Algériens «ne sont pas encadrés».

	
	
	élections législatives de 2007 : réponses mitigées

	35% des Algériens ne savent pas «si les élections législatives de 2007 ont été transparentes». Ce qui démontre leur désintérêt pour les rendez-vous électoraux, notent les rédacteurs du rapport. 23% pensent que ces élections étaient «libres et transparentes avec toutefois des irrégularités secondaires» ; 13% pensent que «les élections de 2007 ont été transparentes avec des irrégularités majeures» ; près de 19% disent qu’elles n’ont été «ni transparentes ni libres». En se référant à ce sondage, seuls 33% d’Algériens ont voté contre 64% qui ne se sont pas exprimés, remarquent les enquêteurs. Dans le sud-ouest du pays, le taux d’abstention a atteint les 75%, relève-t-on.

	 

	- 60% veulent des lois respectueuses de la charia

	- Près de 60% des Algériens estiment que la religion doit régenter la vie politique et sociale, contre 21% qui s’opposent à cette idée. La moitié des interrogés disent que la religion est une affaire privée. Notons que 14% n’ont pas d’avis sur ce point.
	- 43% s’opposent à l’influence des hommes de religion sur la politique et 15% s’opposent fermement à cette idée. En parallèle, 17% des Algériens veulent de cette influence.
	- 35% des Algériens disent que le Parlement doit légiférer des lois selon les aspirations du peuple, avec 25% qui croient «fermement» à cette idée et 15% qui s’y opposent. Toutefois, 16% ne savent pas.
	- 41% d’Algériens disent que le Parlement doit légiférer des lois selon les préceptes de la charia, avec 25% qui tiennent «beaucoup» à cette vision, 10% qui s’y opposent et 15% qui ne savent pas. 34% des Algériens disent que le Parlement doit légiférer selon les aspirations du peuple pour certains sujets et selon les préceptes de la charia islamique pour d’autres. 28% sont entièrement d’accord avec cette idée ; 12% s’y opposent et 18% ne savent pas.
	- 44% des Algériens réfutent l’idée selon laquelle la démocratie n’est pas compatible avec les principes islamiques, 11% s’opposent avec «fermeté» à cette idée et 24% ne savent pas ; 13% disent le contraire.
	Les rédacteurs du rapport notent que 43% d’Algériens s’opposent à l’interférence des hommes de religion dans la politique, mais parallèlement, 60% d’entre eux disent que le Parlement doit légiférer selon les préceptes de la charia islamique.

	 

	- 81% des Algériens sont pratiquants

	Les Algériens sont pratiquants à 81%, d’après le sondage ; 60% déclarent être «moyennement pratiquants» et 21% «peu pratiquants» ; 14,5% disent être non pratiquants ; ces derniers n’observent pas le jeûne du mois de Ramadhan. Plus de 4% ont refusé de répondre à cette question sur la pratique religieuse. Les 18-25 ans disent «ne pas être pratiquants» à hauteur de 21%.
	Plus de 83% d’Algériens disent que «ne pas faire la prière est un obstacle pour marier un fils, une fille, un frère ou une sœur» ; plus de 12% disent que «ce n’est pas un obstacle».
	Près de 40% des Algériens disent que «la femme n’est pas obligée de porter le hidjab (foulard porté par les musulmanes) si elle porte une tenue respectable», contre 21% qui sont contre cette idée. A cette question, le sondage indique que les ruraux sont plus tolérants que les citadins avec près de 60% contre 48% pour les seconds. Les 18-25 ans sont encore plus tolérants avec près de 60% qui disent que la femme n’est pas dans l’obligation de porter le hidjab. Les 26-35 ans ont répondu par la positive à près de 55% et les plus de 46 ans sont d’accord à 39%.  «Ce qui montre que plus il est jeune, plus l’Algérien est tolérant», indiquent les sondeurs.

	 

	- 55% refusent que La femme soit Présidente ou Premier ministre

	55% des Algériens refusent qu’une femme devienne Présidente ou occupe la fonction de Premier ministre dans un pays musulman comme l’Algérie, contre 41% qui n’y voient «aucun inconvénient pour occuper ces deux postes importants». A cette question, l’avis des citadins et des ruraux ne diffère pas, soulignent les chercheurs. Par ailleurs, près de 60% des Algériens ne s’opposent pas à la nomination d’une femme comme magistrat, contre près de 38% qui refusent. Les sondeurs rappellent qu’il existe en Algérie des dizaines de magistrates et des femmes ministres sont nommées depuis 1982. Dans le milieu professionnel, plus de 64% des Algériens ne s’opposent au travail de la femme contre 31% .

	 

	- 53% ne croient pas vraiment en la justice

	Le rapport indique que 31% des Algériens accordent «un peu de confiance» à la justice et 35% lui accordent une confiance «moyenne»,  contre 22% qui ne lui en donnent «aucune».

	 

	- 50% doutent de la police

	35% des Algériens accordent une confiance «moyenne» en la police et 12% une «entière confiance», contre 31% «un peu» et 18% «aucune». Dans le même sillage, 22% des sondés accordent une «entière confiance à l’armée», 31% une confiance «moyenne», 25% «peu de confiance» et 18% «aucune confiance».

	 

	- 44% ne se sentent pas sécurisés

	Près de la moitié des Algériens pensent que la sécurité «leur est assurée» ainsi qu’à leur famille. Près de 5% se sentent «entièrement sécurisés», mais 35% estiment qu’il n’y a «aucune sécurité» et près de 9% disent qu’elle est «inexistante». Les habitants de l’ouest du pays ont répondu crûment : ils disent pour la plupart ne pas se «sentir en sécurité», contrairement à ceux des autres régions. En effet, dans le rapport, plus de 17% des habitants du Sud-Ouest disent «ne pas connaître la sécurité». Il en est de même pour 15% des Algériens vivant dans le Nord-Ouest.

	 

	- 34% Des femmes autorisent leur mari à prendre une deuxième épouse

	Quant au volet familial, près de 89% d’Algériens donnent «raison à la fille qui refuse un mari proposé par la famille». Près de 70% des Algériens sont «d’accord pour qu’une femme demande le divorce au même titre que l’époux». Les meneurs de l’enquête soulignent que «34% des femmes interrogées autorisent leur mari à prendre une deuxième femme dans le cadre de la loi».

	 

	- 70% ne se sentent pas sécurisés

	Près de la moitié des Algériens pensent que la sécurité «leur est assurée» ainsi qu’à leur famille. Près de 5% se sentent «entièrement sécurisés», mais 35% estiment qu’il n’y a «aucune sécurité» et près de 9% disent qu’elle est «inexistante». Les habitants de l’ouest du pays ont répondu crûment : ils disent pour la plupart ne pas se «sentir en sécurité», contrairement à ceux des autres régions. En effet, dans le rapport, plus de 17% des habitants du Sud-Ouest disent «ne pas connaître la sécurité». Il en est de même pour 15% des Algériens vivant dans le Nord-Ouest.

	 

	- 65% pensent que la situation économique est mauvaise

	Le sondage montre que 51% des Algériens estiment que la situation économique du pays est «mauvaise», près de 14% la jugent comme «très mauvaise». En revanche, près de 30% des Algériens voient la situation économique comme «bonne» et 2,5% comme «très bonne». Ceci peut expliquer, selon les chercheurs, que «la transition économique n’a pas bénéficié à la majorité des Algériens». En outre, les enquêteurs indiquent dans le rapport qu’«une personne sur trois seulement évalue positivement la situation économique du pays», tandis que «trois personnes sur quatre la considèrent comme négative». En ce qui concerne l’avenir de l’économie nationale au cours des 3 à 5 prochaines années, la moitié des Algériens interrogés sont «prudemment optimistes» et pensent, soulignent les sondeurs, que «la situation peut s’améliorer».

	La proportion de ceux qui estiment que la situation économique «serait beaucoup mieux» dépasse les 8% et 30% disent quelle serait «un peu mieux». Les chercheurs affirment «être devant une proportion d’optimistes de l’ordre de 39%, alors que ceux qui avancent des perspectives négatives pour l’économie du pays sont de 24%». Toutefois, 16% des Algériens présagent que l’économie sera encore «désastreuse» et 7% pensent qu’elle sera «catastrophique» ; 32,6% estiment en parallèle que «la situation économique du pays ne changera pas».

	Les chercheurs déduisent que «la situation économique est la première raison poussant à l’émigration» car près de 3% d’Algériens veulent «quitter le pays pour des raisons politiques», contrairement aux 10% qui ont l’intention d’«émigrer pour des raisons économiques» ; près de 55% «ne pensent pas à l’émigration» même s’ils ne sont pas satisfaits de la situation économique du pays. Le rapport montre que «plus l’Algérien avance en âge, plus son envie d’émigrer diminue». Ainsi, la situation socioéconomique est «la première raison pour quitter le pays» et «non pas le volet politique». Les femmes sont moins enclines à émigrer, contrairement aux hommes. Les ruraux pensent moins à l’émigration, ce qui n’est pas le cas de la majorité des citadins.

	 

	- 40% s’opposent au crédit bancaire

	Toujours au chapitre religion, 30% d’Algériens acceptent de contracter des crédits bancaires avec intérêts, mais 40% s’y opposent ; 22% ont répondu qu’ils n’avaient pas de réponse claire à ce sujet. Les chercheurs rappellent que les banques islamiques n’ont été au centre des débats que «ces dernières années». Dans le même registre, 48% des hommes et 30% des femmes s’opposent de manière catégorique aux crédits bancaires sur une moyenne nationale de 40%.
	Autre question, de moindre banalité : 20% d’Algériens acceptent de jouer au loto contre 48% qui refusent de le faire. Par contre 27% ont déclaré ne pas y jouer car «ils n’ont pas de chance» !

	 

	- 60% sont propriétaires de leur logement

	Près de 60% des sondés disent être propriétaire d’un logement ; 30% sont locataires et 10% sont endettés auprès des banques afin d’acquérir un logement.

	 

	- 83% Le volume de l’argent envoyé par les émigrés diminue

	83% des interrogés indiquent ne pas percevoir d’argent leur famille vivant à l’étranger ; 2% en reçoivent mensuellement ; 3% plusieurs fois dans l’année et près de 6% une fois annuellement. Ce qui montre que l’émigration économique ne joue plus le même rôle qu’auparavant, expliquent les rédacteurs du rapport.

	 

	 - 15,5% s’intéressent à la politique

	L’intérêt des Algériens pour les questions politiques est très faible, selon le sondage. Ils sont 15,5% seulement à avoir dit qu’ils s’intéressent à la politique, 3,6% à dire être très intéressés et 43,9% intéressés faiblement. Ils sont 35,6% à ne faire aucune attention à la politique. Les enquêteurs relèvent qu’avec un taux global de 25%, la région du sud-ouest du pays exprime un intérêt plus soutenu pour la politique. Plus présent dans les campagnes que dans les villes, l’intérêt pour les questions politiques concerne plus les hommes que les femmes. «Nous n’avons constaté aucun lien fort entre le niveau d’instruction et l’intérêt pour la politique», est-il constaté. Selon le sondage, 65,3% des Algériens pensent que la politique est compliquée, rendant sa compréhension difficile pour les citoyens, contre 29% qui sont d’un avis opposé. Le plus étonnant est que les Algériens suivent à 73% les informations politiques contre 24,9% qui n’accordent pas d’importance à cela. Cette attitude peut s’expliquer par le fait que suivre l’actualité politique ne signifie pas forcément intérêt marqué pour la politique elle-même.

	Un tableau permet de constater que les Algériens suivent quotidiennement l’actualité surtout à travers la télévision (35,1%) et la presse écrite (22,7%) ; la radio intervient en troisième position avec 15,2% et l’internet en quatrième avec 11,5%. La part de la presse hebdomadaire est insignifiante : 1,9%. Ils ont 20,7% à suivre l’actualité plusieurs fois par semaine à la télévision, 17,6% dans les journaux, 11,9% à internet et 11,8% à la radio. Contrairement à l’idée répandue donc, la radio, en Algérie, est un média mineur et l’internet n’est toujours pas le média de référence pour le public. Les sondés ont déclaré suivre rarement l’actualité à la radio avec
	38,2% contre 25% pour internet. Les enquêteurs ont pris soin de préciser que lors du sondage, il n’a pas été demandé aux personnes interrogées sur quelle chaîne de télévision ou de radio s’informent-elles. Idem pour les journaux.

	 

	La lutte contre la corruption, principal défi pour le Monde arabe

	Pour les Algériens, la lutte contre la corruption financière et administrative est le principal défi qui se pose pour le monde arabe. Ils sont 22,4% à le penser. En deuxième position, le renforcement de la démocratie avec 19,5%, la situation économique (pauvreté, chômage, hausse des prix) avec 18,9%, l’arrêt de l’intervention étrangère avec 14%, solutionner la question palestinienne avec 12,4%, renforcer la stabilité et la sécurité de la région avec 11,2%. Les enquêteurs sont étonnés que la question palestinienne n’intervienne qu’en cinquième position dans le classement des défis. Par ailleurs, les Algériens estiment à 15,5% que les éléments extérieurs empêchent l’évolution du monde arabe. A part presque égale, 14%, les Algériens pensent que les éléments intérieurs jouent aussi un rôle. Les plus âgés sont ceux qui défendent le plus cette idée. Mais la majorité, 54%, sont d’avis que les éléments intérieurs et extérieurs sont à l’origine des blocages que connaissent les pays arabes. Le plus étonnant est que 15% ont répondu n’avoir aucune opinion à exprimer sur cette question. Sur un autre chapitre, les Algériens sont 32% à refuser que la réforme politique soit dictée de l’extérieur, 22,6% pensent que cela nuit aux intérêts nationaux, contre 24,6% qui sont favorables à cela, mais avec des conditions et 7,5% qui ne trouvent pas d’inconvénient à ce que la réforme soit imposée de l’étranger. Cela dit, 12% se sont montrés hésitants sur ce sujet, refusant de donner leur avis.

	 

	 - 35,4% n’utilisent pas l’internet

	Des questions ont été posées sur l’usage du web. Il en ressort que les Algériens utilisent l’internet de manière quotidienne ou presque quotidienne à 32,4%, soit près d’un tiers de la population. Se connecter à la Toile ne veut donc pas dire suivre l’actualité politique. Il sont 15,4% à utiliser l’internet une fois par semaine, 8,8% une fois par mois et 7,8% plusieurs fois par an. Mais le chiffre le plus important est celui-là : 35,4% des personnes interrogées ont reconnu ne pas utiliser internet. Résultat : les deux tiers des Algériens utilisent peu ou pas internet.
	Les habitants des campagnes sont plus «branchés» sur la Toile que les citadins. Ainsi, ils sont 47% à dire qu’ils se connectent presque quotidiennement contre 27,7% pour les habitants des villes. Les citadins sont à 40,6% à ne pas user de l’internet alors que les gens des campagnes ne sont qu’à 19,1%. Naturellement, les plus jeunes, surtout les garçons, sont ceux qui se connectent le plus à la Toile avec 49,3% pour les 18-25 ans, 39,4% pour les 26-35 ans, 31,7% pour les 36-45 ans et 10,1% pour les plus de 46 ans. Le niveau d’instruction influe sur l’usage du web : les internautes universitaires dominent avec 54% contre 45,9% pour ceux de niveau secondaire. Les personnes actives sont celles qui utilisent le plus internet par rapport aux sans profession ; ces dernières sont 40,6% à ne pas se connecter au web. Les internautes utilisent la Toile pour suivre la vie politique nationale ? Peu : 17,9% seulement le font à cette fin. La majorité, 76,5%, recourent au web pour d’autres buts. Ils ne sont que 6,2% à exprimer une opinion politique sur le Net alors que 83,8% ne le font pas. «Plus les Algériens sont âgés, plus ils ont tendance à exprimer un avis politique sur internet. Seuls 12,1% s’informent sur internet sur les points de vue de l’opposition. Plus les gens sont instruits, plus la tendance à connaître l’opinion de l’opposition grandit», est-il noté.

	 

	Les deux tiers des Algériens sont pour le respect des droits humains

	55,4% des Algériens trouvent injustifiable le non-respect des droits humains pour des considérations sécuritaires, 21% justifié mais à un faible niveau et 4,1% justifié à un large niveau. Parmi les sondés, 11,3% ont répondu ne pas connaître le sujet, alors que 1,4% ont refusé de donner leurs avis. Il apparaît donc que deux Algériens sur trois estiment que le respect des droits humains passe avant les impératifs de sécurité. Par division géographique, les habitants des campagnes, qui ont le plus souffert des actes terroristes, sont plus enclins à privilégier la sécurité au détriment des droit de l’homme ; les citadins le sont moins.

	 

	 - 46,9% n’ont pas peur de critiquer le gouvernement

	Même s’ils sont partagés, les Algériens ne craignent pas de critiquer publiquement le gouvernement. Ils sont 46,9% à le penser alors que 44,3% ont avoué craindre la critique du gouvernement. Une faible proportion, 7,9%, a déclaré «ne savoir quoi dire» sur cette question. Concernant les réformes politiques, la majorité des sondés sont favorables à une démarche graduelle : 21,1% sont très d’accord, 32,4% quelque peu d’accord, 18,5% relativement contre, 12,6% opposés radicalement, 14,3% ne savent pas et 1,1% refusent de donner leur avis. Donc, en tout, 53,5% partagent l’idée d’une réforme politique par étapes.

	 

	- 36,1% estiment que la démocratie est une opportunité pour changer le gouvernement

	Quelle est la principale caractéristique de la démocratie ? 36,1% des Algériens estiment que la démocratie est une opportunité pour changer le gouvernement à travers les élections, 16 ,3% que c’est la garantie pour chaque personne d’avoir l’alimentation, le logement et l’habit, 13,1% que c’est l’éradication de la corruption financière et administrative, 10% que c’est la réduction du fossé entre riches et pauvres, 7,9% que c’est l’égalité en droits politiques entre les citoyens et… 0,2% que c’est une occasion pour les partis de jouer un rôle. En première lecture, les Algériens privilégient les aspects politiques dans la définition de la démocratie. Ils sont 64,2% à être d’accord avec l’idée que le système démocratique, malgré les problèmes qu’il peut avoir, demeure le meilleur. Ceux qui sont contre ne sont que 13,3% alors que 17,8% ont répondu «je ne sais pas».  
	Comment les Algériens pratiquent-ils leurs droits politiques ? Les enquêteurs ont voulu approfondir la thématique du rapport qu’ont les Algériens avec la démocratie et avec la défense de leurs droits. Est-il facile de faire parvenir une plainte aux responsables concernés ? 38,5% ont répondu que c’est très difficile, 28,3% difficile, 6% facile. Le plus curieux est que 18,7% ont reconnu n’avoir jamais tenté de le faire et 3,8% disent ne rien savoir sur cette question. Détaillant les réponses, les enquêteurs ont constaté que les habitants de campagne sont ceux qui ont le plus de difficulté à prendre attache avec un responsable pour une requête ; ils sont 42% à avoir reconnu cela. «Plus les Algériens sont jeunes, plus ils ont de la peine à se rapprocher des décideurs pour régler leurs problèmes. Et plus les Algériens sont instruits, plus ils sentent la difficulté de se faire écouter par un responsable», est-il relevé.

	 

	 

	Pour les algériens, les états-Unis sont le pays le plus démocratique, Israël le moins démocratique

	Les enquêteurs ont proposé aux sondés de faire un comparatif avec sept pays : l’Algérie, l’Arabie Saoudite, la Turquie, l’Iran, la Chine, Israël et les Etats-Unis. Ils devaient classer ces pays par le niveau de démocratie y existant. Israël arrive en tête des pays les moins démocratiques, suivi, dans l’ordre, de l’Arabie Saoudite, l’Algérie, l’Iran, la Chine, les Etats-Unis et la Turquie.
	Paradoxalement, les Algériens classent l’Algérie juste derrière les Etats-Unis, dans la case des pays les plus avancés sur le plan démocratique. L’Algérie est même positionnée avant Israël et la Turquie. Israël est le pays qui suscite le plus l’indifférence des personnes interrogées puisque 31,6% d’entre elles disent n’être pas intéressées par le système démocratique de l’Etat hébreu, alors que 24,5% disent ne rien connaître sur ce sujet. Plus de 7% – le nombre le plus élevé – ont refusé de répondre à une question relative à Israël. La Chine arrive en deuxième position dans le classement des pays qui «n’intéressent» pas les sondés avec 29,8% contre 29,3% pour l’Iran,  28,4% pour l’Arabie Saoudite,  28% pour la Turquie et 26,5% pour les Etats-Unis.
	Dans le même tableau et à la lumière de la réponse «je ne sais pas», l’Iran, la Turquie, la Chine et Israël paraissent  les pays les moins connus. Curieusement, ils sont 2,1% à avoir refusé de répondre à la question sur l’Algérie, alors qu’ils ne sont que 1,9% pour l’Arabie Saoudite, les Etats-Unis et la Turquie. Les enquêteurs ont relevé que le taux de personnes non intéressées par le classement des systèmes démocratiques des pays ou n’ayant aucune idée sur le sujet est élevé, dépassant
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	 

	 

	
	
	
	
	
	
	
	
	
	
	 

	 

	
	
	
	 </description>
           <enclosure url="http://www.elwatan.com/images/2012/01/16/famille2_825283.jpg" length="14731" type="image/jpeg" title="" provider="" creator="">
</enclosure>
           <link>http://www.elwatan.com/enquete/democratie-gouvernement-religion-partis-economie-citoyennete-ce-que-pensent-les-algeriens-17-01-2012-155218_119.php</link>
        </item>
        <item>
           <title>Lorsque l’administration fait dans la ségrégation…</title>
           <author>Salima Tlemçani </author>
           <guid>http://www.elwatan.com/enquete/lorsque-l-administration-fait-dans-la-segregation-05-01-2012-153640_119.php</guid>
           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Enquete</category>
           <pubDate>Thu, 05 Jan 2012 01:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 05 Jan 2012 01:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description>
	Depuis quelques années, les femmes en tenue grise, qui faisaient la fierté de la Protection civile, ont disparu des unités d’intervention. Elles ont été tout simplement retirées du terrain pour être versées dans «l’assistanat social» et les services «sédentaires». Prise par le directeur général, la décision est qualifiée de ségrégation flagrante… 
	Elles étaient partout sur le terrain, aux côtés de leurs collègues hommes, à intervenir à chaque fois qu’un appel de secours était lancé. Depuis quelques années, elles ont disparu des rangs des unités opérationnelles. Leur directeur général a estimé que les «contraintes majeures» de ce métier «sont difficilement surmontablse pour le personnel féminin, en particulier les éléments versés dans l’opérationnel» et de ce fait, il a invité ses directeurs centraux à procéder «au redéploiement de cette catégorie de personnel en fonction des tâches et missions à même de répondre le mieux à leur profil et capacités physiques et (…) permettre aux structures de tirer profit avantageusement pour les domaines ou ledit personnel excelle tout particulièrement, l’assistanat social».

	Mieux, dans cette note, n°10775, datée du 22 août 2006, adressée au titre d’information au ministre de l’Intérieur, le directeur général, Lakhdar Lahbiri, trouve que le domaine de l’assistanat dans lequel il confine les femmes est celui où «les promotions précédentes ont eu à s’illustrer par le passé, à l’occasion de la prise en charge de certains événements ou actions de portée nationale comme les campagnes de sensibilisation au titre des élections présidentielles et législatives, actions caritatives, d’écoute ou de soins au profit des populations sinistrées lors des inondations de Bab El Oued, et du séisme de Boumerdès (…) outre ce volet lié à l’activité de proximité, qu’il convient de faire endosser par ledit personnel eu égard aux pesanteurs sociologiques qui continuent d’imprégner la société, il est également indiqué de reverser les surplus d’effectifs féminins opérationnels, dont dispose vos directions, vers les services sédentaires».

	Pour le directeur général, «l’option» qu’il présente aux femmes, offre «les avantages» suivants : «libérer le personnel masculin exerçant au niveau des structures de gestion au profit des unités opérationnelles et optimiser l’utilisation des effectifs, transcender les problèmes spécifiques que pose le personnel féminin en termes d’accueil et d’hébergement du fait du régime de travail et améliorer le fonctionnement des services administratifs par l’introduction de l’élément féminin». M Lahbiri trouve que «ces éléments de réflexion justifient la nouvelle approche concernant le redéploiement du personnel féminin opérationnel». Il appelle même à «faire bénéficier les femmes d’une formation à la carte, en matière d’assistanat social  (..)». Il explique qu’en «l’absence de cadre défini», ce redéploiement «était laissé à l’appréciation des gestionnaires (…), la situation n’a pas manqué de générer une foultitude de postures hétérogènes peu avantageuses, aussi bien pour cette catégorie de personnel que pour la bonne marche des services, compte tenu des servitudes régissant la profession en termes d’aptitude physiques (l’effort physique est une donnée incontournable), le régime de travail de 24 heures d’affilée, les chocs émotionnels pouvant être occasionnés en cas ou en situation particulièrement éprouvantes».

	
	Les femmes formées en …«assistanat social»

	
	La directive du directeur général n’a fait qu’exclure un large pan d’agents et sapeurs-pompiers femme des unités opérationnelles. Une grave ségrégation qui soumet le personnel féminin à un statut inférieur à celui de leurs collègues hommes, recrutés, pourtant, avec les mêmes critères, et formé à la même école. Pourtant, ni la Constitution, ni le code du travail et encore moins tout autre réglementation en vigueur ne consacrent cette exclusion honteuse. Les victimes sont nombreuses. Elles acceptent de témoigner à condition  de ne pas être citées. Parmi elles, Aïcha, issue de ces promotions d’agents et sapeurs-pompiers. Les larmes aux yeux, elle raconte : «J’ai rejoint la Protection civile non pas pour rester dans un bureau, mais pour être sur le terrain et contribuer à réduire la souffrance des autres. Ma mise à l’écart a tué en moi toute ambition professionnelle». Recrutée en 2005 pour renforcer les unités d’intervention de la capitale, elle se retrouve aujourd’hui au service de l’action sociale, avec une bonne partie de ses collègues femmes. Sa déclaration résume parfaitement le sentiment de frustration ressenti par le personnel féminin. Arracher quelques témoignages sur cette exclusion s’est avéré être pour nous un véritable parcours du combattant. La peur de représailles fait reculer les plus téméraires.

	Elles préfèrent exprimer leur colère sous couvert de l’anonymat, «en espérant que les plus hautes autorités interviennent pour mettre fin à cette injustice». Aïcha, Nora, Saléha, Sakina, Farida et tant d’autres reviennent sur «cet épisode douloureux» qui a marqué leur vie.  «Je suis parmi les plus anciennes de ma promotion. J’ai eu à vivre des moments très difficiles durant les années noires du terrorisme. Epreuve après épreuve, je n’ai jamais ressenti la différence entre mes collègues hommes et moi-même. Nous avions les mêmes devoirs et les mêmes droits…», raconte Nora, sapeur-pompier. Ses exploits sont innombrables, révèle un de ses collègues qui l’accompagne. «Elle était à nos côtés lors du séisme de Boumerdès en 2003. Elle n’a jamais refusé ou hésité à embarquer à bord des ambulances vers des quartiers où même la journée on ne s’y aventurait pas. Elle faisait son travail tout comme ses collègues hommes, et n’a jamais demandé à être dispensée des opérations de terrain. Sa mise à l’écart, en 2007, nous a surpris. C’est vraiment dommage. Pour nous, c’est une perte», souligne-t-il. Il est capitaine de la Protection civile et exerce dans une ville du Centre du pays.

	
	Amertume et colère

	
	Il dresse une liste de dizaines de ses collègues femmes retirées des services d’intervention. Son collègue, Othmane, s’offusque : «Aujourd’hui, il n’y a pratiquement plus de femmes dans les unités. Elles sont toutes versées dans la prise en charge sociale des travailleurs. Beaucoup ne méritaient pas cette mutation. Elles se sont battues pour arracher leur place parmi les hommes dans un domaine très difficile. D’ailleurs, elles étaient les plus dévouées et les plus courageuses de nous tous». Exerçant dans une ville à l’ouest du pays, Saléha qualifie sa mutation vers l’action sociale de «choc», précisant : «Je ne m’attendais pas à une telle décision. Mon chef d’unité était très gêné lorsqu’il est venu m’annoncer la nouvelle. Il a essayé de trouver des justificatifs en me disant que le patron voulait préserver les femmes des dangers du terrain. Je suis entrée dans une colère indescriptible. Je suis rentrée chez moi et je n’ai jamais parlé de ma mutation à mes parents. Je ne voulais pas briser cette fierté qu’ils ressentaient à chaque fois que je leur racontait mes sorties sur le terrain».

	Sa collègue, Sakina, ressent la même «frustration». Les deux femmes ont fini par se résigner à «ce travail de bureau» qui a «mis fin à leurs ambitions». «Je vais tous les jours au bureau pour me rouler les pouces. Je sens que je régresse, alors que je peux beaucoup donner à mon travail que j’aime énormément. J’ai pensé à quitter pour un autre travail, mais j’ai peur de sombrer dans le chômage», note Farida, agent qui exerce dans la périphérie de Sétif. Elle affirme : «Bon nombre de mes camarades ont décidé de démissionner après avoir été retirées du terrain. C’est dommage, parce qu’elles étaient pleines de volonté, et toutes aimaient l’action. Elles ne reculaient jamais lorsqu’elles étaient appelées à intervenir pour secourir les victimes d’incendie, d’accident de la circulation, de séisme, d’attentat, etc.» Les témoignages se ressemblent tous et laissent transparaître non seulement de «l’amertume», mais aussi une «colère»  contre cette  décision de la direction générale de la Protection civile qualifiée d’ailleurs de «honteuse».

	«Le code du travail ne fait pas de distinction entre les hommes et les femmes. Celles-ci ont occupé jusque-là tous les postes réservés durant des années à leurs collègues hommes. Elles sont pilotes de chasse dans l’armée, officiers des brigades d’intervention de la police judiciaire, juges, procureurs généraux adjoints, présidentes de cour, etc., pourquoi alors les priver de soulager les souffrances des autres en leur interdisant le travail dans les structures opérationnelles de la Protection civile ? Une telle mesure constitue une flagrante violation de la loi, qui mérite une sanction», conclut Aïcha. Une piètre image que la direction générale de la Protection civile donne des droits des femmes en Algérie, au moment où le président de la République légifère pour la promotion des droits des femmes…
	 </description>
           <enclosure url="http://www.elwatan.com/images/2012/01/04/dsc-0083_808842.jpg" length="26201" type="image/jpeg" title="" provider="" creator="">
</enclosure>
           <link>http://www.elwatan.com/enquete/lorsque-l-administration-fait-dans-la-segregation-05-01-2012-153640_119.php</link>
        </item>
        </channel>
</rss>
