Edito
 

Vent de panique

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le 25.09.17 | 12h00 Réagissez


Pour la première fois depuis longtemps, l’euro a franchi la barre des 200 DA samedi dernier sur le marché noir, où la monnaie européenne a pratiquement disparu depuis, semant ainsi un vent de panique chez les opérateurs économiques et autres importateurs privés ! Cet assèchement rapide de la devise sur le marché parallèle est intervenu de manière inattendue, alors que dans le circuit officiel des changes, le dollar a atteint son plus haut niveau. Une situation inédite qui ne peut s’expliquer que par un affolement sans pareil, dans les milieux d’affaires et de l’argent, vis-à-vis de l’Exécutif actuel et de ses tergiversations en matière de décision économique.

Comment pourrait-il en être autrement, en effet, après les «aveux» du Premier ministre devant les députés, jeudi dernier, signalant qu’à la fin de ce mois d'août, l’Etat ne disposait dans ses caisses pas plus de 50 milliards de dinars en liquide au niveau de la Banque centrale ! Il n’en faut pas plus et encore moins la décision controversée de recourir à la planche à billets pour provoquer la ruée sur l’euro, devenu de par l’imprévision et l’irresponsabilité des «responsables», la valeur refuge des détenteurs de capitaux, augmentant du même coup la méfiance à l’égard du pouvoir, déjà fortement affaibli depuis la maladie du président de la République, par ses atermoiements que l’on ne compte plus et qui sont loin de compenser le déficit de légitimité et le manque de confiance grandissant des citoyens à son égard.
L’aveu de faillite du Premier ministre actuel passe mal au sein de l’opinion publique qui s’interroge, à l’instar de cette députée du RCD qui interpella Ahmed Ouyahia en séance plénière au beau milieu de son intervention pour lui demander où est passé l’argent.Mal à l’aise ce dernier s’en est tiré grâce à la réaction houleuse et intempestive des élus du RND et du FLN qui ont semé la confusion dans les travées de l’Assemblée nationale.

Un «aveu» qui cache mal l’attitude de ses prédécesseurs, de Abdelmalek Sellal, l’euphorique qui somme les services de l’Etat de ne pas être avares de ses largesses financières, fermant les yeux sur les phénomènes qui génèrent la corruption, du gaspillage à la surfacturation, leur recommandant même de ne pas empêcher «les jeunes qui veulent se marier» de pouvoir le faire avec l’argent des banques. Jusqu’au taciturne Abdelmadjid Tebboune, parti en guerre contre l’argent et la politique, les débiteurs peu respectueux de leurs engagements qui ont détourné des crédits pour acquérir palaces et autres yachts à l’étranger… Autant de pratiques passées sous silence, comme les incidences financières reléguées au chapitre «pertes et profits», leur successeur à la tête du gouvernement s’engageant à faire en cinq ans ce qui n’a pas été fait en presque deux décennies en faisant tourner la planche à billets. Si les résultats ne sont pas là dans 5 ans, ce sera encore sans doute la faute à «pas de chance», comme d’habitude, chez nous.
 

Reda Bekkat
 
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