Edito
 

Une vraie urgence

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le 08.01.18 | 12h00 Réagissez


Jour après jour, le conflit qui oppose le ministère de la Santé, donc le gouvernement, et la corporation des médecins résidents s'enlise et s'enfonce dans une préjudiciable impasse. Une voie sans issue qui met la lumière sur la crise profonde qui touche le système algérien de santé.

Le tournant pris par le boycott, depuis hier, des examens d'accès aux études médicales spécialisées — DEMS — est un développement dangereux dans ce bras de fer qui semble dépasser les deux protagonistes visibles, à savoir le ministère de la Santé et les médecins résidents. Car, si personne ne remet en cause la légitimité des protestataires en dehors du fait que personne n'est contre un service civil dans une forme plus juste et plus équitable, le ministre de la Santé, un médecin à la compétence reconnue et avérée, semble être dans l'incapacité de régler ne serait-ce qu'une partie des revendications des futurs médecins spécialistes : rien n'est dans les cordes de son département. Ni le règlement de la question des affectations — qui ne se font jamais dans la transparence —, ni le service national ne relèvent de la compétence du ministère de la Santé.

Pis, la question des rémunérations, qui fait partie du problème, relève des prérogatives du Premier ministre.
Le pays traverse, il est vrai, une crise politico-financière que personne ne peut occulter. Mais les médecins, qui font partie de la crème de la société algérienne, ne doivent pas être la dernière roue de la charrue. Assurer le service civil est un devoir, à condition que les médecins trouvent les moyens de travailler : un plateau technique adéquat, un logement, et une rémunération décente. Cela, c'est le minimum. Puis, les autorités ont la responsabilité de trouver, vite, une solution aux affectations de complaisance qui créent, comme partout, des sentiments d'injustice au sein de la corporation des médecins.

Puis, aucun homme ou femme normalement constitué ne peut comprendre comment on peut accorder des primes de logement conséquentes à des juges, des cadres de Sonatrach ou d'autres personnes appelées à travailler dans des zones éloignées, mais pas aux médecins spécialistes.

A cela, il faut ajouter le mépris que ces médecins ont subi. La sauvagerie avec laquelle certains policiers ont réprimé les manifestants, mercredi dernier, résume à elle seule l'unique réponse que les autorités savent donner lorsque des Algériens crient leur colère. Au lieu d'ouvrir un vrai dialogue, le pouvoir a utilisé la matraque. Toute autre discussion devient, dès lors, inutile, contreproductive. La solution est donc entre les mains des autorités qui doivent réparer cette injustice.

Ali Boukhlef
 
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