Edito
 

Une balle dans le pied…

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le 10.07.17 | 12h00 Réagissez


L’action mise en avant par le gouvernement pour faire face à la crise s’apparente davantage à une litanie de tentatives pour parer au plus urgent, qu’à une véritable stratégie économique, adossée à une vision pragmatique et de long terme. De fait, aussi bien pour la démarche prônée en vue de refonder le modèle de croissance que pour la nouvelle politique monétaire censée lui servir de socle, la façon dont procède l’Exécutif paraît ne guère tenir compte des exigences cruciales d’effectualité, ni même d’un quelconque critère objectif de priorisation des actions et des finalités à atteindre.

De la feuille de route adoptée en 2016 et portant nouveau modèle de croissance, au nouveau plan d’actions du gouvernement, cautionné tout récemment par le Parlement, la littérature économique suggérée pour les années à venir se résume en une énumération prétentieuse de performances à atteindre, sans la moindre cohérence générale et sans aucun mode opératoire clairement décliné. Un déficit budgétaire à diviser par deux, des recettes fiscales à faire progresser de 11%, une croissance et des exportations hors hydrocarbures à doubler ou à tripler et autant d’autres objectifs désormais assignés à la nouvelle politique économique, sans savoir par quel bout et selon quel ordre de priorités sera ciblé un tel magma de performances, parfois inconciliables dans leur mise en œuvre. Un constat d’ailleurs si bien mis en évidence par le propos du gouverneur de la Banque centrale, dont l’institution est pour ainsi dire mise sous pression de continuer à remplir sa mission de stabilisation monétaire, tout en favorisant pleinement le financement de la croissance à travers un rythme avenant de crédits à l’économie.

«Un véritable défi pour la Banque d’Algérie», commentait ainsi le gouverneur, en rappelant au passage que le niveau global de la liquidité bancaire a rétréci de 67% en à peine deux ans et que l’inflation reste encore loin d’être contenue à des proportions économiquement supportables. Sommée de libérer les financements bancaires tout en étant tenue de veiller aux équilibres monétaires et financiers, la Banque centrale semble en définitive comme incitée à recourir tôt ou tard à la planche à billets, sans quoi elle ne pourrait satisfaire aux exigences pressantes de la nouvelle politique du gouvernement. A ce registre comme à d’autres, les objectifs économiques décrétés risquent assurément de se chevaucher, voire de se télescoper, tant les priorités ne sont guère hiérarchisées et le cap pas assez clairement défini. En courant à la fois un maintien du rythme des crédits à l’économie et une maîtrise de l’inflation, la sauvegarde d’un budget social généreux et un réaménagement des subventions et, surtout, une aggravation de la pression fiscale sans un frein tangible à la fraude et à l’informel, l’Exécutif ne ferait au final que se tirer encore une balle dans le pied…

Akli Rezouali
 
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