Edito
 

Un scrutin plombé

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le 09.01.18 | 12h00 Réagissez


Le système politique algérien, bâti sur l’unicité de la pensée et le pouvoir personnel, ne fait pas dans la dentelle pour neutraliser ses adversaires et toutes vélléités de changement et d’alternance exprimées et assumées publiquement par l’opposition ou dans le secret et le confort de l’anonymat par des voix en off dans les allées du pouvoir.

L’absence de débat et de pré-campagne électorale dans la perspective de la prochaine élection présidentielle qui approche à grands pas est le signe patent d’une volonté politique de verrouiller cette importante échéance électorale pour se prémunir contre toute mauvaise surprise qui pourrait remettre en cause les équilibres du pouvoir en place.

L’argument de l’éloignement de la date du scrutin et d’un mandat qui court toujours jusqu’en 2019 avec à sa tête un Président en exercice, même dans les conditions de santé que l’on sait invoquées par les cercles du pouvoir pour répondre aux partisans de l’alternance, ne rencontre pas un large écho au sein de l’opinion et dans la classe politique, y compris au sein du pouvoir.

La conjoncture de crise structurelle et durable dans laquelle le pays s’installe et l’état de santé de Bouteflika qui l’astreint à une fin de règne poussive ont achevé de convaincre même de fidèles supporters du chef de l’Etat qu’un cinquième mandat n’est pas souhaitable. Ni politiquement parlant après un aussi long règne au moment où l’on assiste dans le monde à la disparition des derniers bastions des régimes autocratiques, ni humainement quand on voit les difficultés du Président à terminer son mandat en cours.

Quand on analyse bien les déclarations très diplomatiques de certaines personnalités proches du cercle présidentiel sur le prochain scrutin, comme celle du Premier ministre, Ahmed Ouyahia, qui s’interdit, ne cesse-t-il de répéter, de se lancer dans la course électorale si Bouteflika décide de rempiler pour un nouveau bail, on mesure toute la frustration et les ambitions brisées de certains hommes politiques du sérail qui pensent avoir un destin national et dont les plans sont éternellement contrariés par les décideurs.

En privé, de nombreuses personnalités en poste ou ayant occupé des responsabilités gouvernementales ou institutionnelles n’hésitent pas à produire un autre discours de raison sur la nécessité de l’alternance et du changement démocratique qui n’est pas très éloigné des thèses de l’opposition. L’Algérie est-elle donc historiquement condamnée à vivre avec cette tare politique qui consiste à croire en l’homme providentiel contre lequel toutes les ambitions, même les plus saines, sont fatalement vouées à se briser ?

On est passé de la sacralisation de la candidature unique au serment de ne pas se présenter contre une candidature de l’armée pour terminer avec le soutien à une présidence à vie ! Cette équation complexe a complètement plombé la vie politique dans le pays et tétanisé le personnel politique aussi bien de l’opposition que les hommes du sérail qui n’ont d’autre choix pour survivre politiquement que la posture de l’allégeance.

La caricature de la pratique politique en Algérie a été poussée à un stade tel que l’on en est arrivé à lancer une pétition nationale pour soutenir la candidature d’un homme politique respectable, en l’occurrence celle de l’ancien chef de gouvernement Mouloud Hamrouche, qui n’avait pas besoin d’une tenue de camouflage pour se positionner au prochain scrutin.

 

Omar Berbiche
 
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