Edito
 

Un scandale à l’odeur de soufre

Taille du texte normaleAgrandir la taille du texte

le 01.06.17 | 12h00 Réagissez


Le scandale du prétendu mégacontrat de projet de phosphate, conclu entre l’Algérie et une entreprise saoudienne présentée comme un des leaders mondiaux dans le domaine, s’ajoute à la longue liste des arnaques et projets fumeux et virtuels à mettre au discrédit des politiques et des «sherpas» qui ont négocié ces marchés. Cette dernière fumisterie renseigne sur la légèreté avec laquelle sont conclus certains contrats, stratégiques,  au demeurant, comme celui du secteur des mines, que l’on sait a fortiori épuisables et non renouvelables.

Comment se peut-il qu'avec l’expertise acquise par les cadres algériens, l’apport précieux des nouvelles technologies de la communication rendant accessibles, à l’échelle de la planète, tous les flux d’informations en circulation sur le monde des affaires, le concours de notre appareil diplomatique qui est censé jouer le rôle de lien dans les opérations de commerce extérieur et d’interface pour une meilleure connaissance des partenaires étrangers, une telle escroquerie a pu arriver ?

L’ancien ministre de l’Industrie et des Mines, M. Bouchouareb, qui se vantait de faire entrer l’Algérie dans le gotha des pays producteurs et exportateurs de phosphate devant les caméras de la télévision au côté de son homologue saoudien lors de la cérémonie de signature de ce contrat de la honte, qu’il traînera comme un boulet, n’a pas réagi à cette forfaiture.

Le gouvernement sortant, à sa tête le Premier ministre, Abdelmalek Sellal, et lui en tant que premier responsable du secteur, sont sommés de rendre des comptes sur ce marché de dupes qui trahit un amateurisme et une incompétence incompatibles avec la responsabilité occupée. Au-delà du préjudice causé à l’Algérie et au développement de ce secteur qui a certainement perdu des opportunités d’investissements plus crédibles et plus avantageuses au profit de l’entreprise-mirage saoudienne, c’est la crédibilité du pays, de ses institutions qui en prend un coup. Pour oser un tour de passe-passe pareil, c’est que le «partenaire» étranger était convaincu que l’Algérie était un no man’s land, où il n’y a ni Etat, ni gouvernement, ni autres filtres pour être démasqué.

Dans le monde du business, les affaires d’escroquerie sont légion. Le tout est de savoir négocier au mieux ses intérêts avant la conclusion des contrats en s’entourant de toutes les garanties qui évitent au pays de tomber dans les rets d’escrocs au col blanc, comme dans cette affaire abracadabrante de phosphate avec les Saoudiens, qui dégage des effluves de soufre non conventionnel que l’ancien ministre de l’Industrie n’a pas flairé.

Combien d’autres affaires du genre, ou de contrats mal négociés sous l’effet d’un lobbying de l’intérieur des institutions au profit d'intérêts étrangers contre privilèges et largesses n’ont pas été éventées ? Le parquet dispose avec ce fumeux projet de phosphate des éléments probants pour s’autosaisir afin de faire la lumière sur cette affaire et convaincre que l’Algérie n’est pas une république bananière. Le fera-t-il ?
 

Omar Berbiche
 
le dessin du jour
LE HIC MAZ

Mes infographies

El Watan Magazine

impact journalism days

 

Indépendance Algérie

 

El Watan Etudiant

Chroniques
Point zéro Repères éco

Vidéo

Débats d'El Watan

Débats d'El Watan
Télévision
Télérama       Télé Alger TV Algérie
 
Loading...