Edito
 

Un climat malsain

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le 09.08.17 | 12h00 Réagissez


Traditionnellement, la presse proche du pouvoir est aux petits soins avec le Premier ministre en poste. Elle ne commence à le descendre en flammes qu’après son limogeage. Ce n’est pas le cas pour Abdelmadjid Tebboune qui n’a même pas bénéficié d’une période de grâce. Depuis qu’il a annoncé son intention de déclencher une sorte «d’opération mains propres», à la sauce algérienne bien entendu, et qu’un assainissement de la situation économique s’impose, nous assistons à une véritable levée de boucliers contre sa personne.

La guerre est devenue frontale depuis que ses services ont remis en cause l’ordre protocolaire imposé jusque-là lorsqu’ils ont demandé au président du FCE, Ali Haddad, de ne pas occuper le premier rang lors d’une cérémonie à l’Ecole supérieure de la Sécurité sociale. A partir de ce moment, un tir croisé contre Tebboune est déclenché avec comme point d’orgue un comportement obscène au cimetière El Alia, lors de l’enterrement de l’ancien chef de gouvernement et ancien membre du HCE (Haut comité d’Etat), Redha Malek.

Le déchaînement ne s’arrête pas là. En visite en France, Abdelmadjid Tebboune est reçu à Matignon pour des entretiens informels avec son homologue français Edouard Philippe. Selon nos us et coutumes, il est impossible à un Premier ministre de rencontrer un homologue étranger sans l’accord du chef de l’Etat et son hôte ne peut l’accepter sans le respect des règles protocolaires en vigueur.

Lorsque le feu vert présidentiel est donné, la Présidence informe le ministère des Affaires étrangères, lequel saisit l’ambassade d’Algérie à Paris pour faire les démarches nécessaires. Ce qui fut fait. Mais le clan, dans sa guerre totale contre Tebboune ne l’entend pas ainsi. Il actionne ses relais pour leur faire dire que ce dernier agit de son propre chef et a donc trahi Abdelaziz Bouteflika. Le langage utilisé a largement dépassé l’indécence. Pourquoi le traîne-t-on dans la boue de façon aussi vulgaire ?

Même le successeur de Abdessalem Bouchouareb, Mahdjoub Bedda, n’a pas échappé à l’invective, accusé lui aussi des mêmes maux que le Premier ministre. Qui sont derrière cette opération ? Abdelaziz Bouteflika est-il réellement au courant de ce qui se passe ? Des noms circulent, mais personne ne peut avancer des preuves concrètes.

Cette situation, malheureusement, crée un climat malsain au sein du pays, celui-ci n'a pas que des amis comme voisins. Un climat délétère est propice à une déstabilisation dont personne ne peut prédire les conséquences. Le pouvoir a mis en place un système opaque qui empêche le citoyen de voir clair et de se faire une idée sur l’avenir de son pays.

L’absence de démocratie et de transparence, le développement d’une mafia politico-financière accompagnée par une faune de prévaricateurs dignes des potentats du monde arabo-musulman, d’affaiblissement, sinon la destruction de tous les contre-pouvoirs ont transformé l’Algérie en un ersatz d’Etat. Il y a de quoi s'inquiéter surtout que le «clan», pour reprendre un mot de Chakib Khelil, a programmé l’ingouvernabilité de l’Algérie dont le devenir est désormais incertain.

Tayeb Belghiche
 
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