Edito
 

Tragique destin arabe

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le 18.10.17 | 12h00 Réagissez


Le monde a toujours souffert des dictatures, des pouvoirs personnels et autocratiques. Conséquences : tous les ennemis de la démocratie ont laissé derrière eux malheurs, désolation et misère accompagnés souvent de guerres civiles, de destructions des Etats et parfois leur disparition pure et simple.

L’exemple le plus frappant est incontestablement celui de la Somalie. De ce pays, il ne reste plus qu’un drapeau et un siège aux nations Unies à New York.  Le pays vient encore de faire parler de lui de façon horrible. Un attentat au camion piégé a fait plus de 300 morts, le bilan le plus élevé de l’histoire des crimes à la voiture piégée. Les images de la capitale Magadiscio, montrées à la télévision, rappellent la ville de Dresde bombardée et rasée par les alliées durant la seconde guerre mondiale.

Pourquoi la Somalie a-t-elle subie un tel sort ? Peu après son indépendance au début des années 60, le pays a d’abord été dirigé par un gouvernement civil. Mais l’armée ne tarde pas à s’en mêler. Le général Mohamed Siad Barre s’empare du pouvoir par un coup d’Etat. Il impose une dictature totale et sème la terreur créant la haine et la division entre les tribus. Quant il est obligé de lâcher le pouvoir après plus de 20 ans, il laisse un pays exsangue. Les islamistes apparaissent alors sur la scène politique. Les Chabab, financés par l’Arabie Saoudite, remplacent les militaires et imposent la terreur à tout le peuple. La guerre civile est inévitable. Même les pirates somaliens font la loi en haute mer. L’enfer continue pour ce peuple de la Corne d’Afrique.

C’est le premier pays arabe sur lequel s’abat la malédiction. La série noire se poursuit avec l’Irak. Saddam Hussein avait imposé une dictature sanglante à son pays, écrasant sans pitié toute velléité  de révolte, ciblant particulièrement les Kurdes et les chiites, même si les sunnites, dont il faisait partie n’étaient pas épargnés par sa cruauté. Ciblé par Bush, qui cherchait à s’emparer du pétrole irakien, il s’était accroché au pouvoir, donnant prétexte à l’administration américaine pour agresser et envahir son pays.
L’Irak, qui avait rayonné sur la civilisation mondiale à l’époque des Abbassides, n’est plus qu’un lointain souvenir. La chute de ce sanguinaire a réveillé les vieux démons et aucun observateur n’oserait prédire un avenir apaisé à ce pays aujourd’hui déchiré. Autre dictature, autres dégâts : la Libye.

En 1969, le colonel El Gueddafi renverse le vieux roi Idriss, qui ne demandait qu’à se retirer. Sous une rhétorique anti-impérialiste, le nouveau maître de Tripoli s’engage dans une politique délirante : le pouvoir des masses, ce qui dans la pratique réelle signifie la destruction de tout ce qui s’apparente à un Etat moderne. Lui et sa tribu, les Kadhafi imposent la terreur. Le Guide a droit de vie et de mort sur ses concitoyens. Une telle politique ne pouvait que créer un climat de haine entre les tribus. Et c’est ce qui arriva. La guerre civile éclate, et il meurt dans des conditions atroces. Mais son pays est aujourd’hui éclaté et sa réunification ne pourrait être que le fruit d’âpres négociations.

Avant le royaume abasside, il y a eu le royaume omeyyade qui avait rayonné sur l’humanité. Malheureusement, Damas n’est plus ce qu’elle était. La dynastie des Assad a effacé plus de 1500 ans d’histoire. Quand la minorité alaouite s’était emparée du pouvoir, elle avait décidé de régner par la terreur pour ne pas le perdre. Parce qu’elle ne savait pas ce que démocratie voulait dire, parce qu’elle croyait en la force brutale, elle a fini par s’aliéner la majorité. Aujourd’hui, le pays est déchiré mais le clan Assad ne veut pas lâcher sa proie. La dictature continue de faire des dégâts et le pays se meurt lentement.

Enfin, il y a le Yémen, un pays qui ne sait pas ce que bonheur veut dire. Le dictateur Ali Abdellah Salah a régné par le tribalisme et la peur. Il a fini par être chassé du pouvoir mais son pays est éclaté avec en plus une agression arabe dirigée par l’Arabie Saoudite. L’éclatement du pays ne lui suffisant pas, il alimente encore la guerre civile. Ainsi est le tragique destin du monde arabe dont les leaders ne s’occupent que de leur petite personne et ont déclaré la guerre à un droit essentiel et universel : la démocratie.
 

Tayeb Belghiche
 
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