Edito
 

Stand-by…

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le 27.11.17 | 12h00 Réagissez


Hormis quelques agitations et autres simagrées politiques, devenues d’ailleurs folkloriques en fin de quinquennat présidentiel, l’Algérie semble entrer désormais dans une longue et hasardeuse période de stand-by… Une mise en veille pour ainsi dire organisée et préméditée par un pouvoir politique en quête de nouveaux artifices pour se régénérer, au moment où sa logique de gouvernance par la rente ne peut plus être de mise.

Ainsi, la possibilité d’user à l’œil du fameux financement non conventionnel étant désormais acquise et même largement admise, les véritables enjeux qui engagent le devenir du pays sont dès lors escamotés, au moins jusqu’à la fin du mandat présidentiel en cours. Et même au-delà, si le Président en exercice décide de rempiler pour un quinquennat de trop.

S’étant en tout cas engagé dans la voie d’une monétisation inconsidérée des déficits budgétaires, le pouvoir en place semble ainsi avoir réussi à se donner surtout les moyens, sinon d’éluder, du moins de surseoir à tout ajustement économique douloureux, qui risquerait de trop le fragiliser. Surtout à l’approche d’une échéance électorale pouvant s’avérer fatidique.

Bénie, depuis hier, par une majorité de parlementaires «irréparablement» acquise à la cause de l’Exécutif, la loi de finances pour 2018 ne charrie en ce sens rien qui puisse être assimilé de près ou de loin à une mesure dictée par un contexte de grave crise ou visant tout simplement à en sortir.

Hormis une trajectoire budgétaire pluriannuelle des plus floues pour tenter de plafonner la dépense, il n’est guère plus question de réformes bancaire et fiscale sérieuses pour améliorer la collecte des ressources, ni même d’une quelconque démarche intelligible qui permettrait au moins de freiner l’allocation inconsidérée de l’argent public.

Même la mesure prévoyant l’institution d’une taxe marginale pour les plus riches aura finalement été ridiculement déboutée par une majorité parlementaire, dont l’inanité n’a d’égale que l’absurdité de ce que sa composante coûte à la collectivité. Pourquoi le gouvernement s’encombrerait-il de réformes ou de mesures fiscales complexes et impopulaires, alors que le financement non conventionnel lui offre déjà toute latitude pour creuser d’abord et couvrir ensuite tout déficit budgétaire…!?

Sauf qu’il s’agit là d’une logique des plus destructrices pour l’économie nationale, car la voie de la planche à billets ne peut qu’être une mesure d’exception face à un problème conjoncturel de trésorerie et non une solution réelle à la crise durable et structurelle que connaît le pays.

Et à mesure qu’elles tardent à être mises en œuvre, les réformes économiques aujourd’hui mises en veille deviendront à terme assurément plus douloureuses. Les choix de périodes de stand-by seraient alors du seul ressort de créanciers extérieurs et d’institutions financières internationales comme le FMI.

Akli Rezouali
 
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