Edito
 

Sombres perspectives

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le 11.11.17 | 12h00 Réagissez


Un nouveau contexte se crée au Proche-Orient, de crise bien entendu, avec des menaces de plus en plus convergentes et même précises, puisque le Liban en serait la cible. Bien entendu, les Libanais en sont parfaitement conscients et appréhendent un tel scénario catastrophique, sauf qu’ils ne disposaient pas jusque-là des éléments du puzzle, ou encore l’identité et la nature des parties qui iront jusqu’au bout de cette logique infernale après celle d’il y a 30 ans. Beaucoup, en ce sens, ont retenu les propos, des menaces en fait proférées par les dirigeants saoudiens. Ils en sont, cette fois, à rechercher les éléments qui accréditeraient, d’une manière ou d’une autre, le risque de guerre. Il y a le Koweït qui, après l’Arabie Saoudite, demande à ses ressortissants de quitter le Liban.

Un bien mauvais signal. Ou encore, l’appréciation du ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, soulignant que pour son pays, «la situation libanaise est le sujet le plus préoccupant du moment». Difficile de ne pas y voir une convergence, et on en retiendra, essentiellement, l’appel du secrétaire général de l’ONU à préserver «les institutions étatiques du Liban» et sa «stabilité», tout en soulignant que l’institution qu’il dirige demeure engagée «à soutenir la sécurité, la souveraineté et l’intégrité territoriale du Liban». Le débat, s’il en existe un évidemment, serait bien plus vaste, tout autant que le risque qui pèse sur ce pays, puisque si les appels à l’apaisement se multiplient, ils n’expriment pas que la seule inquiétude, mais interpellent l’ensemble de la classe politique libanaise à concentrer ses efforts afin de préserver les institutions. Et pour cela, il faut un accord aussi large que possible entre les différentes parties, comme le stipule l’accord de Taef qui a mis fin à la guerre civile qui avait ravagé ce pays durant 15 années, mais aussi le pacte national de 1943 qui répartit le pouvoir entre les différentes communautés.

D’ailleurs, un analyste vient de rappeler que ce système, toujours en vigueur malgré des années de guerre, «fonctionne tant que les communautés s’entendent». Faut-il croire que cela n’est plus le cas et que la démission surprise du Premier ministre libanais en est le révélateur ? Beaucoup n’en seraient pas convaincus, car le Liban n’a jamais affiché des signes de division suffisamment importants pour susciter autant d’inquiétude. Il y a un contexte bien plus important, dépassant, et même de loin, le cadre libanais, mais qui ferait de ce dernier un théâtre, sinon l’unique lieu d’une confrontation entre l’Arabie Saoudite et l’Iran, voire plus que cela. Une guerre des axes régionaux, comme certains l’appréhenderaient. Et si tel serait le cas, souligne- t-on, le Liban risque d’en payer le prix et de redevenir un Etat tampon, et en quelque sorte, subir les multiples conflits régionaux. Des guerres qui dépassent les Libanais, alors même que ces derniers avaient tout fait pour s’en éloigner et clore ce chapitre de guerres pour les autres. Ce n’est donc pas fini.

Mohammed Larbi
 
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