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       <title>El Watan - Edito</title>
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       <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:10:13 +0100</lastBuildDate>
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           <title>Vers une crise parlementaire ?</title>
           <author>Omar Berbiche </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 28 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La nouvelle législature issue du scrutin du 10 mai, largement contesté par une grande partie des formations politiques ayant participé au vote, entame son mandat avec un handicap de taille qui ne manquera pas de peser lourdement sur la sérénité des travaux de l’APN et la pertinence des lois qui seront votées. La cérémonie officielle d’ouverture de la 7e législature, qui s’est déroulée samedi dans une ambiance surchauffée de guerre de tranchées, donne la mesure des défis qui attendent cette nouvelle Assemblée.

	Fragilisée, accusée, à l’instar des précédentes législatures, d’être mal élue, la nouvelle Assemblée est condamnée à traîner comme un boulet de forçat l’absence de légitimité que dénoncent même les partis qui ont accepté de siéger en son sein. Jamais, depuis la première législature, l’APN n’a connu d’aussi profondes divisions, fractures, positions aussi inconciliables entre les formations politiques siégeant en son sein, d’une part, et entre celles-ci et leurs directions et partis respectifs, d’autre part.

	Les crises de confiance qui ont secoué certaines formations politiques, à leur tête le parti sorti majoritaire du dernier scrutin des législatives – le FLN – relayé par son bras droit dans la majorité parlementaire, le RND, ainsi que par d’autres partis anciens et nouveaux pensionnaires de l’APN, apparaissent, à l’évidence, loin d’avoir été digérées et consommées au lendemain de ce scrutin. Les résultats électoraux obtenus, selon les cas, n’ont pas contribué à octroyer plus de légitimité aux directions politiques en place. Pas plus qu’ils n’ont incité, à l’inverse, les dissidents de ces partis à adopter un profil bas de vaincus qui s’inclineraient, en bons démocrates, devant les résultats des urnes. Des résultats diversement appréciés par la classe politique au plan de la régularité du scrutin.

	En plus du déficit de légitimité qui planera inévitablement sur la vie parlementaire de cette Assemblée se pose, pour la première fois avec une telle acuité, un sérieux problème éthique qui risque tout bonnement de polluer les relations intra-parlementaires et entre l’APN et son environnement politique. Les partis qui semblent, pour certains d’entre eux, n’avoir plus aucune emprise sur leurs députés, assistent, impuissants au vent de rébellion qui a gagné leurs élus qui ont refusé de suivre leur consigne de boycott des travaux de l’APN. Le fonctionnement de l’institution parlementaire risque ainsi d’être sérieusement paralysé, comme le confirme ce spectacle affligeant offert par la toute nouvelle Assemblée à l’occasion de la cérémonie officielle de son installation.

	Trop de fronts sont ouverts au sein de cette Assemblée pour ne pas parier sur une crise institutionnelle qui pourrait intervenir plus tôt que prévu. Une crise qui pourrait être moins le résultat d’un rééquilibrage des pouvoirs dans le cadre des réformes constitutionnelles projetées, mais d’une inaction et d’une paralysie de l’institution parlementaire alimentées par un jeu politique trouble des uns et des autres. Un jeu qui a commencé à la faveur des législatives et qui se poursuit avec la même opacité et les mêmes manœuvres politiciennes au sein de l’hémicycle.</description>
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           <title>Une indépendance pas trop chère</title>
           <author>Hassan Moali </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sun, 27 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 27 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Peut-on soupçonner la ministre de la Culture, Mme Khalida Toumi, d’être très économe dans la gestion de l’argent alloué à son secteur ? Certainement pas, quand on se rappelle les milliards de dinars engloutis par des manifestations dont l’Algérie se serait passée volontiers. A elles seules, «Algérie, capitale de la culture arabe» et «Tlemcen, capitale de la culture islamique» ont englouti de quoi construire au moins cinq CHU ultramodernes. Passant sur le Panaf’ 2009 et, avant lui, l’«Année de l’Algérie en France» qui auront saigné le budget de l’Etat, Mme Toumi peut se targuer d’avoir dépensé plus que tous ses prédécesseurs depuis l’indépendance.

	L’indépendance justement : madame la ministre a invité ses collaborateurs, jeudi dernier, à concocter un programme à la fois «logique, rationnel et cohérent afin d’éviter de fournir des efforts vainement, de perdre du temps et de dépenser trop d’argent» dans les festivités du cinquantenaire. On ne peut passer sous silence ce soudain retour du sens de la mesure. Pour une fois, notre ministre de la Culture veut serrer un peu les cordons de la bourse. C’est une excellente décision qu’il faudrait saluer, sauf qu’elle est un peu tardive et même inopportune. En retard, parce que pendant une décennie, le régime s’est payé une formidable opération de marketing politique à coups de milliards de dinars, qu’il a conditionnée dans un emballage faussement culturel. Les Algériens n’y ont vu que du feu, à l’exception du Panaf’ qui a nous a fait découvrir non sans plaisir l’Afrique.

	En revanche, une faune de boîtes de com’, d’agences d’audiovisuel et de sociétés d’édition ont jailli de nulle part pour prendre leur part du gâteau. C’est peut-être la plaie sur laquelle Mme Toumi a voulu mettre le doigt quand elle recommande de «ne pas dépenser trop d’argent». Une petite digression qui sonne comme un SOS inaudible de la part d’une ministre qui attire l’attention sur ces «requins» de la com’ qui s’apprêtent à piquer du nez dans la mangeoire de la République pour ravir le butin réservé au souvenir de notre indépendance.
	A qui profitent donc ces festivités budgétivores à n’en plus finir ? Bonne question à laquelle Mme Toumi gagnerait à répondre ou, à tout le moins, indiquer des pistes.

	Un solde de tout compte doit être fait dans ce domaine des manifestations culturelles à forts relents politiques.
	Mme Toumi a certainement raison de vouloir rationaliser les dépenses liées à la célébration du 50e anniversaire de l’indépendance car, on s’en doute, des rapaces tapis dans l’ombre y trouveront une occasion en or pour s’enrichir sur le dos de la mémoire nationale à coups de slogans ronflants, d’affiches patriotardes, de documentaires grandiloquents et autres produits dérivés de la Révolution.

	La facture sera certainement salée pour le contribuable ; la qualité sans doute bien modeste, comme d’habitude, par rapport à l’épopée du 5 juillet 1962. Déjà que les autorités sont contrariées par ce cinquantenaire qui tombe mal cette année avec la double élection en France et en Algérie et ce souci existentiel de survire au Printemps arabe. A moins que Mme Toumi n’ait fait que transmettre un ordre venu «d’en haut» de faire du 50e anniversaire de l’indépendance un non-événement ou presque. Mourad Medelci avait promis aux députés français que la célébration se fera «sans aucun esprit revanchard». Traduit en chiffres : ce sera une fête
	d’indépendance pas trop chère…</description>
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           <title>AI brise le silence</title>
           <author>Mohammed Larbi </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sat, 26 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 26 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’organisation de défense des droits de l’homme Amnesty International vient de rendre public son rapport pour l’année 2012 et autant dire que la situation au plan international ne connaît pas que des hauts. Ou encore que cette organisation préfère ne pas appeler les choses par leur nom, ce qui aurait simplifié bien des approches. Ainsi en est-il du Sahara occidental, un territoire occupé par le Maroc depuis 1975 avec le rapport occupant-occupé imposé de force et où la situation n’a jamais été aussi grave. Et encore, devrait-on souligner, le mur du silence n’a commencé à se fissurer que depuis peu grâce aux militants sahraouis dont l’action a été relayée par un nombre de plus en plus grand d’organisations de défense des droits de l’homme.

	Il reste que le rapport d’Amnesty, publié jeudi, détruit bien des certitudes en ce qui concerne le Maroc, au moins au plan du discours. Dans sa partie relative au Sahara occidental, le rapport est d’une extrême précision en déclarant que 23 militants sahraouis sont dans l’attente d’un procès «inéquitable devant un tribunal militaire». De ce point de vue, le rapport n’est pas sévère, il est juste en ce sens qu’il met en opposition des militants sahraouis en lutte pour l’indépendance – et pas seulement pour l’autodétermination – et une autorité instruite pour réprimer un tel mouvement.

	En fait, appliquer la loi de l’occupant qui consiste à étouffer toute opinion contraire, ce qu’il n’a pas réussi à faire en près de 40 années d’occupation et malgré cette volonté de substituer une population à une autre. C’est pourquoi le procès sera inéquitable. Plus que cela, les militants sahraouis sont jugés par un tribunal militaire, une pratique contestée pas de nombreuses organisations internationales. Personne n’échappe à cette règle, même les Marocains qui seraient tentés de rétablir la vérité, la seule que l’on connaisse car rapportée par tous les instituts de cartographie, en parlant de Sahara occidental et non pas de provinces sahariennes que personne ne reconnaît au demeurant.

	Tout en dénonçant la poursuite des violations des droits de l’homme perpétrées au Sahara occidental, Amnesty relève les «graves» atteintes aux droits des militants sahraouis en matière de libertés d’expression, d’association et de réunion, ainsi que «les poursuites auxquelles ils font face». En fait, dira-t-on, cela est propre à toute situation d’occupation où est niée l’existence même de la population occupée. Rappelons-nous le message porté par la militante sahraouie Aminatou Haïdar que l’occupant avait décidé d’exiler parce qu’elle refusait de se considérer comme étant Marocaine. Elle a refusé de se taire, le monde lui a donné raison et obligé le Maroc à annuler sa décision de déportation. Sauf que ce pays persiste dans sa politique de répression des militants sahraouis. Et là, telle qu’identifiée et dénoncée, il s’agit bien d’une politique ciblant une population bien précise dont l’identité a été établie et qui refuse la soumission.
	 </description>
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           <title>Racisme à l’allemande</title>
           <author>Tayeb Belghiche </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Thu, 24 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 24 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Lorsque Rabah Madjer était joueur au FC Porto, des rumeurs avaient circulé sur son possible transfert dans un grand club d’Allemagne.
	Un journaliste allemand s’était présenté à la rédaction d’El Watan pour nous demander de lui dire de renoncer à son projet, car «les Allemands sont très racistes et le casseront afin de briser sa carrière».
	Ce que subissent depuis plusieurs mois des Algériens débarquant à l’aéroport de Francfort confirme on ne peut plus clair les remarques de notre confrère selon lequel ses compatriotes sont des racistes. De façon anormale, les passagers algériens sont humiliés, interrogés parfois durant trois jours, rançonnés par les autorités aéroportuaires, alors qu’ils étaient totalement en règle, étant munis de leur visa et de leurs frais de mission, c’est-à-dire des gens qui ne sont pas susceptibles de s’installer en RFA, ou de déstabiliser ce pays.

	Halim Benatallah, ministre chargé du dossier des Algériens à l’étranger, très sensible sur ce sujet, a fait convoquer le chargé des affaires consulaires de l’ambassade d’Allemagne et notre consulat à Berlin en a fait de même pour demander des explications. La réponse allemande a été des plus évasives et aucun argument n’a été avancé pour justifier ce comportement discriminatoire et inadmissible. L’ambassade allemande à Alger a même donné une réponse choquante en prétendant avec mépris et désinvolture que ce n’est pas son affaire, alors que c’est extrêmement grave.

	De toute évidence, personne ne comprend cette poussée de fièvre anti-algérienne. Est-ce le réveil de vieux démons qui rappelle l’époque où Hitler désignait les musulmans avec mépris en les appelant «les Mahométans» ?
	Tête de Turc, un livre écrit par un journaliste allemand, révèle un racisme exacerbé de ses compatriotes et un pays où même la conversion au christianisme a été refusée par un prêtre à un homme tout simplement parce qu’il était noir.
	Peut-être qu’il reste au fond de beaucoup d’Allemands des relents de nazisme. Sinon comment expliquer les humiliations injustifiées infligées à nos compatriotes. Ce comportement est d’autant injustifié alors que les relations économiques sont excellentes et solides et ont été inaugurées à l’époque de Boumediène.</description>
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           <title>L’enjeu d’un scrutin</title>
           <author>Mohammed Larbi </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Wed, 23 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 23 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Les Egyptiens se plaisent à dire que le résultat de l’élection présidentielle qui se tient aujourd’hui n’est pas connu d’avance. Une rupture avec cette tendance, catastrophique pour ce pays, de faire la chasse à la moindre opposition pour dégager une candidature unique. Ou encore des scores staliniens faisant que l’Egypte n’a eu que trois Présidents en soixante ans. Une victoire par défaut, comme cela se dit sous d’autres latitudes, là où, il faut en convenir, la démocratie est bien réelle. Une habitude qui disparaît, conséquence de la chute du président Hosni Moubarak il y a exactement quatorze mois. Simple changement d’homme ou dans l’exercice du pouvoir ? Plus précisément, est-ce là le seul élément nouveau qui sera apporté par ce scrutin, ce qui serait peu, en tout cas sans le moindre rapport avec ce qui avait été exigé ?

	En termes de nouveauté, il s’agit de savoir si l’armée, qui détient encore l’essentiel du pouvoir, n’a pas de favori. Sur la douzaine de candidats, une poignée effectivement sort du lot, dont le dernier Premier ministre de Moubarak Ahmed Chafik, Amr Moussa qui a passé de longues années auprès du chef de l’Etat déchu en tant que ministre des Affaires étrangères avant de diriger la Ligue arabe, l’islamiste indépendant Abdel Moneim Aboul Fotouh, et le candidat des Frères musulmans Mohamed Morsi. Autant dire que la présidence égyptienne, longtemps fermée, suscite la convoitise même dans la pire situation traversée par l’Egypte. Là s’arrête le constat car, au-delà du programme des uns et des autres, il y a un enjeu qui se résume à un seul mot : le pouvoir.

	A l’instant même où Moubarak en était chassé, des sourires se crispaient quand l’armée publiait un communiqué daté et numéroté, ce qui voulait dire alors que d’autres allaient suivre. Et c’était effectivement le cas et même plus, avec la mise sur pied d’un Conseil suprême des forces armées pour gérer la période de transition. Beaucoup considéraient alors que l’Egypte venait de vivre un putsch et non pas une révolution. Ce n’était même plus une appréhension, mais une certitude pour de très nombreux Egyptiens, à partir du moment où l’armée égyptienne était pressée de restituer le pouvoir, la rue s’emparant même de cette revendication au cœur de la contestation de mars 2011 qui, elle, visait le régime en place et pas seulement celui qui l’exerce depuis 1981. Les militaires assurent que rien ne s’y oppose, fixant même l’échéance de fin juin prochain pour un transfert du pouvoir, et promettent que le scrutin d’aujourd’hui sera «100% transparent» et qu’ils ne soutenaient aucun candidat en particulier.

	Tout un programme qui ne laisse pas la moindre place à une quelconque fausse note, sauf que les prochaines échéances sont considérées comme d’une extrême importance pour l’Egypte. Il s’agit de la révision de la Constitution et les islamistes, qui contrôlent déjà le Parlement, voudraient bien remporter cette élection. Plus que par le nombre de candidats, de telles considérations confèrent un caractère inédit à cette élection.</description>
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           <title>L’avant et l’après-10 mai</title>
           <author>Hassan Moali </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 22 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	On nous promettait l’enfer si, d’aventure, nous boudions les urnes. Les chasseurs de l’OTAN allaient, prédisait-on, essaimer dans notre espace aérien et les télés du monde s’apprêtaient à dépêcher leurs reporters de guerre pour raconter en live l’Algérie de l’après-10 mai… C’est le scénario faussement hitchcockien écrit par Bouteflika et ses alliés et relayé par les médias périphériques pour vendre un scrutin qui n’a, en réalité, rien de crucial. L’objectif était de titiller l’ego patriotique des Algériens, qu’on sait à fleur de peau dès qu’il est question d’intervention étrangère.

	Cette propagande du régime a bénéficié d’une orchestration politique et médiatique de sorte qu’elle soit «avalée» par de larges secteurs de l’opinion. On aura remarqué qu’en plus du duo FLN-RND et, évidemment, du PT, le FFS a repris à son compte le slogan officiel de la campagne qui veut que l’Algérie soit menacée. Du jamais vu ni entendu de la part d’un parti qui éprouvait jusque-là une répulsion épidermique à tout ce qui émane du régime.

	Pour Bouteflika et ses soutiens, le ralliement du parti d’Aït Ahmed à sa cause est inespéré en ces temps d’incertitudes. C’est une planche de salut tendue à un pouvoir à la dérive morale et politique en quête de régénération.
	Mais que s’est-il donc passé après au lendemain du 10 mai ? Rien. Non seulement l’OTAN et «les ennemis de l’Algérie» n’ont pas frappé mais, plus encore, le régime a reçu un bulletin de notes très satisfaisant de la part de ces mêmes agresseurs potentiels contre lesquels le Président nous mettait en garde… Eh oui, par une alchimie politique bien algérienne, nos ennemis d’hier se transforment, comme par enchantement, en alliés et amis d’aujourd’hui. Encore que l’OTAN et ces «ennemis de l’extérieur» ne s’encombrent pas de scrutins réguliers pour frapper là où ils veulent…

	La réalité est que la menace du 10 mai pesait plutôt sur le régime qui a atteint un stade avancé de putréfaction que sur les Algériens réduits à des sujets méprisables et corvéables. Les SOS lancinants lancés par Bouteflika traduisent le désarroi d’un régime cliniquement mort mais qui, par instinct de survie, tente de jeter une improbable passerelle avec son peuple. Or, les ressorts sont irrémédiablement cassés cinquante ans après l’indépendance. C’est là le grand échec de cette génération qui «a fait son temps» mais continue de siphonner la rente et d’imposer sa tutelle politique sur la jeunesse algérienne.

	Quelle pourrait donc être la substance des festivités marquant le 50e anniversaire de l’indépendance du pays ? Ironie du sort, le FLN historique qui a libéré le pays a fait des petits aux dents très longues. Ceux qui ont pris le pouvoir en 1962 le gardent encore en 2012. Le boomerang du 10 mai est à cet égard frappant : entre ceux qui ont boudé les urnes et ceux qui ont voté nul, ils sont près de 80% parmi les Algériens à avoir ignoré l’appel de «détresse» de Bouteflika. Faut-il alors crier victoire après un tel désaveu ? Le peuple a définitivement compris, le 10 mai dernier, où se situe la menace qui guette l’Algérie.</description>
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           <title>Programmé pour partir</title>
           <author>Said Rabia </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 21 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	La «victoire» officielle, très contestée du Front de libération nationale (FLN), devait en toute logique conforter la direction actuelle du parti, à sa tête Abdelaziz Belkhadem, à partir du principe qui dit : on ne change pas une équipe qui gagne. Puisque le système n’obéit à aucune logique, le secrétaire général du FLN pourrait donc prendre la porte de sortie sous peu. Abdelaziz Belkhadem partira ainsi de la même manière qu’il est arrivé en 2005, avec moins de violence, parce que ceux qui le contestent aujourd’hui mettent les formes contrairement au putsch qu’il avait mené à l’époque contre la direction légale du parti. Pas moins de 208 membres du comité central lui ont retiré leur confiance et attendent d’atteindre le quorum (230 voix) pour le destituer. Il résiste ! Mais jusqu’à quand tiendra-t-il ? Certainement le temps que les deux tiers du comité central soient réunis.

	C’est en effet une question de temps. Abdelaziz Belkhadem sait lui-même que la victoire du FLN n’est pas sienne. Il en a été d’ailleurs surpris par l’ampleur. Il sait aussi que tel qu’il l’avait fractionné, son parti n’aurait eu que des miettes. Le FLN est tout de même maintenu à flot avec 221députés, la majorité des suffrages exprimés et un score largement inférieur au nombre de bulletins nuls. Plus qu’il ne veuille sauver la face, par son désir fou de continuer à résister et à gérer le parti, Abdelaziz Belkhadem nourrit surtout une folle ambition de présenter sa candidature à l’élection présidentielle de 2014. Dans son cas, pensent les analystes, c’est un aveuglement.

	En réalité, le secrétaire général du FLN est un homme extrêmement affaibli. Si l’urgence et la conjoncture ont fait que son parti obtienne 221 sièges dans la nouvelle Assemblée populaire nationale, le nombre de voix, dont il a été crédité, un peu plus de 1,3 million de voix, moins de la moitié des voix de 2007, est un véritable carton rouge brandi contre Abdelaziz Belkhadem qui semble n’avoir pas encore pris la mesure de la contestation et par-dessus tout la signification du score qu’il vient de réaliser. Politiquement parlant, même en admettant que le chiffre est honnête, on ne peut rien faire avec une aussi maigre caution populaire.

	Encore moins revendiquer le Premier ministère, une prépondérance au gouvernement et gérer tout un pays ! Mieux, le secrétaire général du FLN ne peut faire valoir ni le score trompeur de la majorité à l’Assemblée, ni une quelconque légitimité, ni une assise électorale susceptible de lui servir de rampe de lancement pour la prochaine élection présidentielle. Même s’il pense qu’il lui reste toujours quelques leviers au sein du bureau politique, d’où tirer profit, sait-on jamais, ne serait-ce que pour un temps, des luttes autour de l’enjeu de la présidentielle de 2014, Abdelaziz Belkhadem, au vu de l’évolution de la contestation, se dirige, sauf imprévu, tout droit vers la porte de sortie.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/edito/programme-pour-partir-21-05-2012-171501_171.php</link>
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           <title>Le G8 au chevet de l’Europe</title>
           <author>Liès Sahar </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sun, 20 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 20 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	La réunion du G8, vendredi et samedi, qui a regroupé les dirigeants des pays les plus industrialisés, a coïncidé avec la crise politique en Grèce ainsi que le débat sur sa présence dans la zone euro et l’arrivée au pouvoir en France du socialiste François Hollande, qui a battu aux élections Nicolas Sarkozy, considéré comme un grand allié du président américain Obama et de la chancelière allemande Angela Merkel. Cette réunion revêtait un caractère particulier avec cette nouvelle donne qui pouvait influer sur le contenu des alliances. Le premier et grand débat qui a retenu l’attention, ces derniers temps, est celui consacré à la croissance. Doit-on opposer la relance à la rigueur budgétaire ou bien privilégier cette dernière à la recherche de la croissance ? Ce débat est illustré par la situation en Grèce où la crise économique a donné lieu à une crise politique, au point où sa sortie de la zone euro est évoquée.

	Finalement, les pays membres du G8, qui ont discuté en parallèle des problèmes de l’Iran, la Syrie, l’Afghanistan ou la Corée du Nord, ont trouvé un compromis. Ainsi, tout en reconnaissant les différences qui existent entre eux, les pays membres du G8 ont bien précisé, dans le communiqué commun, que les mesures qui pourraient être prises ne sont pas les mêmes pour chacun d’eux ; ils ont confirmé le principe majeur que croissance et rigueur budgétaire ne sont pas contradictoires. Ils se sont engagés à encourager la croissance avec l’emploi, tout en prenant des mesures contre les déficits afin de restaurer la rigueur budgétaire.

	Barack Obama et  François Hollande avaient déjà trouvé un consensus lors de leur rencontre en tête-à-tête. Ils ont aussi réaffirmé leur soutien à une zone euro forte avec la Grèce. La situation critique dans la zone euro inquiète beaucoup de monde et pourrait encore retarder la sortie de crise, au moment où, aux Etats-Unis, des signes positifs de reprise sont apparus.
	Mais alors que les pays du G8 préparaient leur sommet et se concertaient sur la relance, un évènement important vient rappeler au monde que l’une des plus grandes causes qui a précipité l’économie mondiale dans la crise reste encore d’actualité : la spéculation financière et le manque de transparence dans l’activité des marchés financiers. La preuve est bien là, présente dans ce qui vient d’arriver à la banque JP-Morgan, aux Etats-Unis. La catastrophe de 2008-2009 ne semble pas avoir constitué une leçon pour les traders et les dirigeants des banques, qui semblent s’accrocher à la mentalité «casino» avec l’argent des autres.

	Si les dirigeants des pays les plus industrialisés prônent plus de rigueur, ils devraient aussi prendre en charge sérieusement le problème du contrôle des marchés financiers, qui pourraient encore précipiter le monde dans une nouvelle crise.</description>
           <link>http://www.elwatan.com/edito/le-g8-au-chevet-de-l-europe-20-05-2012-171371_171.php</link>
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           <title>Stratégie de la terreur</title>
           <author>Djaffar Tamani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 19 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	L’action terroriste atteint dans le pays un niveau extrêmement dangereux sans que cela n’émeuve ni ne fasse réagir un pouvoir dont les porte-parole n’en ont pas fini de commenter et de célébrer le «succès» des dernières élections. Pourtant, la situation sécuritaire est on ne peut plus grave, montrant l’inefficacité des moyens mis en œuvre pour vaincre le terrorisme et démentant l’ensemble des déclarations officielles au sujet du supposé retour à la paix et à la sécurité. Les groupes armés islamistes, agissant désormais sous la bannière d’Al Qaîda, n’affichent plus ces dernières années une simple «capacité de nuisance» mais une véritable stratégie de guerre totale se déroulant principalement en Kabylie.

	Seul le pouvoir refuse de reconnaître cette situation intenable pour l’ensemble de la population. Or, peut-on mener une guerre et la gagner tout en l’occultant, oubliant même de rendre hommage aux victimes des attaques terroristes ? L’absence et le silence des autorités centrales à la suite d’attentats meurtriers commis dans la région ou à travers le pays sont frappants. Aucune autorité centrale ne s’était déplacée à la suite de l’assassinat, le mois dernier, de quatre policiers à Mekla, à l’est de Tizi Ouzou, dans une embuscade qui ne pouvait pas être l’œuvre d’un groupe résiduel ou égaré. Ces derniers jours, c’est Azzefoun, ville du littoral, qui a été secouée par trois attentats successifs, commis sur le chemin d’une caserne de la Marine nationale. Trois gardes-côtes ont perdu la vie dans ces attaques à l’explosif perpétrées trois jours de suite avec une étonnante facilité.

	Au bilan lourd subi par les services de sécurité s’ajoute l’effet dévastateur sur le climat général dans une région vouée à la peur tout au long de l’année. Les groupes armés, qu’aucun dispositif antiterroriste n’arrive à déloger ou à anéantir, mènent leur guerre sur plusieurs fronts, militaire et psychologique, en s’attaquant régulièrement à l’économie locale à travers les kidnappings d’entrepreneurs, rançonnés et poussés à la délocalisation. Des attentats à la périphérie d’une cité balnéaire, à la veille de l’ouverture de la saison estivale, participent de cette stratégie de mise à mort de la vie socioéconomique dans la région. Le sentiment de terreur qui habite la population ne remonte pas jusqu’aux sphères dirigeantes, préoccupées par leur seule et propre survie, ni à des partis politiques occupés à reconstituer le scénario de la fraude à laquelle ils ont incontestablement participé à donner corps.
	 </description>
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           <title>Combattre l’injustice</title>
           <author>Mohammed Larbi </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 17 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Y aura-t-il un changement dans la politique étrangère de la France ? Même si l’électorat français est davantage préoccupé par les ravages de la crise économique, ce domaine constitue pourtant un axe majeur du programme du nouveau chef de l’Etat français. Peut-être, devrait-on dire, surtout en ces temps de crise, comme en atteste cette semaine de déplacements et de rencontres du nouveau chef de l’Etat français avec les principaux partenaires et alliés de son pays. De nouvelles perspectives plus en rapport avec le discours de François Hollande sont-elles envisagées ?

	Ce que le Front Polisario vient d’affirmer, sous forme d’accusation, est directement adressé à François Hollande. Ainsi, apprend-on, la France est fortement opposée à l’élargissement des prérogatives de la Mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) revendiqué depuis de nombreuses années en raison de la détérioration continue des droits de l’homme dans les territoires sahraouis. Une sorte de garant de l’intégrité et de la sécurité de la population sahraouie, chargé aussi de rappeler à l’occupant ses obligations liées au respect des Conventions de Genève sur la protection des populations vivant sous occupation étrangère. La France serait même «l’obstacle essentiel» pour avoir opposé son veto à la clause relative à la mise en place d’un mécanisme d’observation des droits de l’homme au sein de la Minurso.

	Voilà donc une bien sérieuse accusation de parti pris sur laquelle le nouveau chef de l’Etat français se trouve interpellé, accompagnée du souhait que son élection permette, selon la direction du Front Polisario, le traitement de la cause sahraouie dans le cadre du droit humanitaire, du respect des droits de l’homme et du droit des peuples à l’autodétermination, conformément à la Charte de l’ONU et à la légalité internationale. En d’autres termes, l’application du plan de paix auquel la France avait souscrit en 1990 et rien d’autre. Un plan avec ses référents faisant de ce conflit une question de décolonisation, le choix qu’il autorise (l’indépendance ou le rattachement au Maroc) excluant toute autre option, à travers un référendum d’autodétermination et des mécanismes à même de l’appliquer. Un message fort des Sahraouis. Il n’y est question que de justice et uniquement de cela. Une valeur qui revient avec insistance dans le discours du nouveau chef de l’Etat français.        

	Les Nations unies, faisant toujours preuve de constance et de perspicacité, ont aussi pour mérite d’avoir clarifié la situation en soulignant que le Maroc est une puissance d’occupation. Quant aux parlementaires européens, ils ont interpellé leurs gouvernements respectifs en rejetant les accords de pêche conclus avec le Maroc et incluant les eaux territoriales sahraouies. Ils ont décidé de ne tenir compte d’aucune explication, à vrai dire irrecevable, car qu’il soit question de pêcheurs en détresse ou de données aussi impensables qu’inadmissibles qui désignent le Maroc comme l’autorité de fait, elles cautionnent toutes l’occupation marocaine et le pillage des ressources sahraouies. Autant d’éléments caractérisant l’injustice. Celle qui frappe le peuple sahraoui.</description>
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           <title>Rassembler et redonner confiance</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 16 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Le septième président de la Ve République française (et deuxième président socialiste) a fixé le cap, le style et le programme de son quinquennat. Dans son premier discours de président, François Hollande promet de «redresser la France dans la justice, ouvrir une voie nouvelle à l’Europe et contribuer à la paix du monde».
	Dans un contexte de crise socioéconomique nationale et internationale, de clivages, de stigmatisation, d’arrogance, la présidence de François Hollande qui vient de commencer est porteuse d’espoirs d’équité, d’égalité, d’apaisement, de réconciliation. Le nouveau chef de l’Etat français le sait quand, reprenant les thèmes de sa campagne électorale, il réaffirme dans son discours d’investiture que «nos différences ne doivent pas devenir des divisions, nos diversités des discordes» et lorsqu’il fait valoir que «la France a besoin d’apaisement, de réconciliation, de rassemblement».

	Et d’ajouter que «c’est le rôle du Président d’y contribuer, faire vivre ensemble tous les Français sans distinction autour des mêmes valeurs, celles de la République, tel est mon impérieux devoir». C’est toute la tâche de réparation à laquelle il devra s’atteler. Sa détermination, pour ce faire, il l’a clairement affichée. Sa première journée a été semée de signes symboliques. L’un d’eux, l’hommage à Marie Curie – une femme, une étrangère, une scientifique – pour signifier que son quinquennat sera celui du rassemblement, de la promotion de l’intégration.  

	Au plan de la diplomatie, si sa première priorité est l’Europe à laquelle il propose d’ouvrir «une nouvelle voie» par la conclusion d’un pacte qui allie la croissance à la restauration des comptes publics, François Hollande assure que la France sera «aux côtés des forces démocratiques qui se reconnaissent dans les valeurs républicaines».
	L’Euroméditerranée dans une autre forme va être relancée, a précisé pour sa part hier matin Martine Aubry au micro de France2. Les partenaires étrangers de la France, particulièrement, ceux de la rive sud de la Méditerranée, attendent, eux aussi, du nouveau chef de l’Etat français des relations apaisées, équilibrées, respectueuses des intérêts mutuels. Des actes et des gestes.

	Jules Ferry, le promoteur de l’école laïque gratuite, «lieu d’émancipation ouvert à tous les enfants de la nation», «lieu de l’égalité des chances» et d’«intégration», auquel François Hollande a rendu hommage, n’en a pas moins été un fervent défenseur de la colonisation. Est-ce le meilleur choix pour un geste symbolique consacrant l’école républicaine et ses valeurs ? Cela n’a pas échappé au président Hollande, qui s’en est expliqué en affirmant que «toute grandeur a ses limites», que «tout homme a ses faiblesses» et «je n’ignore rien de ses égarements politiques». Soutenir la colonisation et faire son éloge est, aux yeux du président François Hollande, «une faute morale et politique» et «à ce titre, elle doit être condamnée». Cette parole, dans la bouche du nouveau Président qui engage la France, François Hollande la renouvellera-t-il pour condamner de manière solennelle et officielle les crimes de la colonisation ?

	L’occasion est toute trouvée : le 5 juillet prochain, lorsque l’Algérie célèbrera le cinquantième anniversaire de son indépendance. Ce sera un geste fortement symbolique et fondateur de relations plus confiantes avec l’Algérie, à l’instar de ceux qu’il a réalisés hier. Cette confiance qu’il veut construire avec tous les Français dans leur avenir est tout aussi fondamentale avec les partenaires et voisins de la France, qui entretiennent avec la France des liens humains, culturels, historiques étroits. Mais aussi des intérêts politiques, économiques et stratégiques. Comme c’est le cas avec l’Algérie.</description>
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           <title>Succession</title>
           <author>Omar Berbiche </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 15 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Jamais l’Algérie ne s’est trouvée dans une situation aussi troublée qu’en ces lendemains d’élections législatives du 10 mai, présentées par le pouvoir comme le gage d’une Algérie apaisée qui prend en main son destin par elle-même, rejetant avec force les solutions de changement imposées de l’extérieur. Alors que ce scrutin était censé lever les doutes dans les esprits quant au regard que porte l’opinion nationale – au-delà des prises de position officielles – sur les bouleversements géopolitiques qu’a connus la région et acter la voie qu’elle se serait choisie pour construire la démocratie, force est de constater que l’élection de jeudi dernier n’a pas amené plus de lisibilité politique et de visibilité. Pour savoir exactement «où va l’Algérie ?», pour reprendre une interrogation de feu le président Boudiaf, qui a gardé toute son actualité et sa pertinence.

	Aux interrogations sur la portée des réformes politiques annoncées qui ont entouré ce scrutin, boycotté par une partie de la classe politique et qui ont trouvé un prolongement dans le peu d’engouement pour ne pas dire l’indifférence populaire dans laquelle s’était déroulée la campagne électorale se sont surajoutées les nombreuses incertitudes et autres zones d’ombre quant aux perspectives politiques à venir apparues à la faveur des résultats du scrutin de jeudi dernier. A défaut d’un large plébiscite populaire – démenti par les urnes – à travers une forte participation électorale voulue par Bouteflika pour légitimer son projet de réformes politiques et désarmer les partisans du changement par la rue, on met sur la table le plan B qui consiste à imputer la paternité du triomphe du FLN au président Bouteflika. Le FLN, en tant que parti majoritaire, et encore moins son secrétaire général, M. Belkhadem, n’auraient aucun mérite dans le raz-de-marée électoral du FLN, à en croire les déclarations faites désormais publiquement par des personnalités proches du sérail.

	La crise qui a secoué le parti et fragilisé son secrétaire général, à la veille du scrutin, avec le mouvement de redressement du FLN d’une part, l’implication de Bouteflika dans la campagne électorale, d’autre part, jusqu’à la veille du scrutin allant même jusqu’à outrepasser ses prérogatives pour appeler implicitement dans son allocution de Sétif à voter FLN, sont autant d’éléments mis en avant pour conforter cette analyse. La direction politique du FLN n’a pas réagi à ce déni de légitimité qui lui est fait. Une belle aubaine pour les redresseurs du parti, qui ont fait naturellement écho aux déclarations visant à faire de la victoire du FLN un vote de confiance pour Bouteflika. Ce qui revient, en d’autres termes, à reconnaître que le véritable patron du FLN n’est pas Belkhadem, qui n’est qu’un simple coordonnateur du parti, mais bien Bouteflika qui apparaît avoir bien caché son jeu en n’acceptant que le titre de président d’honneur du FLN.

	Quelle sera la marge de manœuvre de Belkhadem, auquel on attribue des ambitions pour la prochaine élection présidentielle dans le cadre de ce scénario pour la succession qui commence déjà à s’écrire par petites touches ? Bouteflika, qui n’est pas homme à accepter de quitter la scène politique par une porte dérobée, va sans nul doute consacrer ces deux années qui le séparent de la fin de son mandat pour préparer les conditions de sa succession. Le tout est de savoir si le rapport de force est et sera encore, dans les semaines et mois à venir, en sa faveur, connaissant les repositionnements de fin de règne que l’on observe en règle générale dans les systèmes fondés sur l’alternance par la cooptation.</description>
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           <title>Retour du monolithisme</title>
           <author>Reda Bekkat </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Mon, 14 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Si l’on s’attendait à une victoire du FLN, le 10 mai, ce n’est certainement pas de manière aussi large, à 12 sièges à peine de la majorité simple qui lui aurait permis de «contrôler» l’Assemblée populaire nationale ! Un retour du FLN qui n’est pas sans rappeler celui de la période du parti unique, car avec l’apport du RND ce n’est ni plus ni moins la majorité absolue qui est désormais à portée de main.
	Le changement promis par les thuriféraires du régime n’aura pas lieu, l’élection n’aura pas été à la hauteur des événements historiques à laquelle ceux-ci ont voulu la comparer, à savoir le référendum de juillet 1962 sur l’indépendance de l’Algérie.

	Le faible taux de participation à un scrutin qu’ils disaient «historique» a prouvé le contraire. Tandis que beaucoup d’Algériens parmi ceux qui ont voté sont, au regard des résultats «sortis des urnes», convaincus que le changement ne viendra ni du côté de l’APN ni du pouvoir actuel qui semble ainsi avoir opté pour encore plus d’autoritarisme. En effet, avec une Assemblée qui lui est totalement ou presque acquise, il ne faudra pas s’attendre à une quelconque ouverture démocratique. Une chose est sûre : l’islamo-conservatisme a encore de beaux jours devant lui. Dans cette volonté à faire émerger une Assemblée qui lui serait favorable, le pouvoir n’a pas hésité, pour cela, à recourir à la manipulation. Il a prouvé par là même qu’il demeurait profondément autiste aux attentes des citoyens qui aspirent au changement et qui croient au principe de l’alternance démocratique.

	En d’autres termes, cette énième consultation électorale aura servi davantage à pérenniser un système à bout de souffle, profondément sclérosé et en quête de légitimité. Le fait que près de 60% des Algériens en âge de voter aient boudé les urnes le
	10 mai atteste qu’il a, une fois de plus, échoué et que quelque part, c’est là un message qui lui est adressé. Un message de refus du statu quo, un rejet de la gouvernance autoritaire à laquelle tient le régime actuel dans la concentration des pouvoirs telle qu’il l’envisage et sans le moindre souci d’équilibre. Une démarche qui laisse planer de sérieux doutes sur la révision de la Constitution, dévolue à cette Assemblée et sur toute perspective d’ouverture démocratique allant dans le sens des aspirations des citoyens.

	Laquelle démarche ne fera qu’aggraver la fracture entre le peuple et ses dirigeants fermés à tout compromis. Le retour au monolithisme du pouvoir avec cette Assemblée éloigne encore davantage toute alternative pour une sortie de la crise dans laquelle le pays est plongé depuis les années 1990.
	 </description>
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           <title>Contentieux</title>
           <author>Djaffar Tamani </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sun, 13 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sun, 13 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	A l’avant-garde des luttes démocratiques ces dernières décennies, la Kabylie se positionne, invariablement, au bas du tableau en matière de participation aux élections. Quatre électeurs sur cinq ne se sont pas présentés aux urnes, jeudi dernier, dans la wilaya de Tizi Ouzou. Les 80% d’abstention enregistrés dans cette région du pays n’ont pas ébranlé les certitudes du pouvoir, qui a célébré le «printemps démocratique algérien». Le régime en place peut certes s’estimer heureux d’avoir échappé à un discrédit généralisé, mais il ne peut nier cette défiance nette et sans ambages exprimée par les électeurs de Kabylie. Cette situation, qui n’a nullement fait réagir les représentants du pouvoir, révèle pourtant un profond malaise, un véritable contentieux politique.

	Aucun des mécanismes mis en place pour réussir les législatives, dont la spectaculaire prolifération des sigles, donc des candidats, n’a pu sortir les électeurs de Kabylie de leur posture de boycott. Même la participation du parti d’Aït Ahmed à ce scrutin n’a pas inversé la tendance lourde vers le repli électoral. Cela n’a pas surpris outre mesure les observateurs. La région ne pouvait pas passer des manifestations populaires du 20 Avril, pour le recouvrement des droits culturels et politiques, à un engouement devant les bureaux de vote, 20 jours plus tard. Cela dans un contexte marqué, depuis de longues années, par un climat sécuritaire et socioéconomique des plus exécrables. Il était illusoire de croire que les citoyens de la région allaient participer à la «fête» des législatives, alors que leur quotidien, jusqu’à la veille du jour du vote, était fait de détresse et de sentiment d’exclusion.

	Oubliés, réprimés le long de l’année, accablés par un terrorisme opérant dans l’impunité, les citoyens de Kabylie avaient peu de motifs pour aller appuyer un processus de reconduction du pouvoir en place. Lorsque les gouvernants ne se prononcent jamais quand un citoyen se fait kidnapper en plein jour dans la région, sur le chemin de son travail, il y a très peu de chances pour que ces mêmes citoyens se prononcent le jour du vote pour apporter une voix ou une quelconque caution à des élections dont ils ont eu à éprouver l’inanité et les illusions. Tant que les préoccupations de la population de Kabylie ne sont pas à l’ordre du jour au sein du pouvoir, celui-ci ne peut pas se considérer à l’abri de nouvelles secousses telles que celle du Printemps berbère et des révoltes populaires qui l’ont suivi.</description>
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        <item>
           <title>Lifting électoral</title>
           <author>Ali Benyahia </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sat, 12 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Sat, 12 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Les résultats des législatives annoncés par le ministère de l’Intérieur fixent la configuration de la prochaine Assemblé nationale. L’APN, dominée par le FLN, ou si l’on préfère, sera toujours entre les mains de la famille politique au pouvoir (avec le RND). Le changement n’aura finalement pas eu lieu, corroborant ainsi les conjectures et analyses des observateurs les plus avisés de la scène politique. Ce mot, changement, dont pourtant tout le personnel politique en exercice se gargarisait depuis l’avènement surprenant du Printemps arabe, n’est pas au rendez-vous le lendemain du 10 mai. A moins qu’entre-temps il ait subi un glissement sémantique pour signifier enfin l’entrée en masse du genre féminin à la Chambre basse du Parlement.

	On est en droit en effet de soutenir ici, à la lumière de ces résultats, que l’APN aura ainsi au mieux réussi une opération de «lifting électoral» en se «fardant» d’un plus grand nombre de femmes au poste de député. Il est intéressant de remarquer notamment à quel point le pouvoir est prêt à exploiter cet avantage comparatif lorsque le ministre de l’Intérieur, Daho Ould kablia, lui-même, prend le soin de souligner particulièrement la part qui revient aux femmes à la lecture des résultats. Le marketing politique est à ce point recherché pour mettre en avant la percée féminine et l’ériger, tel un indice de développement, presque comme un instrument de mesure de l’avancée démocratique en Algérie. Inutile de feindre de comprendre qu’il est question ici de mettre «plein les yeux» sur la représentativité des femmes députées à la prochaine Assemblée. Serait-ce alors un gage de démocratie ? Pas si sûr, loin s’en faut. Pas même le saupoudrage des sièges entre les multiples micro-partis ne peut en être une preuve suffisante.

	Y a-t-il lieu de considérer que le pouvoir a cherché à se prévaloir d’avoir injecté une dose supplémentaire de démocratie dans le nouvel échiquier politique ? Apparemment oui, si l’on tient compte du fait que l’ouverture du champ politique (sélective ?) consentie par le ministère de l’Intérieur – quoi qu’elle s’est déroulée la veille des élections ! –  reste l’une des rares revendications sans cesse martelées par l’opposition à laquelle le gouvernement de Bouteflika a bien voulu accéder. Ainsi, les résultats de ces consultations électorales, outre qu’elles appellent nombre de critiques de la part des candidats, semblent dessiner le nouveau paysage politique algérien où les partis dits nationalistes, en premier lieu le FLN, sinon de renforcer, vient de conserver sa première place au détriment des islamistes dont l’Alliance verte n’est classée qu’en troisième position. Ainsi, la nouvelle Assemblée est caractérisée par la domination des partis déjà au pouvoir (FLN et RND) et la dissémination de nombreux autres, dont il reste peu aisé de mettre le curseur quant à l’identité politique de chaque parti. Un tel cafouillis politique est susceptible de participer de tous les calculs et jeux d’alliance à n’en pas finir. Bref, ce changement n’est, certes, pas compatible avec l’islamisme, mais il ne l’est surtout pas avec l’alternance démocratique. Sur ce plan-là, le statu quo est total.</description>
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           <title>Des paroles et des actes</title>
           <author>Omar Berbiche </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Thu, 10 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Thu, 10 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Le discours prononcé par le président Bouteflika mardi à Sétif, dans lequel il a appelé la génération de Novembre à remettre le flambeau aux nouvelles générations pour la gestion du pays, aurait pu faire date si la même profession de foi n’avait pas été déjà faite par le passé, sur le même ton et le même mode, qui confinait chaque fois à penser que la décision allait être exécutée séance tenante. Que de fois n’a-t-il pas décrété la fin de la légitimité révolutionnaire qui a été et continue toujours d’être la source du pouvoir dans le pays, pour l’exercice des responsabilités à tous les niveaux des institutions de l’Etat et de la vie nationale d’une manière générale ! Force est de constater que derrière ces belles professions de foi, les mêmes hommes dont la compétence n’est pas toujours établie pour être propulsés à de hautes fonctions dans une conjoncture aussi délicate, où le temps nous est compté, se relaient encore au sein de l’appareil de l’Etat et de ses différentes institutions élues.

	Parce que la décision est éminemment politique compte tenu des enjeux que renferme cette épineuse question identitaire du pouvoir, lequel a toujours tiré depuis l’indépendance sa légitimité de la Révolution, il serait naïf de croire que l’appel de Bouteflika, fut-il sincère cette fois-ci, serait accueilli par «la famille révolutionnaire» avec enthousiasme et une égale fièvre militante que par le passé. Pour que les propos du chef de l’Etat ne soient pas compris une nouvelle fois comme une énième manœuvre politique visant à prendre à témoin l’opinion publique qu’il a mûri sur la manière d’aborder le dossier de la légitimité révolutionnaire – dont on sait par ailleurs qu’il ne détient pas les clés de sa solution ou de son dépassement, tout chef d’Etat qu’il est – il aurait fallu que sa déclaration d’intention, réitérée à Sétif, soit accompagnée de gestes et de décisions concrets. Vagues, intemporels et immatériels, les propos de Bouteflika ne pouvaient être accueillis au mieux qu’avec une moue dubitative compte tenu des résistances et du caractère tabou et sacré auquel renvoie ce débat dans le sérail.

	«Le changement, c’est maintenant», pour paraphraser un slogan de la campagne de François Hollande, qui doit son succès aux promesses concrètes et à effet immédiat faites aux électeurs. Pour être en phase avec ses professions de foi, le président Bouteflika aurait gagné à joindre l’acte à la parole en donnant à ses propos un prolongement pratique, en transformant ses promesses en engagement et en décisions réglementaires. Le Président n’a-t-il pas toutes les prérogatives pour faire supprimer dans les meilleurs délais la conditionnalité de la légitimité révolutionnaire posée à l’accès aux hauts postes de responsabilité, comme fut supprimé le fameux article 120 de la détention de la carte du FLN qui a nivelé par le bas pendant des décennies le recrutement des «élites» qui ont dirigé le pays depuis l’indépendance ? De la même façon, le meilleur rempart pour éradiquer le virus de la gérontocratie au pouvoir passe nécessairement par un plafonnement de l’âge légal qui prend en considération ce souci légitime de rajeunissement de l’encadrement du pays. Mieux encore, pour donner à cet engagement davantage de lisibilité et de visibilité politique, il eut fallu que le chef de l’Etat fixât un délai pour mettre en œuvre, sous le sceau de l’urgence, cette réforme révolutionnaire entre toutes. Rien de tout cela n’a filtré du discours présidentiel.  
	 </description>
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           <title>Les ruses de guerre</title>
           <author>Ali Bahmane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Wed, 09 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
           <description> 
	Pour amener les Algériens à se rendre jeudi aux urnes, Bouteflika était à la corvée, hier à Sétif, un éreintant bain de foule et un épuisant discours pour un homme qui a perdu l’habitude de la harangue. Mais au détour d’une phrase hors texte se devinait peut-être la lassitude d’un homme qui aurait (finalement) compris qu’il est désormais hors course et que le système qu’il a construit, avec sa génération, a mené le pays dans une impasse : «Ma génération est finie», a-t-il lancé. Sauf à penser que Bouteflika met en jeu une nouvelle ruse de guerre, tentant d’amadouer les électeurs algériens en leur faisant croire que le système est agonisant et qu’il faut l’émergence de nouvelles générations, celles précisément qui s’affronteront demain pour les législatives.

	Cette hypothèse est la plus plausible au vu de la personnalité et du jeu du chef de l’Etat : ne rien lâcher de fondamental, replâtrer le système, faire du neuf avec du vieux. Son obsession, aujourd’hui, est le sauvetage des législatives, colonne vertébrale de sa politique dite de réformes élaborée au lendemain des émeutes qui ébranlèrent le pays en janvier 2011. Une politique qui repose sur l’émergence d’une nouvelle Assemblée, le 10 mai, devant réviser la loi fondamentale de 1976 et baliser le terrain pour la présidentielle de 2014 dans laquelle il sera partie prenante soit à travers un quatrième mandat ou par le biais d’un homme qu’il sponsorisera.

	Dès ce moment-là, il apparut vite là aussi qu’il s’agissait d’une ruse de guerre. Bouteflika cherchait à gagner du temps sur les révoltes arabes et sur les énormes tensions sociales. Il trouva la parade en cédant à nombre de revendications économiques et salariales. Des milliards de dinars furent mobilisés à cet effet. Au plan politique, la mise sur pied d’une commission nationale dite de dialogue devait entretenir l’illusion d’un vaste débat démocratique. Elle ne fut même pas préservée du réflexe du recours systématique à la répression contre les tentatives populaires de recourir à la rue dans les grandes villes. Puis Bouteflika affina clairement son jeu lorsqu’il fallait doter ses réformes d’une batterie de textes. Les lois sur les partis et les élections consacrèrent la primauté de l’administration, donc du pouvoir en place. Les textes portant sur l’information et les associations furent régressifs et liberticides, au point d’émouvoir les organisations internationales.

	Le rapporteur spécial de l’ONU a jugé regrettable le retour en arrière dans le domaine de la liberté d’association en limitant leur périmètre d’action et leur accès au financement. La loi sur l’information fit du métier de journaliste un métier à haut risque pénal. Il n’en suffisait pas plus pour jeter le discrédit sur les élections législatives du 10 mai, discrédit alimenté par la drôle de campagne électorale qui a vu déferler une armée de sigles de partis constitués pour l’écrasante majorité à la va-vite, sans militants, sans programmes, avec l’espoir de se voir propulsés, par le hasard ou le coup de pouce du pouvoir, dans l’hémicycle du boulevard Zighout Youcef. Tout ce que les autorités ont fait et défait durant plus d’une année n’a pas réussi à éloigner le spectre de l’abstention, arme suprême aux mains de la population pour dire son mot : le rejet systématique et sans appel du système et de tous les clans qui l’ont porté à bout de bras. Il n’y aura que la fraude qui pourrait faire des Algériens des votants en masse.</description>
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           <title>Finalité ?</title>
           <author>Omar Berbiche </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Tue, 08 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
           <lastBuildDate>Tue, 08 May 2012 10:00:00 +0100</lastBuildDate>
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	Il n’y a que dans les pays qui ont peu à voir avec la démocratie où l’on fait appel à des observateurs étrangers et dont on souhaite ou rejette la participation au gré des conjonctures politiques. Dans les pays démocratiques, la meilleure garantie de la régularité du scrutin reste la neutralité de l’administration et la force des décisions des institutions en place pour valider ou non les résultats du vote. Après avoir déclaré indésirable la présence des observateurs internationaux lors des précédentes consultations électorales – les tentatives des tout derniers scrutins procédaient beaucoup plus d’un souci du pouvoir de soigner sa «vitrine démocratique» que d’une profonde conviction – voilà qu’on découvre subitement que ces gardiens des urnes ne sont pas ces empêcheurs de tourner en rond et de frauder impunément que l’on fustigeait il y a peu en les accusant sentencieusement de faire dans l’intolérable ingérence dans les affaires intérieures du pays et d’être des relais mal pensants d’officines étrangères hostiles à l’Algérie.

	Quels que soient les effectifs mobilisés, le poids politique et moral, la crédibilité des organisations qui ont consenti à faire le déplacement en Algérie et quelles que soient les garanties des pouvoirs publics pour assurer un scrutin libre et transparent, le spectre de la fraude, qui est devenue une seconde nature dans le pays, hante encore et toujours les esprits. Mal informés sur la mission de ces observateurs, nombreux sont les citoyens à se demander quelle pourrait être l’efficacité d’une représentation aussi symbolique de ces organisations dans un pays aussi vaste que l’Algérie et dans un scrutin si complexe, où l’on a affaire à des milliers de candidatures impliquant un dispositif électoral nécessitant une vigilance et une disponibilité de tous les instants. Compte tenu du lourd passif démocratique que traîne le pouvoir, quoi qu’il fasse, il lui sera difficile de convaincre qu’il a réellement définitivement rompu avec les pratiques totalitaires du passé. Qu’il ferme la porte au nez des observateurs étrangers ou qu’il leur déroule le tapis rouge comme il le fait à grand renfort de publicité à la faveur de ce scrutin, cela ne change fondamentalement rien au rapport et à la perception du pouvoir au niveau interne par l’opinion, mais aussi à l’extérieur où le fait de répondre à une invitation n’est pas forcément synonyme de caution politique et de blanc-seing délivrés aux régimes en place.

	Ce n’est pas parce que l’Algérie a accepté d’accueillir des observateurs internationaux pour le vote du 10 mai prochain qu’elle s’en portera nécessairement mieux, démocratiquement parlant, au lendemain de ce scrutin que l’on qualifie d’«historique» au niveau officiel. Le meilleur chemin qui mène vers la démocratie et le respect de la volonté populaire exprimée à travers le libre choix des urnes reste conditionné par les efforts que l’on aura faits au plan interne dans le sens de la refondation du système politique pour lui donner un ancrage démocratique. Liberté de la presse, indépendance de la justice, respect du pluralisme et de l’alternance au pouvoir, séparation des pouvoirs, ce sont là les présupposés de l’Etat de droit fondé sur les principes démocratiques. Lorsque ces conditions seront réunies, l’Etat n’en sera que plus fort et respecté aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur et sa souveraineté préservée en toute circonstance.</description>
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           <title>Oui, l’espoir est permis</title>
           <author>Nadjia Bouzeghrane </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Mon, 07 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	Les Français ont choisi. Le changement républicain porté par le socialiste François Hollande l’emporte. Au lendemain du premier tour  de l’élection présidentielle française, nous écrivions, dans ces mêmes colonnes : «L’espoir est-il permis ?» Depuis hier soir, nous supprimons l’interrogation. Oui, l’espoir  est permis. L’espoir d’une France républicaine rassembleuse, sans adversité, sans haine, sans segmentation, sans clivage, autour des valeurs de justice, d’égalité et de respect qui font sa grandeur. «Je représente tous les républicains qui sont attachés à des valeurs et des principes, à une conception de l’humanisme», n’a-t-il eu de cesse de proclamer.

	«Nous n’aurons pas besoin de rejeter ceux qui n’auront pas fait le même choix que nous. Nous aurons besoin de cette réconciliation, de ce redressement, de ce rassemblement», a insisté François Hollande devant plusieurs centaines de personnes, dont de nombreux jeunes d’origine maghrébine, dans sa dernière prise de parole publique de la campagne électorale. Le nouveau Président l’a réaffirmé encore hier soir. A propos de cette immigration tellement décriée à droite et à l’extrême droite, François Hollande nous affirmait, en décembre 2010 :  «Le ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale a été supprimé. Pour ma part, je considère que la France a aujourd’hui besoin d’un grand ministère de l’égalité, qui travaille efficacement à la résorption de toutes les formes de discrimination.» Ce ministère aura-t-il sa place dans le gouvernement qu’il formera dans les tout prochains jours ?

	L’espoir est permis pour une refondation des rapports de la France avec ses partenaires du sud et plus particulièrement avec l’Algérie à laquelle François Hollande porte une attention soutenue, constante, depuis le temps où il était premier secrétaire du Parti socialiste. «Aujourd’hui, entre une repentance jamais formulée et un oubli forcément coupable, il y a place pour un regard lucide, responsable, sur notre passé colonial et un élan confiant vers l’avenir… Cela vaut pour la gauche française dans le regard qu’elle porte sur sa propre histoire. Cela vaut aussi pour la France et pour l’Algérie. Aucune avancée en la matière ne pourra être unilatérale», affirmait-il dans une tribune qu’il avait confiée aux journaux Le Monde et El Watan, le 19 mars dernier, jour anniversaire des Accords d’Evian de 1962. «Nous avons tant de choses utiles et belles à faire dans une même perspective. Celle du respect, mais aussi du dépassement.»

	Le nouveau Président estimait, quelques jours avant son élection, qu’une «rupture» était «nécessaire» par rapport à «des pratiques qui ont desservi la France et l’Afrique», «par rapport à des usages qui n’ont rien d’acceptable ni de légal».
	Le président Hollande tiendra-t-il les engagements du candidat socialiste ? A n’en pas douter. François Hollande est un homme de conviction et de constance. N’a-t-il pas assuré avec insistance qu’il ferait ce qu’il avait promis ? Ce sera l’occasion de le vérifier. Toujours est-il qu’une page est tournée, celle d’une droite arrogante et clivante. Le changement pour une politique plus juste, bien qu’intervenant dans un contexte intérieur et international de crise sociale, économique et financière aigue, est enfin possible. Pas de temps à perdre pour l’engager. Il faut réparer une France abîmée. La responsabilité est lourde. Et les dossiers, tant nationaux qu’internationaux, dont devra s’occuper dès aujourd’hui le nouveau président français, sont pressants.</description>
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           <title>Bras de fer au Caire</title>
           <author>Reda Bekkat </author>
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           <copyright>ElWatan</copyright>
           <category>Edito</category>
           <pubDate>Sun, 06 May 2012 10:00:00 +0100</pubDate>
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           <description> 
	En pleine campagne électorale pour la présidentielle, l’Egypte renoue avec la violence qu’elle a connue l’an dernier lors des manifestations qui ont entraîné la chute du régime de Hosni Moubarak. Des affrontements entre manifestants et militaires ont fait des dizaines de victimes. Ils ont été suivis de centaines d’arrestations et de détentions massives après les violences du Caire, qui se sont étendues jusqu’aux abords du ministère de la Défense. L’armée a aussitôt décrété un couvre-feu dans ce quartier stratégique. Depuis plusieurs semaines, la tension était perceptible dans la capitale égyptienne et dans d’autres bastions islamistes, notamment après la disqualification d’un candidat salafiste à la présidentielle.

	En fait, le bras de fer avec l’armée a coïncidé avec la décision prise par un tribunal de dissoudre l’Assemblée constituante mise en place par les Frères musulmans, qui ont remporté 45% des sièges lors des législatives de l’an dernier. Leur opposition au gouvernement nommé par les militaires les a poussés à suspendre les travaux de la Chambre jusqu’au 6 mai.
	Toutes ces péripéties démontrent que l’armée, depuis la chute du raïs, entend garder la haute main sur le déroulement du processus qui doit aboutir à l’élection du futur président de la République et sur la passation du pouvoir aux civils. Et même au-delà du 30 juin sans doute, avec l’élection d’un président de la République issu du sérail et qui ne pourrait pas constituer une quelconque menace pour les militaires et le système mis en place depuis des décennies.

	Les manifestations de la place Tahrir de l’an dernier, la fin du régime de Hosni Moubarak, son procès et celui de ses fils, tous ces épisodes avaient soulevé chez beaucoup d’Egyptiens l’espoir d’un réel changement démocratique. La suite allait prouver le contraire, à savoir que les militaires n’entendaient pas laisser leur échapper un processus qui risque de se retourner contre eux, quitte pour cela à ne pas hésiter à manipuler l’administration et l’appareil judiciaire, surtout depuis la victoire des islamistes aux législatives à l’issue desquelles ils sont devenus la première force politique du pays. L’armée entend ainsi assurer une transition «assistée et contrôlée» vers un régime civil car trop d’enjeux sont sur le tapis. C’est précisément ce qui donne à la présidentielle du 23 mai la caractéristique d’être sous surveillance de l’armée. Celle-ci se veut rassurante en assurant que cette élection sera à «100% honnête» et qu’elle pourrait remettre le pouvoir aux civils le lendemain du premier tour si le président était élu avec plus de 50% des voix. Pour l’heure, le «tour de vis» des militaires et le durcissement de la riposte aux manifestations pacifiques ne vont pas dans ce sens.
	 </description>
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