Edito
 

Rente et courte vue

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le 15.10.17 | 12h00 Réagissez


Difficile de sortir de la culture de la rente dans notre pays en 2017, à croire, comme disent certains, que nos responsables ne savent que vendre du pétrole, une ressource non renouvelable, appelée à s’épuiser. Qu’importe, semblent dire nos responsables, ils songent déjà au gaz de schiste, à la fracturation hydraulique, alors que partout ailleurs on hésite à franchir le pas, ou alors on renonce carrément à le faire. Même aux Etats-Unis ou au Canada, des pays pourtant bien avancés dans l’exploitation des schistes bitumeux, et où, face aux coûts d’exploitation encore élevés, alors que les cours internationaux du brut restent toujours bas, les pétroliers se demandent si l’option de la fracturation demeure encore rentable, sans compter ses répercussions écologiques sur une opinion publique de plus en plus sensible à tout ce qui touche à l’environnement.

Tandis qu’en Europe on préfère d’ores et déjà parler de transition énergétique et envisager de réduire au moins de moitié la part des énergies fossiles dans la consommation énergétique, voire de disparition totale d’ici  20 ans de la combustion thermique, chez nous on évoque encore la réalisation de raffineries pour produire encore plus de diesel pour des voitures qui seront fabriquées en Algérie. Paradoxal pour le moins, sinon insensé, tandis qu'ailleurs les pouvoirs publics encouragent la construction de voitures hybrides avec l’option dans 30 ou 35 ans de mettre en circulation des véhicules 100%  électriques et rien que. Pas seulement pour des considérations écologiques, mais également et avant tout pour des raisons de santé publique. De plus en plus d’études tendent à impliquer le diesel et surtout les substances qui résultent de sa combustion dans l’augmentation vertigineuse des cancers.

Maintenir, voire encourager l’option du diesel après les scandales du «dieselgate» impliquant pas mal de constructeurs automobiles européens avec lesquels on coopère, c’est faire fi de la santé des Algériens et faire preuve de peu de considération en la matière. Pourquoi s’entête-t-on dans les milieux officiels à privilégier encore la production d’énergie électrique à partir du gaz naturel, alors que notre pays, qui jouit d’un ensoleillement de 300 jours par an, présente d’inépuisables perspectives pour le solaire ? Ce sont en effet des milliers d’emplois qui pourraient être créés dans ces technologies vertes, où d’intéressants partenariats avec des leaders mondiaux du photovoltaïque, comme la Chine, devraient être envisagés dans le Sahara algérien.

Le solaire, une option pour l’électrification urbaine et les campagnes les plus reculées et faire des consommateurs aussi des producteurs de cette énergie domestique, quand on sait par ailleurs ce qu’a coûté l’électrification du territoire à l’entreprise Sonelgaz aujourd’hui plombée par des dépenses faramineuses d’équipements lourds et peu rentables.
Décidément, cette vision à courte vue semble être le maître-mot de ce mode de la gouvernance à l’algérienne, où l’on a du mal à se débarrasser de cet atavisme où le présent importe plus que l’avenir, comme on a pu encore le constater à la suite de la visite du Premier ministre russe où les Algériens parlent de coopération dans le nucléaire civil, alors que d’autres pays évoquent la nécessité de sortir du nucléaire après la catastrophe de Fukushima au Japon. Encore une fois, on choisit d’être en retard d’une technologie sans penser aux générations futures.

Reda Bekkat
 
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