Edito
 

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le 29.05.17 | 12h00 Réagissez


Les signes d’une grave crise politique et de gouvernance se sont multipliés ces derniers temps dans le pays. Corruption galopante et tolérée dans la vie publique, répression soutenue contre les actions syndicales et sociales autonomes, arsenal législatif restrictif des libertés... Les symptômes d’un régime en fin de parcours n’ont pas manqué, mais l’on ne s’attendait pas à cette pathétique péripétie gouvernementale qui a vu un ministre relevé de ses fonctions deux jours après sa nomination. Il est inutile de s’attarder sur les raisons ayant motivé cette décision de limogeage d’un responsable avant même qu’il n’entame l’exercice de ses fonctions.

Les interrogations et les conclusions doivent concerner l’environnement politique et institutionnel ayant amené l’Etat à se dédire en l’espace de 48 heures au sujet de la simple nomination d’un nouveau ministre. La désactivation, ou le «réaménagement» selon la terminologie officielle, de certaines structures de sécurité aura-t-elle fini par montrer ses effets sur la bonne marche des institutions ? Un maillon a manqué dans la procédure de désignation de cet éphémère ministre et sans doute dans d’autres dossiers et à d’autres niveaux de responsabilité. Le fait est que l’on a assisté à l’attribution d’un portefeuille ministériel avec la même facilité que la cooptation des responsables au sein des structures des partis politiques. Or, l’Etat n’est pas une association ni une organisation politique.

Cette affaire montre également les limites de la démarche du pouvoir qui a recours à une coalition présidentielle en lieu et place d’une ouverture à l’opposition. Cette quête éperdue de soutien politique a fini par exposer le système à des revers que le plus virulent des opposants ne pouvait imaginer. Le dossier de Taj, de Amar Ghoul, a été géré sans anicroches, même si l’opinion publique avait été heurtée de voir, en 2012, un parti constituer un groupe parlementaire avant même de participer à des élections législatives. Le retour de manivelle est plus douloureux avec le MPA d’Amara Benyounès après le retentissant incident de ce début de semaine. Le pouvoir avait cru manœuvrer en refusant la réintégration au gouvernement à des chefs de parti qu’il sait usés auprès de l’opinion publique. Mais en voulant sauvegarder une coalition en dépit d’une carence managériale notoire, le régime a prêté le flanc à une déconvenue qu’un responsable de l’opposition vient de qualifier de «scandale d’Etat».

Au MPA, comme dans d’autres sphères politiques, il faudra réaliser que le rajeunissement des équipes dirigeantes ne peut pas être réduit à un simple mimétisme pour suivre l’évolution de la vie publique et politique dans certaines sociétés à fort ancrage démocratique. Il sous-tend un niveau de compétence et de qualifications qui peuvent exister dans notre pays en dépit du délitement du système éducatif et universitaire. S’agissant du gouvernement, qui vient de montrer ses failles plutôt que son programme, il aura donné l’illustration de la volonté de «reconversion économique» en plaçant le secteur du tourisme dans le registre de la politique politicienne.

Djaffar Tamani
 
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