Edito
 

Reconstruction politique

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le 28.11.17 | 12h00 Réagissez

Le pouvoir s’est enorgueilli, au lendemain des élections locales de jeudi dernier, d’avoir organisé une «fête démocratique», sans savoir qu’il marquait contre son camp.

Au-delà des résultats qui maintiennent en vie des formations politiques constituant l’armature du système en place, une dynamique citoyenne est en train de naître à la base et ira immanquablement vers une rénovation institutionnelle progressive. Le citoyen, en Algérie comme partout dans le monde, est un passionné de démocratie ; le pluralisme ainsi que le respect de la majorité sont l’expression naturelle de la société quand elle n’est pas agressée ou réprimée.

A travers les régions du pays, en dehors des cas de fraude signalés, qui sont au plus un signe lancinant de déficit culturel et politique, les citoyens n’ont pas transformé les urnes en barricades et ont préféré exprimer leurs suffrages en faveur des candidats de leur choix. Le taux de participation n’était pas éloigné de ceux qu’enregistrent des nations ayant une longue expérience démocratique. Les abstentionnistes, dont beaucoup craignaient ne pas retrouver leur nom dans des registres ayant passé toutes les périodes de la vie nationale, glaciaire, sécuritaire et émeutière, savaient qu’ils ne pénalisaient pas le pouvoir, par leur attitude, mais leur propre collectivité.

N’ayant été ni la règle ni l’exception, mais un mouvement de fond, les expériences citoyennes, qui ont permis de s’approprier le pouvoir local, auront été la preuve de la résilience et la revitalisation de la société après avoir ployé pendant des décennies sous des vents contraires. La subversion islamiste a amené le pouvoir, qui luttait contre sa créature, à installer au début des années 1990 les délégations exécutives communales (DEC).

L’intermède pluraliste avait été court et les citoyens comprenaient que leur voix était éteinte pour de nombreuses années, même quand elle n’était pas en faveur des islamistes. Une décennie plus tard, dans la région de Kabylie, ce fut l’ère des «indus élus» qui avaient accompagné un processus électoral rejeté par les citoyens après la vague de répression lors du tragique Printemps noir. De ces événements était né le syndrome de la fermeture des APC et, subsidiairement, des routes nationales. Entre autoritarisme et autodestruction, ces situations exceptionnelles ont coûté à la société une régression totalement inféconde. Le temps de la reconstruction et du dépassement des traumatismes a duré plusieurs années. Le scrutin de jeudi dernier a permis aux citoyens de se réconcilier avec la consultation électorale et le libre choix pour désigner leurs représentants dans les assemblées locales. Un vrai enthousiasme de savoir qu’il est possible d’agir sur le cours des événements.

Et la certitude que le pouvoir de décision locale ne s’octroie pas, il s’approprie. Même s’ils crient victoire, les partis du pouvoir savent que ce n’est pas seulement le «début de la fin des islamistes», mais aussi celui des organisations qui continuent à relayer l’expression politique finale d’un système arrivé à son terme. Les partis de l’opposition, parfois débordés par une mobilisation citoyenne authentique et sans cadre politique, sont dans une posture d’humilité et réalisent l’urgence de s’ouvrir à cette société en marche.

Djaffar Tamani
 
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