Edito
 

Recoller les morceaux

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le 16.08.17 | 12h00 Réagissez


Le limogeage de Abdelmadjid Tebboune et son remplacement par Ahmed Ouyahia clôt un court cycle fait d’intrigues, de rumeurs, de coups bas et surtout de signes apparents de la déliquescence avancée qui frappe les plus hautes institutions du pays. Ce nouveau chapitre, qui s’est ouvert depuis hier, n’est pas forcément la fin d’une époque.

Car le nouveau-ancien locataire du palais du Docteur Saâdane n’est pas l’homme des ruptures. Ahmed Ouyahia est surtout l’homme d’un passif. Mais les paradoxes dans lesquels baigne le système algérien font que le retour aux affaires de l’homme des «sales besognes», comme il se définit lui-même, peut ouvrir de nouvelles perspectives.
Partisan d’une orthodoxie économique basée avant tout sur le patriotisme économique, le nouveau Premier ministre n’en est pas moins un «opportuniste» dans la gestion des affaires publiques. Après avoir verrouillé, en 2009, les portes du marché extérieur en imposant des mesures impopulaires aux yeux des opérateurs étrangers et nationaux, il a réussi à «amadouer» les hommes d’affaires. L’homme, qui a toujours donné l’image d’un responsable austère, imperméable et surtout soucieux de sauvegarder l’image d’un irréprochable «commis de l’Etat», a fini par déclarer publiquement son «amitié» à un Ali Haddad que beaucoup de milieux – y compris au sein du pouvoir – ont voué aux gémonies.
Que ce soit sur le plan économique ou politique, les chantiers qui attendent Ouyahia sont colossaux.

A commencer par celui de trouver les financements nécessaires à une économie qui ne parvient pas à sortir de la dépendance aux hydrocarbures. La tâche est titanesque et s’apparente plus à une mission impossible qu’à une promenade de santé. A commencer par les arbitrages qui devront être trouvés pour l’élaboration de la loi de finances 2018. Mais l’urgence économique ne peut dissimuler un autre enjeu de taille pour le pouvoir. Ahmed Ouyahia aura la lourde et délicate mission de préparer l’élection présidentielle de 2019. Si les gens qui sont dans les secrets d’alcôve se comptent sur le bout des doigts d’une seule main concernant les plans concoctés pour la succession à l’actuel chef de l’Etat, le retour d'Ahmed Ouyahia aux affaires ne peut être dissocié de cette échéance. Il a certes répété qu’il ne se portera «jamais candidat contre le président Bouteflika», mais il continue de caresser le rêve de briguer, un jour, la magistrature suprême.

C’est «la rencontre d’un homme avec son destin», répète-t-il à l’envi, paraphrasant l’ancien président français, Valery Giscard d’Estaing. C’est donc ce destin qu'Ahmed Ouyahia ira chercher ? Ou, acceptera-t-il de «mourir politiquement» pour un projet que portera un autre candidat ? L’échéance présidentielle est encore loin. D’ici là, tout reste possible. Entre-temps, le pouvoir devra recoller les morceaux. L’image qu’il a donnée ces dernières semaines est tellement écornée qu’un relookage est devenu une nécessité.

Ali Boukhlef
 
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