Edito
 

Question de confiance

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le 21.01.18 | 12h00 Réagissez


La question de la privatisation des entreprises publiques est revenue cette semaine sur le devant de l’actualité lors de la conférence de presse tenue hier par le Premier ministre, M.Ahmed Ouyahia, après la clôture de la session du parti du Rassemblement national démocratique (RND), dont il est le secrétaire général. Droit dans ses bottes, il a laborieusement tenu à s’expliquer sur l’initiative qui l’a associé avec le Forum des chefs d’entreprise et l’UGTA de la «fameuse Charte sur le partenariat public-privé» et qui a suscité une polémique qui n’a sans doute pas encore pris fin.

Hier devant la presse, il s’est efforcé de démentir qu’il y ait eu un quelconque recadrage de la part de la Présidence de la République suite à cette entente à trois qui n’a pas moins???? le flou et l’incompréhension aussi bien au sein de l’opinion publique, des partis politiques que chez les autres partenaires sociaux…

L’idée n’est pas nouvelle, selon lui, puisque la privatisation, a-t-il tenu à rappeler, est entrée dans les faits en 1995. Relancée avec la révision de la loi par Abdelhamid Temmar, ministre des Finances dans les années 2000, prévoyant, entre autres, la privatisation totale des entreprises publiques déficitaires.

En réponse à tous ceux qui seraient tentés de le soupçonner d’être l’instigateur de cette «entente sacrée à trois», il répond que l’idée du PPP n’est pas de lui, mais de l’UGTA de Abdelmadjid Sidi Saïd. A toutes ces remarques la confusion tient sans doute dans cette attitude non assumée à vouloir nommer les choses.

Au concept de privatisation, on a préféré contourner le tabou et évoquer un partenariat public-privé qui n’a rien à voir ici, si on convient qu’il signifie en sciences économiques d’abord un mode de financement par lequel une autorité publique fait appel à des prestataires privés pour financer et gérer un ou des équipements contribuant au service public. Une notion qui s’est élargie dans les années 90 des contrats d’initiative de financement privé qui a fait qu’en Grande- Bretagne, par exemple, des hôpitaux publics ont pu être construits par des opérateurs privés qui ont ensuite assuré la gestion non médicale de ces établissements. On est donc loin des desseins de privatisations non assumées par les signataires de la charte PPP.

Cette frilosité à l’égard de la privatisation lancée pourtant depuis 1995 fait qu'elle n’a jusqu’à présent  connu aucune évaluation sérieuse, un peu comme s'il fallait cacher les choses. Le tabou encore une fois. Car il y a là comme toute chose du bon et du mauvais. Le plus significatif échec est sans doute celui du complexe sidérurgique d’El Hadjar. Heureusement, il y a eu par ailleurs de belles réussites de partenariats fructueux comme dans le secteur des détergents et de la chimie.

Mais fondamentalement, c’est d’abord l’attitude du pouvoir politique à l’égard du secteur privé dans son ensemble loin de toute velléité de rétorsion ou de clientélisme qui reste à clarifier. Le patron de Cevital, M. Issaad Rebrab, en sait quelque chose pour avoir vu ses projets de complexes industriels d’oléagineux de Béjaïa compromis et remis en cause par une bureaucratie tatillonne et instrumentalisée par le pouvoir politique. Comment alors peut-on parler de confiance et de sérénité du secteur privé qui a, dans de telles conditions, de quoi se sentir ostracisé par un pouvoir politique aux intérêts diffus ? Il faudrait plus qu’une charte pour surmonter de telles inquiétudes.
 

Reda Bekkat
 
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