Edito
 

Procès à huis clos

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le 30.05.17 | 12h00 Réagissez


Le limogeage-éclair du nouveau ministre du Tourisme du gouvernement Tebboune, M. Benagoun, qui a quitté précipitamment ses fonctions 48 heures après sa nomination, est à inscrire au Guinness du record de longévité à ce poste. Les raisons ayant motivé ce divorce à l’algérienne — alors que le mariage n’a même pas été consommé compte tenu de la célérité avec laquelle la rupture est intervenue — demeurent encore officiellement inconnues.

Les indiscrétions rapportées par la chaîne de télévision privée Ennahar relayées par les médias justifiant le limogeage de l’éphémère ministre du Tourisme par des antécédents judiciaires qui auraient rattrapé ce cadre du Mouvement populaire algérien (MPA) de Amara Benyounès ne sont ni confirmées ni démenties par la voie autorisée.

D’autres sources proches de ce parti citées par la presse qu’il faudrait également prendre avec précaution tant que les parties concernées par ce grave impair politique ne se sont pas exprimées pour éclairer l’opinion sur les tenants et les aboutissants de cette affaire qui a éclaboussé les plus hautes institutions de l’Etat rejettent les accusations portées à l’encontre de leur représentant.

Le communiqué de la présidence de la République annonçant l’éviction du ministre du Tourisme s’est attaché à des considérations de forme, en rappelant la légalité constitutionnelle dans laquelle la décision a été prise et mise en œuvre ignorant, ou ne se sentant pas en devoir de s’expliquer devant l’opinion sur l’erreur de casting apparemment gravissime commise, si l’on en juge par la rapidité de la réaction.

Pourquoi la présidence de la République ou le gouvernement se montrent-ils aussi réservés et embarrassés pour expliquer aux Algériens ce qui a incité Abdelmadjid Tebboune à se séparer de son ministre du Tourisme de manière aussi expéditive ?  Mais surtout pour situer les responsabilités du grave préjudice causé au pays en termes d’image et de respectabilité des institutions.

Ce déficit de communication institutionnelle qui est inscrit dans les gènes du pouvoir a provoqué la cacophonie à laquelle on a assisté, déplaçant le débat du cadre institutionnel vers la rue et les procès sans appel, sans acte d’accusation documenté, sans témoin et sans défense. Cela ressemble à un procès à huis clos. Le nouveau gouvernement français a été éclaboussé dès sa prise de fonction par un scandale lié à la moralisation de la vie politique dans une affaire d’emploi d’assistant parlementaire d’un enfant d’un ancien député devenu ministre.

L’affaire, qui avait été saisie au vol par l’opposition, avait été aussitôt prise en charge au plan de la communication officielle pour désamorcer la crise. Chez nous, même quand on fait l’effort de communiquer, c’est pour ajouter de la confusion à la confusion. Il est clair que l’objectif recherché par ce type de communication rigoureusement contrôlée et aseptisée, c’est d’éviter d’ouvrir un débat sur un dysfonctionnement grave des institutions en mettant le doigt sur la plaie, en assumant pleinement et publiquement les responsabilités et en tirant les enseignements nécessaires pour que de telles outrances politiques ne se reproduisent plus.

L’autre leçon à retenir de cette fausse note enregistrée dans la configuration de l’équipe gouvernementale c’est le silence pesant du  ministre d’un jour débarqué et de son parti, le MPA, qui n’ont pas soufflé mot de cette affaire. C’est le prix de l’allégeance.
 

Omar Berbiche
 
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