Edito
 

Piqûre de rappel

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le 03.09.17 | 12h00 Réagissez


Le terrorisme a frappé à Tiaret. La veille de l’Aïd El Adha, un terroriste a tué des policiers en Algérie. Le jeudi, dernier jour du mois d’août 2017, du sang algérien a encore coulé par le fait d’un fanatique qui a décidé de jeter son venin sur ses compatriotes. Le bilan aurait pu être plus lourd n’était le geste héroïque d’un des policiers. Mais un mort, c'est déjà un mort de trop. On a pourtant failli oublier.

Ce jour maudit de jeudi 31 août nous rappellera à notre triste et amère réalité : le terrorisme «résiduel» est toujours là. Il est affaibli, traqué, maudit et dénoncé. Mais sa force de nuisance est toujours présente. Même s’il restera un seul terroriste en activité, il pourra toujours faire des dégâts.

La règle est désormais bien connue et ce n’est malheureusement pas la vague d’attentats «low cost» qui va démentir cette réalité. Des «kamikazes», fous de Dieu, agissant en loup solitaire ou sous-traitant pour une organisation criminelle, peuvent semer la désolation dans n’importe quel point de la planète. Désormais, aucun endroit sur terre n’est plus sûr qu’un autre.

Cet attentat de Tiaret, pratiquement passé sous silence, sonne comme une piqûre de rappel à ceux qui ont tendance à oublier. Cela résonne comme un refrain dans les oreilles des Algériens qui, ne serait-ce qu'à travers les pages des journaux, se rappellent justement qu’à cette période de l’année 1997, des massacres de masse ont endeuillé le pays. Il y a vingt ans, les terroristes égorgeaient. Vingt ans plus tard, d’autres terroristes tuent.

La méthode change. Les objectifs sont parfois différents. Mais le terrorisme reste le même. Il endeuille les familles, met les peuples en doute et tue des vies innocentes. Au chagrin de la perte de deux valeureux citoyens s’ajoute la quasi-indifférence de la classe politique. En dehors du ministre de l’Intérieur et du directeur général de la Sûreté nationale – autorité directe des deux fonctionnaires de police – aucune autre autorité, ni parti politique n’ont daigné se prononcer sur cet acte ignoble.

De hauts responsables de l’Etat, à commencer par le président de la République, ont pourtant pris l’habitude de dénoncer «en des termes très forts» des attentats qui surviennent ailleurs. Mais lorsqu’il s’agit d’une attaque intervenue chez nous, c’est motus et bouche cousue. Nos morts valent-ils moins que les autres ? Ou s’agit-il d’une volonté de banaliser des actes que le discours officiel veut ignorer ? Quoi qu’il en soit, l’attentat de Tiaret nous renvoie à nos démons. Il nous rappelle que «si nous avons vaincu le terrorisme militairement, nous avons perdu la bataille idéologique». C’est d’ailleurs ce qu’il y a de plus dangereux.
 

Ali Boukhlef
 
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