Edito
 

Partenaire ou fraudeur ?

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le 27.12.17 | 12h00 Réagissez


Le privé partenaire, le privé «fraudeur», c’est là, en partie, la vision manichéenne de la situation économique du pays, développée par Ahmed Ouyahia.

Le Premier ministre a consacré l’apport du privé dans la création de richesses en ouvrant le capital des sociétés publiques au financement privé. Mais il désigne du doigt en même temps le privé national, par le truchement du ministre du Commerce, Mohamed Benmeradi, en l’accusant d’être derrière la lourde facture d’importation du pays, à travers la surfacturation des produits importés. Ce sentiment ambivalent vis-à-vis du privé n’est pas nouveau chez Ouyahia et les exemples foisonnent durant le long parcours du patron du RND, qui en est à sa quatrième mission à la tête de l’Exécutif. Un record absolu !

Jamais l’investissement national privé n’a été autant bridé que sous l’ère Ouyahia. Même le simple citoyen n’a pas échappé à sa «vindicte». Dans le cadre de ce qu’il a lui-même qualifié de «suspicion légitime», tout citoyen qui veut retirer plus de 200 000 DA de son compte doit remplir un formulaire pour justifier ce retrait. Toujours en vigueur au niveau de toutes les banques. Il est certain que l’ouverture du capital des sociétés publiques a été une décision imposée par une conjoncture économique et financière désastreuse, mais également par l’oligarchie financière proche du pouvoir, qui voudrait s’installer aux commandes de certaines grosses cylindrées du secteur économique et à moindre frais. Crainte exprimée d’ailleurs par une partie de la classe politique.

Tant que les conditions et les modalités d’accès au capital social des entités économiques publiques ne sont pas encore connues, l’opinion publique et certains investisseurs potentiels peuvent avoir des doutes sur la sincérité du gouvernement qui pourrait tendre vers un choix sélectif. On voit déjà très mal comment un Issad Rebrab pourrait bénéficier de cette opportunité, lui qui a plusieurs projets d’investissement bloqués par le pouvoir en place. Et il n’est pas le seul à figurer sur la liste noire.

De même que pour la sempiternelle question de surfacturation des produits importés, accuser seulement le privé national de fraude est un raccourci pour accabler une frange des opérateurs privés.

En réalité, la fraude ne profite qu’à certains de ces opérateurs grâce à la complicité des bureaucrates. D’où l’enrichissement subit et inexpliqué de certains fonctionnaires de l’Etat à qui Ouyahia n’a jamais demandé de comptes.

Est-ce que ces «effets d’annonce» vont contribuer à améliorer le climat des affaires ? Est-ce que les investisseurs étrangers vont être séduits pour concrétiser des projets en Algérie ? Est-ce que les finances du pays vont connaître une embellie ? Assurément non !
Malheureusement, on s’aperçoit que le gouvernement fait du surplace, incapable de prendre les décisions nécessaires pour remettre l’économie du pays sur la bonne voie. Pour cela, il lui faut une vision et beaucoup de courage.

Mohamed Tahar Messaoudi
 
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