Edito
 

Pari risqué

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le 21.09.17 | 12h00 Réagissez


Maintenant qu’il ne fait presque aucun doute pour le régime qu’on ne doit pas s’attendre à une reprise de manière significative et durable du marché pétrolier, il est de plus en plus question de recourir aux moyens non conventionnels pour sortir de la crise. Quitte à recourir à la «planche à billets», c’est-à-dire mettre de manière artificielle encore plus de dinars sur le marché, sans que cela corresponde réellement à une création de nouvelles richesses, de nouveaux biens et produits, comme disent les économistes.

Une nouvelle embellie financière salvatrice s’éloignant, de plus en plus, au quotidien, le système rentier et bureaucratique ne peut que dresser un constat d’échec, sans aller jusqu’à l’avouer aux Algériens et le reconnaître ouvertement. Il s’agit néanmoins pour lui, dans l’immédiat, de parer au plus pressé sans ajouter au mécontentement des Algériens encore plus de mécontentement, le temps qu’il faudra pour sauver ce qui peut l’être encore, à savoir le régime de Bouteflika.

Le plus pressé, c’est sans aucun doute la prochaine élection présidentielle, celle d’avril 2019 et peut-être le temps qu’il faut pour asseoir la succession. C’est sans doute pour cela que l’actuel Premier ministre Ahmed Ouyahia a déclaré devant les députés que le gouvernement n’envisageait de recourir à la planche à billets que durant une période n’excédant pas cinq ans. Tandis qu’une personnalité politique comme Abdelaziz Ziari, ancien président de l’Assemblée populaire nationale, n’écarte pas l’éventualité d’un cinquième mandat pour Abdelaziz Bouteflika.

De quoi rassurer les prédateurs de tout poil qu’ils ont encore de «beaux jours» devant eux et qu’ils pourront tirer profit du système dont la rente sur laquelle il repose est en train de fondre comme neige au soleil, à l’instar du fameux Fonds de régulation des recettes (FFR) qui aura perdu en moins de quatre ans près de la moitié des montants cumulés à partir des recettes pétrolières pour ne dépasser que légèrement les 100 milliards de dollars aujourd’hui !

Au regard de ce constat honteux non assumé d’occasions ratées depuis le début des années 2000, notamment celles où le prix du baril de brut caracolait autour des 140 dollars, d’entreprendre enfin des réformes économiques et des réajustements sociaux qui auraient mis des millions d’Algériens à l’abri du moindre aléa du marché pétrolier, on ne peut que se demander si le système pourra faire en cinq ans ce qu’il a été incapable d’entreprendre en presque deux décennies du régime de Bouteflika.

Et ce, sans aller jusqu’à se demander ce qu’il adviendra au-delà de ces fameuses cinq années et dans quel état sera le pays à ce moment-là, si les choses devaient évoluer comme elles l’ont été jusqu’à présent ? De prime abord, il semble que cela n’est pas pour l’instant une priorité des dirigeants actuels. Ce qu'on laissera aux générations futures l’est encore moins.
 

Reda Bekkat
 
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