Edito
 

Pacte citoyen

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le 23.11.17 | 12h00 Réagissez


A l’opposé des députés élus le 4 mai dernier, très vite tombés dans l’anonymat, noyés dans l’appareil de l’Etat, les membres des assemblées locales qui seront élus aujourd’hui vont rester sous les feux de la rampe durant de longues années. La victoire sera sans doute fêtée très brièvement ce week-end par ceux qui auront remporté les suffrages des électeurs. Le «silence électoral» observé depuis lundi dernier avait une dimension quasi dramatique, dans des villes en attente d’un dénouement pour passer du suspense des élections à l’incertitude de l’avenir immédiat. Ce n’était pas le verdict des urnes ou les conditions de dépouillement qui tourmentaient, jusqu’à hier, les candidats, mais l’appréhension d’un mandat électoral, en cas de victoire, devant s’inscrire dans le contexte de crise que vit le pays. Les assurances des autorités centrales de maintenir le niveau des subventions aux collectivités locales, réitérées notamment lors de la campagne électorale par les représentants des partis du pouvoir, n’ont pas eu grand impact auprès des candidats et de l’opinion publique. Les temps seront durs pour les citoyens comme pour les collectivités locales, qui auront à assumer des charges et des missions vitales en direction des administrés, souvent intégralement financées par des affectations budgétaires gouvernementales.

Pour les APC et les APW, les autorités ne promettent pas des moyens, mais des nouvelles lois. Accédant à la demande de tous les courants politiques, le gouvernement s’empresse d’annoncer que la révision du code communal et de wilaya interviendra avant la fin du premier semestre 2018. Risque calculé ou abandon des collectivités locales, les dispositions des textes remodelés donneront une indication sur les intentions de leurs concepteurs et initiateurs. Mais la revendication pour un renforcement des prérogatives des élus locaux et la décentralisation dans la prise de décision a été trop longtemps portée pour être récusée sous prétexte de raréfaction des finances publiques. Les autorités centrales n’oublient pas, évidemment et opportunément, d’engager un autre projet de loi sur la fiscalité locale, à même de «doter ces collectivités davantage de moyens dans une conjoncture marquée par la contraction des ressources financières».

Dans le contexte de crise économique et financière, de nouvelles prérogatives pour les assemblées locales seront en fait des acquis symboliques. Une vraie dynamique de relance économique ne peut émaner que de l’administration centrale, dénommée, d’ailleurs, gouvernement. Pour cela, un signal politique fort est incontournable. Le pays restera dans l’ornière de la régression socio-économique tant que l’impasse politique n’est pas dépassée.
Si les assemblées locales ne peuvent pas créer les richesses escomptées par un pouvoir acculé par la crise, elles ont, par contre, la latitude de recréer le pacte citoyen qui s’est effiloché depuis de nombreuses années.  Une décennie du tout-sécuritaire et une autre de protesta débridée. Dans nombre de localités du pays, une bonne APC est une APC fermée. Le véritable défi des futurs exécutifs communaux sera de démontrer que l’assemblée locale n’est pas une administration fermée ou une structure étrangère à la société, mais un espace de convergence des initiatives et d’expression des préoccupations citoyennes. La démocratie participative ne sera pas décrétée comme le promettent encore les autorités en place, mais simplement inspirée des structures sociales traditionnelles. 

Djaffar Tamani
 
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