Edito
 

Ouyahia ferme le jeu…

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le 22.01.18 | 12h00 Réagissez


Le Premier ministre et chef du Rassemblement national démocratique (RND), Ahmed Ouyahia, vient promptement de fermer le débat sur la prochaine élection présidentielle de 2019. Quoi qu’on pense de sa démarche, elle paraît d’une logique implacable. Après avoir soutenu le président Bouteflika lors de ses quatre précédents mandats, Ahmed Ouyahia ne pouvait ainsi déclarer son ambition sans prendre le risque d’aller à l’encontre de la volonté de celui qui l’a nommé Premier ministre l’été dernier et surtout sans prendre le risque de se faire «tuer politiquement», à une année d’un rendez-vous électoral auquel est lié vitalement son parcours politique.

Le chef du RND n’est ni dupe ni suicidaire, pour sauter dans le précipice du flou et des incertitudes politiques nationales. Il semble attendre sereinement et patiemment son heure. Comme il l’avait soutenu un jour : «La présidence de la République, c’est la rencontre d’un homme avec son destin.» Ouyahia, qui ne nie donc pas avoir cette ambition, en prend sérieusement option et surtout le soin de la mesurer à la lumière de l’évolution des événements politiques dans le pays.

«Si Abdelaziz Bouteflika veut faire un 5e mandat, il est établi que je serai à ses côtés après l’avoir soutenu lors des précédents mandats», a-t-il affirmé avant-hier lors d’une conférence animée à Alger. Autrement dit, si le président Bouteflika décide de ne pas se présenter, la logique voudrait qu’Ahmed Ouyahia postulera à coup sûr à la magistrature suprême.

Par pure tactique ou par profonde conviction, le Premier ministre se garde de brûler les étapes et attend le précieux signal d’El Mouradia qui tarde non seulement à venir mais inhibe surtout tout débat sérieux autour d’une élection qui s’annonce d'ores et déjà haletante. Il faut avoir suffisamment d’endurance pour y arriver.

Et la volonté du chef de l’Etat à laquelle est suspendue toute la classe politique, voire tout le pays, constitue cette forme d’écueil que le marathonien devrait surpasser sans jamais être assuré d’arriver le premier. Le chef du RND est un homme averti. D’où cette expression de fragilité, au moins de prudence, à l’évidence acquise à la pratique du pouvoir et à la proximité des centres de décision.

Mais il faut bien le dire, cette situation de manque de visibilité l’arrange en quelque sorte. Sans jamais le prononcer, Ahmed Ouyahia se placerait d’ores et déjà comme possible successeur à Abdelaziz Bouteflika, si jamais celui-ci renonçait au pouvoir en 2019.

On ne peut le comprendre autrement : le secrétaire général du RND ministre se trouve dans la position à être le premier à annoncer sa candidature à cette élection. C’est vrai qu’Ahmed Ouyahia a mis fin à la guerre des tranchées soulevée précipitamment par les déclarations du secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN), Djamel Ould Abbès, et celles de l’ancien ministre de l’Energie et des Mines, Chakib Khelil, qui le soupçonnent de nourrir l’ambition de briguer un mandat présidentiel, et voient en lui une menace pour leurs plans respectifs, mais il a aussi recadré définitivement ses adversaires en leur signifiant qu’il ne faudrait pas compter sans lui en 2019.

Dans le cercle étroit du jeu politique qu’il a fermé, Ahmed Ouyahia prend position à l’intérieur comme sérieuse alternative à la succession si jamais succession il y a. Il a déjà marqué son territoire en déclinant ses différences par rapport à ses adversaires du jour dans les déclarations qu’il a tenues le week-end dernier.

Il a mis les points sur les «i» à propos de la politique de privatisation des entreprises publiques que le FLN a pris comme argument pour le «descendre», et surtout remis à sa place «le simple citoyen» Chakib Khelil. Pendant ce temps, la classe politique observe hébétée le spectacle hypnotisant d’un jeu politique qu’elle est incapable d’intégrer. Et le peuple vaque à ses préoccupations quotidiennes rythmées par les difficultés engendrées par la crise économique.

Said Rabia
 
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